mercredi 9 août 2023

studio du Québec à NYC : jours 7-8 sur 151

Je viens de passer mes deux meilleures journées à date.

Lundi 7 août

- pratique de violoncelle, pas de nouvelles du voisin
- belle marche d'une demi-heure pour aller au yoga de 18 h, sans utiliser google maps!
- vraiment vraiment cool classe de yoga, prof de type vieille madame douce mais forte, pas trop du côté ésotérique, quand même des moments plus introspectifs, une quinzaine de personnes dans un studio où il fait pas mal chaud, où la ventilation est pas mal forte au point que je manque quelques instructions, peu importe, public majoritairement de vieilles madames sympathiques, quelques dudes low profile, vraiment une excellente classe de yoga, je suis sorti de là et il me semble que je n'avais jamais si bien respiré à NYC à date.
- fin de la classe à 19 h, et j'avais le show à aller voir à 19 h. En embarquant dans le métro, je vois dans le wagon suivant la prof de yoga et on se salue. Ça! Ça j'aime ça. Un visage connu. J'arrive au Center for Art, Research and Alliances à 19 h 30 et des poussières, oui j'avais RSVP, on me fait entrer. J'ai manqué les premières notes de LL Celestine, alto et beaucoup de pédales de loop et de reverb.

Puis, le set de Ikue Mori. Elle nous a offert une vraie pièce de musique électronique en temps réel, est-ce qu'on dit acousmatique? En tout cas elle est vraiment une grande maître de son affaire. J'ai reconnu certaines des sonorités qu'elle utilisait déjà en l'an 2000 sur le disque SYR5 avec Kim Gordon et DJ Olive. Je les avais vus au FIMAV en 2001. Wow ça commence à dater. Difficile de savoir ce qu'Ikue Mori fait live et ce qui est préenregistré, puisqu'elle travaille au laptop. Elle est là assise devant nous avec son ordi comme si on était au Starbucks. Mais la pièce qui se déploie est complexe, changeante, toujours très cohérente, quelque chose d'aérien et aqueux à la fois. Elle a un petit contrôleur qu'elle visite de temps en temps de la main gauche. J'aurais aimé voir l'écran, je me demande pourquoi ça ne fait pas partie de la culture de la musique de laptop; on ne cache pas les touches du piano quand on va voir un concert de piano, ça fait partie de l'expérience de voir les mains sur l'instrument, même quand on ne comprend pas trop ce qui se passe.

Après Ikue Mori, sadnoise a pris le relais. Un autre artiste avec des électroniques, celui-ci debout avec un peu plus de présence corporelle, mais sa musique un peu moins pour moi malgré quelques très bons sons. Définitivement une partie du concert où il fallait porter des bouchons. CARA en offrait aux gens qui arrivaient. Pour ma part, je ne sais pas si c'est anatomique mais je ne supporte pas de porter ça, je n'ai jamais été capable. À l'époque où je jouais du drum très fort, j'empilais deux paires de gros écouteurs pour me couvrir les oreilles. Un peu moins chic en concert. Quand ça devient fort au point d'être dangereux pour l'ouïe, je m'éloigne simplement, quitte à me mettre les doigts dans les oreilles quand ça monte trop. La distance fait que je suis moins connecté au show. En même temps, pour être proche il faudrait que j'entende moins bien? C'est une esthétique avec laquelle j'ai moins d'affinité il va sans dire, et en même temps il y a quelque chose de jouissif dans les sons très forts, les speakers poussés à bout.

Parlant de speakers poussés à bout, le concert s'est terminé avec Many Many Girls. Installation performative toute en déconstruction comme on aime. Trois lecteurs reel-to-reel et un seul long ruban magnétique qui passait par les trois lecteurs et encerclait ce faisant une partie de la foule. Foule dont je ne faisais pas partie parce que ça feedbackait par moment vraiment trop fort. Musicalement, il y avait quelque chose dans les contrastes, quelques sons vraiment très cool. Une esthétique encore une fois très pawn shop 1995. On sent que ça ne tient pas à grand chose, que tout pourrait planter et il n'y aurait plus que le silence. Mais les trois performers ne se gênent pas pour prendre le ruban magnétique à pleines mains, donner un coup de pied sur la table tournante, etc., elles en savent plus que nous sur la robustesse de l'équipement.

Coudon, est-ce que je me prends pour un critique de concert? J'ai passé une belle soirée. Il s'est mis à faire un temps d'orage, ça a changé l'air et c'était parfait. Pointe de pizza sur le chemin du retour. Passé devant le Stonewall Inn, iconique lieu où les luttes LGBTQ+ telles qu'on les connait aujourd'hui ont pris forme. Je m'étais dit que je pourrais arrêter là, mais c'était lundi drag queen bingo, très peu pour moi merci. J'ai fait le reste du chemin à pied jusqu'à chez moi. Belle marche, belle soirée, belle journée.

Mardi 8 août

- rencontre en avant-midi planifiée sur Teams
- café, sandwich, lecture au Mille-Feuille Bakery. J'ai partagé ma table avec une dame qui m'a dit venir ici tous les jours pour voir ses amies depuis près de 50 ans!
- suite de ma lecture juste à côté à Washington Square Park, évidemment sur le même banc que la première fois. Un peu d'épicerie overpriced au Morton Williams Supermarkets en revenant.
- pratique de violoncelle, pas de nouvelles du voisin
- marche d'une demi-heure pour me rendre à la piscine, nage 1500 m, enfin comme avant
- une autre marche d'une demi-heure pour me rendre à un concert dans Chinatown. Concert en quatre parties d'une heure chacune, de 18 h 30 à 22 h 30, intense. J'ai visé voir seulement la dernière partie, où une clarinettiste, clarinette basse, avec qui je jouais à Montréal en 2006-2007 et qui habite à Londres, UK depuis plusieurs années, jouait avec son sextet autrement basé en Italie. So #newyork. Finalement je suis arrivé à temps pour voir une bonne partie du set précédent. Il devait faire 35°C dans ce sous-sol à plafond bas ouf excellent. Vibraphoniste vraiment intense que j'aimerais revoir.
- et une dernière marche d'une demi-heure pour rentrer, en passant par Chinatown le jour des poubelles, ambiance! puis par hasard par la Petite Italie où j'ai spotté un magasin de Noël. Plaie internationale.

Mardi 8 août @ Downtown Music Gallery, Chinatown Manhattan
Antivoid [Samantha Kochis (flûtes), Selendis Sebastian Alexander Johnson (vibraphone)]
sextet [Daniel Carter (saxophones, trompette, flûte), Gary Jones III (drums), Abe Mamet aka Abram Wolfe (cor français), Luisa Muhr (voix), fall raye (sax), Emily Shapiro (clarinette basse)]

En complétant les noms du band comme ça pour l'archive, pour me rappeler, je prends le temps d'en apprendre plus sur chacun et je me rends compte à quel point tous ces gens que j'ai vus hier ont des feuilles de route impressionnantes. Vraiment excellent drummer Gary Jones III. La musique pouvait bien être bonne, ce n'était pas leur première fois!

Mercredi 9 août

- je prends ça relax, je ne suis pas obligé de marcher 10 km chaque jour, quoique.
- au menu : un show de musique improvisé à Times Square, série Pioneer Works.

lundi 7 août 2023

studio du Québec à NYC : jour 6 sur 151

Lundi matin. On rentre travailler. Je réponds à un email de job pour avril 2024.

Hier en marchant, j'écoutais le dernier album de Ikue Mori et je me disais qu'il faudrait bien que je regarde sur son site voir si elle joue bientôt à New York. Ce matin, en consultant la liste des concerts du jour, je me rends compte qu'elle joue ce soir. À 20 min de marche d'ici. Gratuit. Eh bien!

Les lundis c'est aussi mon cours de yoga, surprise en boni de mon abonnement au centre communautaire pour la piscine. Cours de yoga de 18 h à 19 h, concert annoncé à 19 h. Je prends le « risque » que le concert commence en retard (j'apprends) et que Ikue Mori ne soit pas la première artiste sur scène.

Je me vois aller, à la recherche de points de repère, de petites flèches dans mon espace et dans mon temps qui soutiennent ma maison sur pilotis. Lundi yoga 18 h, récurrence de temps à venir. Répétition. Le centre communautaire avec la piscine, j'ai même ma carte avec mon nom dessus, ça c'est de l'enracinement-repère vite fait. Le Whole Foods, autre lieu où je suis retourné-répétition hier essayer la sandwich salade de poulet vegan (bof) et faire un peu d'épicerie. Il paraît qu'à NYC on ne dit pas « grocery shopping », mais bien « food shopping ». Le Washington Square Park, où je puis passé deux fois. Je n'ai pas encore trouvé le café pas loin que je vais adopter, mais ça viendra. Hier j'ai essayé le Vesuvio Bakery Soho, 3-4 places assises dehors, vraiment bien pour lire Proust sous un arbre énorme, voir des gens passer, mais à 6$ la chocolatine (7,20$ avec le tip, donc 9,60$ en argent canadien, ajoute un café et pour vrai on accote 20$ canadiens), c'est non. Next. Je n'ai pas encore trouvé un resto de pizza pas cher pas loin non plus, mais ça aussi ça viendra. Il faut dire que SoHo c'est SoExpensive.

La porte voisine à mon entrée c'est le magasin What goes around comes around. Et à chaque fois que je reviens de mes sorties, je me retrouve devant le slogan, je me retrouve dans le slogan. Je suis sorti et je reviens what goes around comes around le passé est garant de l'avenir. Une ritournelle. J'aime. En réalité, What goes around comes around vend des articles griffés d'occasion : Hermès, Chanel, Louis Vuitton, etc. L'item le moins cher de leur section liquidation en ce moment est un porte-feuille à 295$ (400$ canadien), en deuxième place un foulard de soie 385$ (530$ canadien). Ils ont le sac à main Birkin à 215 000$. Iconic. Belles mitaines.

Hier, j'allais voir Ava Mendoza en trio avec deux musiciens que je ne connais pas, et finalement changement de programme je l'ai trouvée avec gabby fluke-mogul, violoniste que j'avais rencontré·e lors de ma première soirée. Différence et répétition!

6 août @ Arts for Art InGardens, Lower East Side Manhattan
duo [gabby fluke-mogul (violon amplifié), Ava Mendoza (guitare électrique)]

C'était un atelier de musique improvisée avec des enfants, qui se terminait en concert informel. Très cute, très sympathique, très #wholesome.


Puis ce soir après le yoga, voyons voir si je vais revenir mettre à jour le programme qui suit. Je passe par toutes sortes de recherches google et instagram pour compléter l'info, et, au passage, en découvrir un peu plus sur chaque artiste. Ça me semble que ça va être encore pas mal d'électroniques DIY plogué tout croche, en apparence...

7 août @ Center for Art, Research and Alliances, West Village Manhattan
Commissaires Anka Raczynska et Rat Porridge de Voluminous Arts
Many Many Girls [Kwami Winfield (trompette, électroniques), Ani Blech (?), Riley (?)]
sadnoise : Femi Shonuga-Fleming [solo électroniques, art sonore]
LN Celestine : Ellen K [alto, voix, drum machine, électroniques]
Ikue Mori [percussions électroniques]

Pas de nouvelles du voisin d'en-haut re : ma lettre. Hier j'ai sorti le violoncelle, je l'ai accordé, j'ai joué 10 minutes. Aujourd'hui je me fais une vraie petite pratique.

dimanche 6 août 2023

studio du Québec à NYC : jour 5 sur 151

Au réveil, l'appartement ensoleillé. C'est tellement tranquille tout d'un coup, est-ce parce que c'est dimanche ou parce que j'ai enfin résolu de fermer les fenêtres pour la nuit? Je suis rentré tard hier. J'ai enfin vu des rats dans le métro, puis dans les ordures dehors. Pas trop de monde louche à date, même à 1 h du matin un samedi soir.

J'avais prévu aller au Bryant Park hier après-midi, mais la journée avançait et je commençais à manquer de temps. Je me suis donc dirigé vers le Washington Square Park où j'avais été lire l'autre fois : un beau samedi plein de monde, des artisanats de tous les genres tout le tour de la fontaine, un trio jazz dans un coin, une troupe de danse qui filmait des tik toks (je suppose), une danseuse soliste (je l'avais vue l'autre fois, elle est comme vraiment bonne pour vrai, Kanami Kusajima aka lethairdown), des gens assis à chacun des nombreux bancs ou sur le gazon.

spoiler alert : photo vraiment poche de Madison Square Park

Il faisait beau, j'ai poursuivi sur la 5e avenue. 5th avenue, me semble avoir déjà entendu ça. Un google plus tard : « The Big Apple's most famous street is Fifth Avenue, also known as Millionaire's Row. » Ah! J'ai marché jusqu'au Madison Square Park et je n'ai rien à signaler sur cette portion sud de la 5th avenue, sinon un gros Club Monaco, H&M, Sephora, l'université The New School où ont étudié, entre autres, Bill Evans, John Cage, Ai Weiwei, Jasper Johns.

5 août @ "In the back", Brooklyn
Grout : Mallie Sanford (solo électroniques, lecteurs cassettes, cloches, xylophone en bois)
BK : Benjamin Kendall (solo console, drum machine, cymbale amplifiée, mp3, voix)
Samara Lubelski (solo violon amplifié avec pédale de tremolo)
Aaron Dilloway x Evil Moisture (duo lecteurs de bandes magnétiques, électroniques)
Leila Bordreuil (solo feedback, électroniques, violoncelle)

Je ne suis pas certain des noms de ce que j'ai vu. [EDIT : deux jours plus tard, une série de stories Instagram a clarifié le tout] On annonçait aussi un special guest, mais tout le monde était spécial tant qu'à moi. Je crois que les gens sur place savaient qui jouait, pas moi! Le genre de show où ça commence sans présentation, le public se tait, ou continue à parler et chiller, c'est tellement fort que ça change rien, puis on applaudit quand c'est fini, la musique d'ambiance recommence et l'artiste dit rien. J'aurais pu demander autour de moi qui jouait. C'était pas la (ma) vibe.

C'était annoncé à 20 h, je suis arrivé à 20 h 30, ça a commencé à 21 h 30. J'apprends. J'ai fraternisé avec un compositeur berlinois (tiens donc) d'origine suédoise qui est présentement en résidence de création à Blank Forms où il accorde un piano selon un système qu'il a élaboré. Ça me rappelait une pièce renversante The Well-Tuned Piano par LaMonte Young et il m'a dit qu'il avait étudié avec lui justement il y a quelques années. Ok! Ces jours-ci, il prend aussi des cours de rudra veena (quessé ça? Un genre de sitar basse) avec le grand maître Bahauddin Dagar, que je découvre à l'instant et me promets d'aller voir en concert en septembre.

Résumé de soirée : de la très bonne musique, très bruit, très organique, très lo-fi avec des cassettes, des vieilles pédales d'effet, consoles louches des années 90. Beaucoup de monde dans une petite cour arrière, je dirais 150 personnes au moins, ça fume ça boit la musique très forte. Pour acheter une cannette de bière, soit on paye 4$, soit on tire le dé. 2$ pour moi. Pas mal de queerness, de monde pas de déo, de linge déchiré, et j'avoue que ça fait du bien après 4 jours de l'ambiance très proprette de SoHo.

Et puis on observe un peu plus attentivement et la petite cour très punk est en fait montée quadraphonique avec des bons speakers, il y a des micros hifi pendus au-dessus de la foule, dans la fumée du bbq entre les lumières suspendues. Les prestations se déroulent avec pas mal de glitches, mais sans jamais que ça foire : électroniques vintage bien entretenus? En même temps, BK met tout son kit directement par terre sur la terre battue-pas-si-battue. Et Leila Bordreuil arrive à la fin avec une table complète de consoles des années 90 et pose, sous la table, directement dans la terre, cigarette d'une main et un énorme verre d'eau dans l'autre, son macbook air. Le violoncelle dans la terre aussi, et je n'ai jamais vu une aussi longue pique, ça lui permet de jouer debout. Puis l'ordinateur est connecté à un très bon écran suspendu un peu plus loin, où sont diffusées des images qui semblent avoir été tournées par une vieille caméra. Puis numérisées. Ça a commencé sur un feedback mid-low drone et, les yeux fermés, directement en performance, elle a crinqué ça. Il y a eu des courts moments où ça screechait pas mal quand elle a enfin pris le violoncelle. Un moment donné, elle a baissé les électroniques et a fait deux-trois notes tenues au violoncelle et s'est arrêtée abruptement. J'aime une fin abrupte. Leila Bordreuil est très bonne, très assumée, très inaccessible.  Quoique.

Pour revenir au concert en général, au-delà de l'esthétique délabrée il y a vraiment un désir — et surtout, les moyens — de bien faire. C'est un renversement par rapport à la norme, non? Dans la rue, l'habitude de côtoyer des gens qui n'ont pas grand chose et s'efforcent de paraître à l'aise : maquillage, grandes marques, carte de crédit. Là, on s'efforce d'avoir l'air décriss, mais en réalité peut-être que la vieille console Peavy a été remontée par Louis Vuitton lui-même. Peut-être pas non plus. Moi aussi je suis déjà parti de ma petite banlieue avec des jeans trouées jusqu'en dessous des bras. Et moi aussi j'ai fait des shows avec des walkmans pas top, des pédales louches, du gear vraiment pas Festival InterNational de Jazz de Montréal. Et ça marche. La relation avec l'ampli Crate dans lequel il faut zigner un peu le fil pour qu'il fonctionne est peut-être plus agréable qu'avec le Hughes & Kettner qu'on peut pas se payer de toute façon. À suivre.

Aujourd'hui, je vais voir la guitariste d'avant-garde (cf. wikipedia) Ava Mendoza, gratuitement dans une rue fermée pour la fête des jardins au cœur de Manhattan, Arts for Art InGardens à 18 minutes de marche d'ici. Avant ça, je n'ai toujours pas de nouvelles du voisin d'au-dessus, que j'entends parfois, comme maintenant, faire les cent pas en souliers, avec sa démarche que je devine très peu gracieuse, alors je vais essayer quelques notes de violoncelle et on verra. Briser la glace.

Je n'ai toujours pas essayé le lave-vaisselle, mais depuis hier j'essaie l'air climatisé. Pas pire.



samedi 5 août 2023

studio du Québec à NYC : jour 4 sur 151

Une autre magnifique journée s'annonce sur NYC. Le soleil, universel mais combien inéquitable, se dépose mollement sur mon plancher de bois CALQaire alors que le vacarme de construction qui m'avait réveillé à 7 h du matin fait place au lointain vrombissement de l'urbanité, sur lequel se déposent comme des perles noires sur un collier léger les salves irrégulières des coups de marteau du voisin. 26-28°C aux prévisions pour la journée, ensoleillé avec quelques nuages pour reposer les yeux. NYC ne me donne que du beau temps. Encore étourdi parfois, le corps s'habitue à cet air un peu plus épais qu'ailleurs; le cou s'exerce aussi, tête renversée car il y a tant à voir en haut.

J'ai vu quelque chose hier justement, par hasard, le 33 Thomas Street. Originaire de Québec et fréquentant son centre-ville depuis longtemps, j'ai peut-être développé un œil, une sensibilité, une affinité pour l'architecture brutaliste. Et le 33 Thomas Street est très brutal. Une des plus belles choses que j'ai jamais vues. Un peu plus haut que le Complexe G à Québec, le 33 Thomas Street ne possède aucune fenêtre, seulement quelques grandes ouverture carrées comme des bouches béantes, à mi-hauteur et en haut complètement, d'où aucune lumière ne semble pouvoir entrer ou sortir. Le tout en granit brun-rose. Wow. L'histoire de tout ça, passée et présente, fascine et mystifie, mais ce qui me marque le plus est l'impression de succion sourde imposée au marcheur qui s'approche de l'event horizon de ce gratte-ciel si charismatique. On ne peut pas regarder ailleurs, même s'il n'y a rien à voir sur ses surfaces lisses; ce serait la plus haut mur vierge du monde.

J'ai piqué l'image ici.

Ce soir, je vais voir la violoncelliste Leila Bordreuil. Une musicienne incroyable basée à NYC que je n'ai jamais vue ni entendue live. Pour avoir l'adresse du concert, il a fallu que j'envoie un email à une première personne, qui m'a donné le numéro de téléphone pour que je texte une autre personne qui organise. J'ai l'adresse. Brooklyn. 20 h.


Flyer du show que je vais voir ce soir.

Sinon, mon plan du jour est d'écrire ceci en mangeant mes toasts dorées, en buvant beaucoup de café filtre — je n'arrive à rien de bon avec la machine à espresso de riche — et en essayant d'arrêter quelques dates pour les ami·es qui viendront me visiter. L'admin life n'arrête jamais vraiment. Faire une compilation des dépenses jusqu'à date, pour les suivis. J'hésite à me faire une première pratique de violoncelle. Je pense aller lire quelques pages de Proust au Bryant Park que j'ai spotté sur ma carte, à environ 45 min. de marche vers le nord. L'objectif du parc n'est qu'un prétexte pour sortir, prendre la route et absorber tous les fragments de ville que je rencontrerai.

Hier, fin d'après-midi, j'ai bien fait ça.

- j'ai fait deux lavages, séchages, pliages de tous les draps et serviettes que j'avais trouvés en arrivant. Une laveuse à chargement frontal qui est également une sécheuse, biN vOyoNs!

- j'ai écrit un mot au voisin. Sympathique mais ferme? Cringe factor 4/10. J'attends un peu sa réponse avant de pratiquer. Je n'attendrai pas encore longtemps s'il ne répond pas. Graphologues, à vos analyses.

- j'ai pris entente pour suspendre mon numéro de téléphone canadien jusqu'à la mi-octobre.

- j'ai appelé au Community Center at Stuyvesant High School, turns out que c'est très simple : 199$ donne accès à la piscine pour un an. C'est soit ça, soit 15$ par visite. L'option la moins chère en ville. J'ai écouté tous les vidéos youtube disponibles pour la prononciation de Stuyvesant après m'être senti nul au téléphone et même à ça je n'y arrive pas. Stai-vuh-snt. Stai-vuh-snt. Stai-vuh-snt. J'ai été sur place, la marche pour s'y rendre est vraiment vraiment agréable. La bâtisse est près de l'eau et je me promets de retourner à ce parc que j'ai aperçu pas loin, ambiance portuaire. J'ai payé 15$, j'ai essayé la piscine, j'ai nagé 500 m, j'ai aimé, j'ai récupéré mon 15$ et pris l'abonnement annuel et hop! réglé pour la piscine. Et, ô surprise, mon abonnement me donne également droit au gym (que je n'utiliserai pas) et à quelques cours, dont du yoga tous les lundis 18 h. Bon plan! Ambiance relax. Ça faisait longtemps que je n'avais pas entendu le pop pic pop d'une partie de ping pong dans un grand hall au plancher en terrazzo. Ah oui, et j'ai accès à un studio de danse. Hmmm.

vue du parc près du centre communautaire où j'ai pris mon abonnement à la piscine

- j'ai acheté mon billet pour John Zorn qui diriga Cobra à Roulette le 13 août prochain. Fun fact, c'est également à Roulette qu'a eu lieu la création de cette pièce en 1984. Iconic. Cette fois, 13 personnes dans le band incluant Wendy Eisenberg (guitare), Trevor Dunn (basse), John Medeski (orgue), Ikue Mori (électroniques). Woh.

vendredi 4 août 2023

studio du Québec à NYC : jours 1-2-3 sur 151

Je suis arrivé à New York une journée plus tard que prévu. Explication beaucoup trop détaillée plus bas. Si j'ai bien compris, un petit avion a crashé sur la piste principale de l'aéroport de Québec le matin du 1er août, faisant annuler mon vol. Après quelques péripéties sans importance, je suis arrivé à mon appartement de SoHo, Manhattan, New York City, New York, USA le 2 août à 16 h 45. Yeah!


L'aéroport de Québec : glorieux

2 août 2023

Sur place, le sympathique représentant de la délégation du Québec à New York m'a accueilli (c'est la délégation qui gère l'appartement), donné les consignes d'usage et dit à la prochaine. J'ai commencé à défaire mes bagages. J'ai jugé que je devais tout d'abord manger. Faire l'épicerie? J'avais un concert à aller voir à 20 h, ok le métro, ok le chemin, ok mon cell, l'air est plus rare à NYC on dirait, le stress de la grande ville, le stress du voyage qui se dissipe, la chaleur ambiante, la quantité de stimuli, les gens à gauche, à droite, en avant, en arrière, je me dirige vers le métro indiqué par mon google maps me disant que je croiserais bien un quelque chose à manger en chemin, étourdissement, ok il faut vraiment manger, la chaleur, les gens, ok ici ça jay walk like there's no tomorrow, personne n'attend le bonhomme pour traverser, parfait, tourner ici, où aller, envie d'une petite sandwich, tiens un Target avec section épicerie, rien dans le prêt-à-manger, décor générique très bon pour reprendre ses esprits, un Whole Foods pas loin comme m'avait dit le gars de la délégation, beaucoup d'allées au Whole Foods, y aura-t-il un frigidaire de petites sandwiches, peut-être que ce n'est pas à l'épicerie que ça se trouve, mais où, ah les sandwiches, ah un étage de sandwiches de toutes sortes, un étage des mêmes sandwich en version végé en dessous! note à moi-même : promesse d'essayer le sandwich « salade de poulet » vegan, je sais pas quels produits chimiques ils ont pu mettre là dedans pour simuler ce goût caractéristique dont je n'ai pas fait l'expérience depuis mes années de Tim Hortons universitaire rue Ontario, Montréal, Québec. Pour l'instant, première heure à NYC, jouer safe, je prends la power sandwich whatever that means besoin de power. Whole Foods est une filiale d'Amazon, je spot l'escalier vers les retours Amazon à l'étage, un espace café, cafétéria, je m'execute master du self-checkout au rez-de-chaussée, gravis quelques marches, rejoins une table juste pour moi, bay window en coin me donne une vue en plongée sur le coin Bowery et Houston, vélos, gens qui traversent, autos, petit parc, terrain de basket où chaque équipe a son propre dossard, skateboards, trottinettes, beaucoup de white guys en cargo pants beige chemise générique bleue pâle, beaucoup de filles chill en tissus bio, sinon chacun son style, chacun sa démarche, de la grosse musique dans l'espace cafétéria. Respirer un peu. Puis go Brooklyn et mon premier voyage en métro.

Le métro. On appelle ça the train ici. Autre fun fact de langage : la rue Houston se prononce How-sten ici, et non Hyouston comme la ville qui s'écrit pareil au Texas. Origines de nom différentes. Pour entrer dans le métro, il n'y a qu'à swiper son cell sur le lecteur. Pas d'app, pas d'abonnement, let's go. Même que, après 12 billets achetés dans une même semaine (comptabilisée du lundi au dimanche), on passe pour gratis. Bravo. Le métro ressemble beaucoup au métro de Berlin. Ce n'est pas du tout sale et puant comme certains disent. Et ce n'est pas du tout mêlant comme d'autres disent, il s'agit de savoir où on va — comme là j'allais vers le sud (downtown & Brooklyn) —, entrer par la bonne entrée — celle qui est identifiée par la direction où on va —, swiper, passer le tourniquet, prendre le train avec la bonne lettre écrit dessus. Ou chiffre, mais moi c'était le R-train.

YouTube. J'avais écouté quelques vidéos sur le métro de NYC pour savoir à quoi m'attendre. Une chose que j'avais retenue : le chauffeur est, surprenamment, au milieu du train. Et l'endroit où s'arrêtera exactement son wagon est indiqué au mur dans la station par une bande rayée noir et blanc, zebra board pour les intimes. Quoi de plus rassurant, pour ma première balade sous-terraine, que de repérer le zebra et m'arranger pour embarquer dans le wagon près du conducteur.

Premier show à NYC : annoncé à 20 h sur internet, annoncé à 20 h 30 sur un tableau écrit à la main sur place, commencé à 21 h. C'est ça la vibe? Apprendre les mœurs et pas se presser pour rien. Pour attendre, un verre de vin orange! Ok pour payer on tap, puis il faut indiquer le tip à la main sur la facture papier qui sort. J'étais comme « How do I tip here? ». Le tip à NYC, c'est 20%. Ça monte vite : mon verre de vin à 15$ finalement c'est 18$ et finalement c'est 24,64$ en argent canadien dixit mon compte. Puis j'arrive au show c'est 15$ cash only ou venmo, venmo ne fonctionne pas sur mon cell, je vais au « deli » retirer 100$ — ça devrait me toffer pour un bout — et il y a 2$US de frais du guichet, 3$CAD de frais de notre chère Desjardins, et c'est 141,55$ qui apparaît dans mon compte. When in Rome!

2 août @ Threes Brewing, Brooklyn
Doom Rodeo [gabby fluke-mogul (violon), Joanna Mattrey (alto)]
Florian Herzog "Store Reset” [Kate Gentile (batterie), Florian Herzog (contrebasse, composition), David Leon (sax), Aaron Quinn (guitare)]

Aussitôt arrivé, aussitôt au concert. J’ai parlé un peu à gabby fluke-mogol, c’est la personne que je venais voir! Courte conversation, assez pour qu’iel me dise « Let’s play together sometime! » Ok! Sinon le show était vraiment bon. Long set pour commencer du duo Doom Rodeo. Ça se prend pas au sérieux, mais quand la musique commence ça devient intense par moments. Focus. Puis le band de Florian Herzog est beaucoup plus du côté jazz, jazz très complexe avec des métriques changeantes inégales, le band joue ensemble, ça compute sur un moyen temps, la drummeuse est vraiment suà coche.

Je suis parti avant la fin parce que là un moment donné. Les réserves d'énergie diminuent et on sait pas si NYC la nuit ne nécessitera pas toute mon attention. Retour en métro très pépère finalement, tiens donc un moment donné le train sort de sous la terre et on est au-dessus de la ville. Version adulte des montagnes russes des Galeries de la Capitale (c'est mode et merveille). Première nuit, s'ajuster au bruit de la ville.

1er août 2023 : retour en arrière sur la situation avec Air Canada 

Par où commencer? Par un peu d’admin peut-être, quelque chose de connu pour se délier. Je vais réclamer un dédommagement à Air Canada. J’y ai droit je crois bien, et ça me prendra un bon dossier.

J’étais supposé partir de Québec le mardi 1er août à 15 h sur le vol AC1965, arriver à Montréal à 15 h 50, prendre le vol AC8642 de Montréal à 17 h 05 et arriver à New York LaGuardia à 18 h 30. Voici ce qui s’est passé à la place. Je suis arrivé à l’aéroport de Québec le mardi 1er août à 13 h 30 — 2,5 h d’avance comme il se doit — et on m’a annoncé à ce moment, et pas avant, que mon vol avait été annulé. Comme il y avait déjà une bonne file d’attente au comptoir d’Air Canada, la préposé qui m’avait annoncé la nouvelle m’a remis la brochure « En cas d’interruption de voyage » et m’a suggéré d’appeler la ligne spéciale, ce que je fis aussitôt. Au cours de cet appel de plus de 45 min. et pendant lequel j’ai quitté l’aéroport avec mon lift, on m’a mentionné plusieurs options qui ne fonctionnaient pas : le vol de 16 h 25 en partance de Québec était finalement, après contre-vérification à ma demande, soit retardé ou annulé lui aussi; le vol de Québec de 19 h m’aurait bien rendu à Montréal… où il n’y avait pas de départ pour NYC avant 6 h du matin; me rendre d’une autre façon à Montréal (en train ou en covoiturage, car l’autobus n’accepte pas le violoncelle à bord) pour le vol vers NYC de 20 h était trop risqué, sachant qu’il faut arriver près de 3 h d’avances pour les douanes et tout — impossible d’arriver à 17 h à l’aéroport de Montréal quand on part de Québec après 14 h.

J’ai donc accepté la première option possible : départ de Québec le mercredi 2 août à 9 h sur le vol AC1969, arrivée à Montréal à 9 h 50, départ de Montréal sur le vol AC8636 à 10 h 50, arrivée à NYC à 12 h 15.

Pour la réclamation, je note que cette option m’aurait fait arriver 19 heures et 10 minutes plus tard que prévu. Je devrais être admissible à 1000$ de dédommagement. Ou à une claque dans face!

Si j’étais resté à l’aéroport, on m’aurait probablement proposé de m’héberger pas loin pour la nuit. Car entre temps, oui j’aurais pu m’arranger, mais techniquement mon appartement à Québec était sous-loué. Je vais donc réclamer les frais d’hôtel de 267,74$, ainsi que mon souper au resto ce soir là pour 16,68$ facture à l’appui. Ça ou une claque dans face!

Entre temps, mon mojo! Vraiment cool de pouvoir prendre part à la rencontre du Groupe d'improvisation du conservatoire, lunaire et expérimental (c'était soir de pleine lune à NYC comme à Québec où j'étais resté) et souper avec un bon ami. Vraiment bon pour le mental de ne pas dormir sur un divan quelque part, surtout pas sur mon propre divan.

Le lendemain, il fallait donc être à l’aéroport de Québec à 6 h 30 du matin! Ark! C’est ce que j’avais voulu éviter en réservant mes billets déjà au mois de mai pour le 1er août. En me réveillant à 5 h 30, je vois un email qui m’annonce que mon vol de Québec a été retardé à 10 h 30, pour arriver à Montréal à 11 h 20. Il fallait donc changer mon vol de Montréal à New York et me voilà derechef au téléphone avec le saxophone de la ligne d’attente Air Canada. À 6 h 22 du matin, tout était réglé et je recevais confirmation que je prendrais le vol de Québec de 9-h-retardé-à-10-h-30 AC1969 (important car c’est ce qui est affiché sur les panneaux), puis le vol AC730 de Montréal à New York, départ à 13 h, arrivée à 14 h 30.

Ou presque. On est parti à l’heure de Québec, puis ça a niaisé à Montréal. Manque d’employés aux douanes. Blah. L’embarquement s’est fait un peu en retard parce que l’avion était lui-même un peu en retard de son vol précédent, puis les retards se sont accumulés pour attendre les pauvres passagers pris dans la file des douanes. Au final, on est parti à 14 h et on est arrivé à 15 h 22. Officiellement. I got receipts.


Spotted : Statue de la liberté

Pour la réclamation, le cerveau me chauffe parce d’une part il n’y a pas d’indemnisation admissible pour un vol qui est parti moins de 3 h plus tard que prévu (AC1969 est parti 1,5 h plus tard que prévu, AC730 est parti 1,0 h plus tard que prévu), mais d’autre part l’indemnisation est calculée sur l’heure d’arrivée et je suis arrivé à 15 h 22 au lieu de 12 h 15, soit plus de 3 h plus tard que prévu. Un retard d’un peu plus de 3 h correspond à une indemnité de 400$. Ou une claque dans face!

Je souhaite donc recevoir 1684,42$ de la part de Air Canada, je vais sortir la Karen en moi.

En réalité, c’est déjà tout oublié. Presque. Je vais prendre ce à quoi j’ai droit. Le recours peut se faire à partir de 72 h après l’arrivée, alors le tout en suspens jusqu’au 5 août.

3 août 2023

J’ai fini de défaire mes bagages.

J’ai fait une première épicerie. Au Whole Foods, comme dans tous les podcasts américains. Les prix m’ont semblé correct. Pour 76,54$ : pain, lait, œufs, fromage, beurre, huile, pâtes, sauce, saucisses, légumes congelés, jus d’orange, café, fraises, bananes, beurre de peanut, miel, confiture. Je vois dans mon compte que c’est 104,79$ en canadien. Pas tant un bon deal que ça.

En revenant, un premier ordre de toasts dorées. À la maison. Petit à petit je déplace les meubles dans l’appartement pour trouver une disposition qui me convient. Indice : les diagonales. J’ai fini de magasiner mon plan T-Mobile pour le cellulaire. 25$ par mois pour 6,5Go de données avec les appels et textos illimités aux États-Unis. Peut-être existe-t-il de meilleurs plans? Je n’ai pas eu envie de perdre des heures à faire des comparaisons pour sauver 2$ cette fois. Il y a justement un T-Mobile à moins de 10 minutes de marche. Je suis rentré en disant que j'avais besoin d'un forfait. On m'a offert le forfait à 50$. J'ai répliqué que je voulais celui à 25$. Le vendeur m'a fait choisir un PIN, m'a installé la carte SIM, etc.

En allant au T-Mobile, j’avais spotté le Washington Square Park, où j’ai choisi d'aller manger un sandwich en lisant Proust sur le chemin du retour. Observation urbaine.

Beaucoup de monde, partout, tout le temps. New York est overwhelming. J’aime beaucoup. Lors de ma première soirée, j’étais étourdi. Adaptation. Manque de sommeil. L’air est différent aussi, nous sommes beaucoup plus au sud, tout a une texture différente. Effluves de Mexico City parfois.

Au deuxième soir, le 3 août, je me suis fait une batch de rotini et on dirait que même ma bouffe a de l’allure dans ce décor de riche. From rags to riches. Without the rags. Without the riches. J’arrive de loin, de mon petit 2½ à 465$ par mois. Sans me sentir si pauvre. Comparé à avant. Sans me sentir riche non plus. Et tout d’un coup j’habite dans un appartement qui se louerait 14k par mois sur le marché, c'est-à-dire 18 700$ en canadien par mois. Pour ce que ça vaut, si on dit qu’il ne faudrait pas payer plus de 30% de son revenu brut en loyer, ça veut dire qu’en ce moment je fais la vie de quelqu’un qui gagne 750 000$ par année. Ceci dit, j’ai lu sur un site qui ne donnait pas ses sources que plus le salaire est élevé, plus le pourcentage du revenu alloué au loyer diminue. Alors je goûte à la vie à un million de revenu par année. En jouant du violoncelle expérimental.

Je pensais à ça, je me verrais bien ici, entre ces murs, devant ces hautes fenêtres, sur ce plancher de bois franc, avec un violoncelle à 100 000$.

L’impact d’un changement de décor sur la psyché.

Tu peux pas être de la marde si tu habites icitte.

From rags to riches et je n’ose pas utiliser le lave-vaisselle, de peur de ce que ça pourrait faire à mon humilité.

4 août 2023

Et ça recommence, au jour 3, la liste de choses à faire.

Aujourd’hui :

- un blog post

- faire un lavage (le panier à linge était plein des serviettes et draps du résident précédent et on n'est pas sûr que ce soit propre; on le sera bientôt)

- maintenant que j’ai mon numéro de téléphone américain, laisser un petit mot au voisin d’en haut pour l’avertir qu’un musicien vient d’emménager et l’inviter à me texter si jamais je pratique le violoncelle et qu’il veut la paix

- contacter le Community Center at Stuyvesant High School pour voir comment ça fonctionne pour leur piscine à 199$/année si j’en crois le site web. Ouvre à 15 h

- acheter une plante? ça manque de verdure ici

- acheter mes billets pour John Zorn le 13 août? ils vont jouer Cobra, ç'a a pas de sens.

Sérieux, j'ai faim. Ce matin tout comme hier deux toasts dorées ne suffisent pas. Let's NYC.




















samedi 29 juillet 2023

studio du Québec à NYC : jour -3 sur 152

REVUE DE PRESSE

Good gracious, mon communiqué de presse a bien fonctionné. Ça a répondu en masse. Même que j'ai passé une semaine assez épuisante finalement, à accepter presque toutes les demandes d'entrevues. Étonnant à quel point on sort exténué d'une conversation avec un·e journaliste. De belles rencontres tout de même, autant au téléphone qu'en personne. Mon moment préféré? La prestation improvisée à la radio CKIA, à 8:45 AM, fallait le faire. Côté médias écrits, j'ai souri en voyant les premiers titres apparaître, alors que je venais de dire « Check bin ça, malgré que je ne le mentionne nulle part, le titre de l'article va être VICTIME de l'attaque [...] ». Les médias continuent à... comment dire... son ventre plein d'exhalaisons.

Ce matin, je prends donc une heure ou deux (ou trois, ou quatre pour être bien honnête, je regarde l'heure à l'instant) pour faire le point sur tout ce qui s'est publié à mon sujet dans les derniers jours. 6 articles, 3 émissions de radio, let's go. J'ai archivé les articles en retirant les publicités. J'ai archivé les émissions de radio sur youtube en option non répertoriée.









Concernant le dernier article, je vois bien que c'est une traduction AI de l'original de Global News. Mais même à ça, wow tout un article sur moi dans un média allemand, j'haïs pas ça.

Maintenant ça suffit l'admin, j'ai une valise à faire et un appart à vider.



lundi 24 juillet 2023

studio du Québec à NYC : jour -8 sur 152

Tiens, quand j'ai su que ça me coûterait au bas mot 450$ pour rédiger, diffuser et faire les suivis sur un communiqué de presse, j'ai tout fait (sauf me payer) moi-même. 

Superbe photo prise par Kerry Samuels, juste pour ça, ça vaut la peine de partager en masse.