mercredi 24 juillet 2024

studio du Québec à NYC : épilogue 6, jours 355-356-357 sur 151

Lundi 22 juillet

Café Rita & Maria

Voici les choses sur lesquelles je travaille pendant mes « vacances ».
- 28 avril passé (j'ai joué à Montréal) : montage vidéo bien entamé, reste à retravailler les couleurs, valider le flow des coupures, changements de caméra, valider les zooms et mouvements de caméra pour 57 min de concert en duo, mix de son
- 25 mai passé (j'ai joué à Maizerets) : tenter, une dernière fois, d'obtenir la vidéo qui a été prise
- 12 juillet passé (coorganisateur) : relancer les photographes pour avoir le drive promis, écrire aux musicien·nes pour les informer du délai de paiement prévu (oups j'avais oublié), leur partager l'archive vidéo
- 12 juillet passé (j'ai joué à Québec) : montage vidéo avec des photos quand on les aura reçues, mix de son, vraiment un excellent concert
- 16 juillet (rencontre importante) : prendre le temps de feeler comment ça feel, en attente d'un retour dans 2-3 semaines, disons la mi-août
- 18 juillet au 1er août (séjour à New York City) : test de virement interac avec le compte américain de mon coloc, spotter les concerts, piscine, emprunt d'un violoncelle, compilation des dépenses à commencer et faire à mesure
- 24 juillet (je joue à New York) : préparation physique et mentale sans pouvoir jouer sur le violoncelle avant le concert
- 1er août (passage à Montréal) : valider hébergement
- 4 août (2 répétitions) : invitations pour celle de 16 h
- 5 août (je joue à Montréal) : organisation des lifts, des équipements sur place, choisir quand on revient, si on reste un jours de plus, valider hébergement
- 27 août (coorganisateur) : bravo à moi d'avoir scoré une coproduction sympathique, téléphone ce matin avec l'organisme, en attente de leur côté voir qui s'occupe de la première partie, tests de sons, horaire
- 29 août (je joue à Québec) : valider pour les tests de son, horaire, planifier vidéo
- 5 septembre (je joue à Québec) : formulaire signé et rempli, ça semble bon pour l'instant
- 9 septembre (coorganisateur) : relancer l'organiste pour la première partie, voir qui joue avec peut-être
- 13 septembre (je joue à Québec) : en attente de plus d'informations et d'une réunion d'organisation
- 27 septembre (coorganisateur) : bravo à moi d'avoir scoré la coprod, un peu formelle par contre et c'est lourd le formulaire à remplir, relancer les artistes car j'ai seulement 3 bios/photos sur les 7 dont j'ai besoin, signer entente après ça, penser à relancer au sujet des besoins techniques
- 28 septembre (coorganisateur et je joue à Québec) : en attente de confirmation pour la première partie, écrire aux gens au local, peut-être emprunter un kit de moniteurs, tester les caisses sur place
- 28 octobre (coorganisateur) : relancer encore une fois la personne responsable de la salle de concert qui nous accueille, est-ce que la date est réservée, est-ce qu'on organise un temps de masterclass, j'y travaille depuis mars
- 31 octobre (comme coorganisateur) : il faut vite que j'achète un billet d'avoir pour celle qui vient jouer en concert avec moi, prendre rendez-vous avec un organisateur d'expérience pour les conseils, préparer les papiers d'impôts, relancer le Consultat général de France et tout ce qui se fait d'instituts pour financer le voyage, engager une personne pour conduire et assumer des tâches techniques de tournée, post facebook, engager une personne pour l'enregistrement
- 1 au 4 novembre (comme coorganisateur et je joue à Saguenay) : ok je pense
- 5 novembre (je joue à Rimouski) : ok je pense, vidéo?
- 7 novembre (je joue à Québec) : demander à avoir la confirmation finale de la salle
- 9 novembre (je joue à Toronto) : j'ai relancé pour la re-confirmation re-finale
- 11 novembre (je joue à Montréal) : ok
- demande de subvention pour un enregistrement en tournée : déposée le 5 juin, en attente d'une réponse « environ 4 mois » après le dépôt
- demande de subvention pour certaines dépenses de tournée : déposée le 26 juin, en attente d'une réponse à la fin octobre
- demande de subvention pour un projet spécial de moi en collaboration avec le musée : à préparer pour un dépôt en novembre
- demande de subvention pour une série de concerts de grand ensemble en collaboration avec un organisme communautaire : à préparer pour un dépôt en novembre
- production de mon vinyle : enregistrement, mix, mastering, illustrations de couverture complétés depuis longtemps ou très longtemps, en attente d'une première ébauche du graphisme, puis d'envoyer ça à la production
- impôts 2023 : en retard, il me reste juste à mettre tout ça ensemble et prendre rendez-vous avec mon faiseur d'impôt agrée, j'ai tout ce qu'il faut, mais c'est une journée complète quand même
- en continu : mise-à-jour de l'agenda Musique pas d'air

Desfois je m'assois pour travailler, et je fais juste foncer droit devant, j'envoie des emails coup sur coup à mesure que je me rappelle ce qu'il y a à faire, je gère tout de suite les réponses, j'improvise, je lance des propositions, je scrolle un peu et agis sur ce que je vois, et j'ai l'impression que si j'en avais les capacités mentales, je pourrais maintenir cette cadence pendant des journées entières et ne jamais arriver au bout de ce que j'ai à faire.

Et je m'inflige tout ça bien volontiers. C'est étonnant vu de loin. Personne ne m'impose quoi que ce soit. Desfois, moi-même je ne sais plus si j'ai pris le temps de faire le choix de travailler sur telle ou telle affaire. Je reçois un message, oui nous sommes de passage à Québec et on aimerait jouer, j'agis, j'écris à des gens, j'organise. Cette année plus que jamais il me semble, depuis mon retour de NYC. De plus en plus d'organisation il me semble, de plus en plus de projets, de concerts. C'est très motivant et en même temps le pas de recul (comme par exemple, écrire à toute vitesse cette liste de ce qui est sur le feu en ce moment) est trop rare.

Plus les collaborations sont formelles, ou dans des organisations formelles, plus la légèreté et l'enthousiasme d'organiser un bon concert de bonne musique devient lourdeur et multiplication du travail administratif qui m'apparaît inutile. C'est comme si plus les gens sont bien payés pour leur travail, plus c'est désagréable de faire affaire avec elleux, malgré leur attitude exemplaire, malgré leur ouverture, malgré leur véritable enthousiasme. Puis, l'évènement arrive et il n'y a que moi qui diffuse l'information, sur facebook à défaut de mieux, et les sites web des organisations ne sont pas à jour parce que trop difficile à manipuler.

En ce lundi, donc, je m'assois au café Rita & Maria, à quelques minutes de l'appartement. Je fais exprès de dire à chaque fois que c'est à quelques minutes de l'appartement. J'aime ça le choix, la variété. Le Rita & Maria est mon préféré jusqu'à date. L'américano est parfait, le mobilité de brocante fait une belle ambiance, et tout le monde travaille. Je travaille.

Puis je vais récupérer le violoncelle qu'un vraiment gentil ami d'ami new-yorkais me prête pour la durée de mon séjour. On connaît des gens en commun, évidemment. Il a fait McGill, tiens donc, 10 ans après moi par contre. Je ramène ça chez-moi et constate avec effroi à quel point le chevalet est courbé. J'ai peur qu'il s'affaisse et brise le violoncelle. J'écoute des tutoriels youtube sur comment redresser un chevalet. Je demande des conseils à une amie, à qui j'envoie cette photo accidentellement satanique.

Mon gossage de violoncelle finit par me faire arriver en retard et manquer le premier trio du concert à Sisters, que je note quand même ici.

22 juillet @ Sisters, Clinton Hill Brooklyn
série Assembly #19, commissaires : Lester St. Louis, Luke Stewart
trio [Melissa Almaguer (claquettes), Lester St. Louis (violoncelle), Luke Stewart (contrebasse)]
Janel Leppin's Ensemble Volcanic Ash [Larry Ferguson (batterie), Sarah Hughes (sax alto), Janel Leppin (violoncelle), Anthony Pirog (guitare électrique), Luke Stewart (contrebasse)]
Alex Zhang Hungtai (électroniques)
Kamau Patton (DJ)

Janel Leppin a son propre language comme violoncelliste et compositrice. On sent l'influence du jazz, mais aussi de la musique contemporaine et du folk. C'était la première fois que je voyais le canadien d'origine taïwanaise Alex Zhang Hungtai, qui habite maintenant NYC, et c'est honnêtement un des meilleurs sets de musique électronique que j'ai vus.

Mardi 23 juillet

Café à l'appart + café Passionfruit

J'ai fini par demander à mon coloc si vraiment il ne voulait pas de café à l'appartement — était-il allergique? ex-caféinomane en rémission? — on si c'est juste que lui il n'en bois pas. Et c'est juste qu'il n'en bois pas, ça l'empêche de dormir. Pas de problème à ce que j'en boive à l'appartement, j'ai bien fait de demander. Mon expérience de 13 ans en colocation et mes aptitudes de communication servent.

Café et toasts dorées à l'appart, puis je m'attaque au chevalet courbé de l'enfer pendant que mon coloc travaille de la maison. Je ne peux pas jouer de violoncelle dans l'appartement alors j'essaye de me spotter dans un parc. Je charrie l'instrument pendant un peu plus longtemps que j'aurais voulu, je trouve un parc, jeux d'enfants, terrain de basket, plusieurs bancs, transquille mais pas trop. Je m'assoies en écoutant un podcast, question de feeler la place. Quelques minutes plus tard un gars arrive, se dirige vers moi, je sais pas s'il dit quelque chose, mais passe vraiment proche du violoncelle (encore dans l'étui par chance), s'asseoit juste à côté de moi genre inconfortablement proche, je me lève, ramasse mes affaires en vitesse pendant qu'il donne un bon coup de pied au case de violoncelle et m'en vais en vitesse. Je me rends compte que je suis bien trop vulnérable pour pratiquer dans un parc aujourd'hui. Première interaction du genre à NYC. Est-ce que j'étais sur son territoire? En tout cas, je suis content que le violoncelle n'était pas sorti. Mon archet. Aussi il ne m'a rien demandé, mais il l'aurait fait que je n'aurais pas eu le choix. Je ne suis absolument pas en posture de me défendre si quoi que ce soit arrive. Je pense à ça un peu sur le shake en me rendant au café Passionfruit juste à côté. Je traverse la vie sans défense. Il m'aurait dit « give me your money » et j'y aurais donné, mon téléphone, etc. Mais il ne l'a pas fait et je ne laisserai pas cette interaction inusitée changer mon expérience. Ceci dit, le quartier ici est définitivement un peu plus rough que ce à quoi je suis habitué. Des gangs de monde qui chillent à certains coins de rue. Je passe et je fais semblant d'être bien absorbé par mon cell, c'est là pour ça.

Retour à l'appartement, je me fais une pratique de violoncelle en silence, à la frontière de l'inaudible. Juste faire les gestes que je connais très bien. Ça fait pareil. En fait ça m'inspire vraiment pour demain. Puis, go Manhattan, ma réservation à la piscine est faite.

Je trouve enfin une piscine à fréquenter en effet, après avoir fait bien des recherches. Mon plan B de 2023 fonctionne encore! Me revoilà donc en train de payer 8$ (11$ dollars canadiens) pour une heure de nage à la période occupée par l'organisme University Settlment à la piscine du YMCA de Chinatown, sur Bowery au coin de E Houston Street, à la rencontre des quartiers Lower East Side, Chinatown, Little Italy, Soho, East Village, Nolita et Bowery. Coudon.

Photo de Chinatown dans le grisaille. C'était ma tradition du mardi. Nager là en début de soirée et poursuivre à Downtown Music Gallery, ce légendaire magasin de disques dans un sous-sol humide et très chaud de Chinatown, au milieu de nulle part, qui reçoit des concerts gratuits tous les mardis depuis 30 ans. De grosses et bonnes soirées, avec un premier set à 18 h 30, un deuxième set à 19 h 30 et un troisième set à 20 h 30.

23 juillet @ Downtown Music Gallery, Chinatown Manhattan
The 49'ers [Ty Citerman (guitare électrique), Anders Nilsson (guitare électrique)]
El Trio Tabernaculo [Brandon Lopez (contrebasse), Gian Perez (guitare électrique), Willy Rodriguez (batterie)]
James Wengrow Trio [Kenneth Jimenez (contrebasse), James Paul Nadien (batterie), James Wengrow (guitare électrique)]

Le premier duo utilisait du répertoire classique de la fin du XXe siècle (Bartok, Schoenberg, Chostakovitch) comme base d'improvisations assez free, assez free jazz. J'était très content de réentendre Brandon Lopez en deuxième partie, et Gian Perez, qui m'avait reconnu et salué chaleureusement dans la rue avant. Puis, c'est toujours une joie de réentendre le drummer James Paul Nadien, qui pousse décidément dans tous les sens sa virtuosité un peu trash tout en restant très technique et en contrôle, cette fois dans un trio qui jouait les compositions anguleuses du guitariste. Métriques impossibles, harmonies complexes, bring it!

Ah la joie du dépanneur ouvert en rentrant à 22 h 30, où on me fait sans problème un végéburger avec du « american cheese ». Le gars se rappelait de ma commande!

Mercredi 24 juillet

Café Botani

plan du jour : blog, bilan des dépenses jusqu'à date, la chasse aux factures et classage de emails, échauffement physique, premier lavage, concert. J'écris ceci à toute vitesse, vraiment, mais il faudra bien un temps d'arrêt et de réflexion et bilan un moment donné. C'est un peu ça le but. Eyes on the prize.

24 juillet @ l'appartement de Selendis, Ridgewood Queens
commissarié par Selendis Sebastian Alexander Johnson, série « We Are Greater Than (The Sum [From 1 To Selendis’s {=?=} Choice] Of 5n) », épisode #17/7.1
Anton Lambert (contrebasse solo)
Kwami Winfield (?? solo)
Kendraplex (?? solo)
Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle solo)
Michael Gilbert (contrebasse solo)





dimanche 21 juillet 2024

studio du Québec à NYC : épilogue 5, jours 351-352-353-354 sur 151

De retour à NYC comme une planète autour du soleil.
 Un an.
 Héliocentrisme.
  Centre du monde.
   Promesse à moi-même.
     Hasard.
        Décision.
             Ajustement d'orbitale.
                     Cette fois, du 18 juillet au 1er août 2024, deux semaines, marquant exactement un an depuis ma première visite. J'étais arrivé le 2 août 2023. La symbolique.
                                  Temps d'arrêt.
                                                       Saison des bilans.
                                                                                         Improviser.
                                                                                                                                                Et de ce bref espace retranche le long espoir. Au moment où nous parlons, le temps jaloux a fui : cueille le jour, en te fiant le moins possible au lendemain.

Dans toutes mes pérégrinations de 2023, l'abonnement au Community Center at Stuyvesant High School, sa classe de yoga avec la madame comme cérémonie d'accueil initial, respirer profondément la ville, les premiers contacts sympathiques — « on me reconnaît » —, sa piscine comme objectif et prétexte à tant de fins d'après-midi, débuts de soirée, bien qu'en filigrane à tout le reste, à l'art, au principal, est devenu un point d'ancrage profondément lié à mon expérience new-yorkaise.

Je m'étais dit que ça serait drôle de revenir à NYC pour honorer la fin de cet abonnement que j'avais dû prendre annuel. Ça serait drôle de revenir à la piscine de Stuyvesant High School, à deux pas du One World Trade Center, du loft miteux où Yoko Ono organisait ses happenings dans les années 1950-1960, de marcher une partie du quartier Tribeca, de voir l'énorme Whole Foods caché au pied de mille gratte-ciels de verre, de passer le Zucker's Bagels où j'avais été avec Julie, Élise et Dorothée, de prendre un moment sur le bord de l'eau à Battery Park City Esplanade, d'entrer et laisser ma carte d'abonné aux employé·es à l'accueil une dernière fois. Ça serait drôle, ou je m'en fais la promesse.

Les jours de 2024 ont passé. En particulier 17 concerts entre février et début juillet, dont 6 où j'étais l'organisateur principal, 2 qui avaient lieu à Rimouski, 6 à Montréal, un projet avec une drummeuse, un projet avec une artiste qui se pend par les cheveux; en particulier 2 demandes de subvention qui ont occupé mon esprit et provoqué tous les ups and downs possibles, surtout les downs, jusqu'à la fin juin, que je sois en train de travailler dessus intentionnellement ou non; en particulier les toasts dorées, la vaisselle, le lavage, le cours de ballet du lundi, de yoga du jeudi, la visite hebdomadaire au bunker du musée pour mon projet secret avec un violoncelle historique, la pratique du GIC,LE chaque pleine lune chaque nouvelle lune que je manque souvent, l'épicerie, le ménage.

Les jours de 2024 ont passé et je ne prenais pas de décision par rapport à un retour possible à NYC. Posture privilégiée s'il en est une. J'avais bien pris soin de ne rien me booker pour les deux dernières de juillet. Puis un matin, 8 juillet, une story instagram d'un·e ami·e qui sous-loue sa chambre quelques semaines à Brooklyn, on jase, on check ça, je tergiverse car iel a deux chats et je suis allergique, je tergiverse et pendant ce temps iel se rappelle d'un ami pas loin qui sous-loue parfois sa spare room, iel nous met en contact, le contact établi le 11 juillet est super bon, on parle des conditions, il me charge 700$ USD pour deux semaines je suis mort de rire, et ma décision est prise, go NYC; je tergiverse sur le moyen de transport, car il n'y a pas de train, l'avion est cher, je pourrais quand même, je trouve un violoncelle qu'une amie me prêtera — on va voir dans pas long que ce n'est pas tout à fait ça, mais que je trouve un plan B, un plan C — je tergiverse pour le transport avec des contacts bizarres de gens bizarres sur le groupe facebook de covoiturage Montréal-New York, et finalement la chance me sourit sur amigoexpress. Mon passeport 10 ans expirait en août 2024, par chance que je l'avais renouvelé, arrivé par la poste le 11 juillet.

Ma carte pour la piscine, expiration le 4 août 2024. Le plus drôle dans tout ça, c'est que j'avais oublié que des travaux prévus auraient lieu cet été à Stuyvesant High School, qui allait donc être fermée tout comme sa piscine « pour tenir compte d'un calendrier de construction agressif » — America!— pour les mois de juillet, août et septembre. On informe les détenteurs que nos abonnements « seront prolongés pour chaque jour de fermeture du centre communautaire. » Eh bien, il va falloir que je revienne. Avec un peu de chance, ça va niaiser et je n'aurai pas le choix de revenir pour décembre. Mais c'est les États-Unis.


Jeudi 18 juillet 2024

Première fois que je prends un amigoexpress Montréal-New York. Une excellente expérience de covoiturage tout seul avec une employée (de bureau) de l'Agence spaciale canadienne. On est parti un peu en retard vers 13 h, il n'y a pas eu plus de 10-15 min. d'attentes aux douanes, j'avais mes crudités et mon bagel du Tim Hortons métro Longueuil, on s'est stationné à un arrêt du métro PATH au New Jersey où on s'est séparé. Et j'étais chez mon hébergement dans Brooklyn en moins d'une heure, mieux que si j'avais pris l'avion. Mon transport m'aura coûté un crédit amigoexpress 5$ et 75$ dollars canadiens au chauffeur. Je suis arrivé à 21 h, mon coloc, absent jusqu'en fin de soirée, avait laissé une clé dans la lockbox dehors, j'ai pu me déposer en solo comme j'aime. J'ai déployé le divan-lit, le fameux FRIHETEN sectionnel IKEA, j'ai placé les draps, ouvert ma valise. J'ai été me chercher un végé burger au dépanneur-deli juste en face et fait connaissance brièvement avec mon coloc.


Vendredi 19 juillet 2024

Café Trash Island

J'habite dans un appartement sans café. Je n'ai pas encore demandé à mon coloc s'il était radicalement anti-café, ou simplement quelqu'un qui n'en boit pas. Et jusqu'à ce que je le lui demande, je n'ose pas rentrer de café à l'appartement, ce qui me cause un intéressant problème matinal. Pour ce premier matin, je me prends des pancakes au dépanneur-deli, que je mange sur le premier banc que je vois, celui de la buanderie. Tout ça, l'appartement, le dépanneur, la buanderie, se passe au coin de la rue Monroe et l'avenue Stuyvesant (décidément, ce mot imprononçable qui revient). J'apprécie être en minorité blanc dans ce quartier de Brooklyn surnommé Bedstuy, diminutif de Bedford-Stuyvesant. Je vais boire un café au Trash Island à quelques minutes de marche, où je fais la lecture du site nyc-noise.com comme si c'était la sainte bible. Ce l'est peut-être. En tout cas pour moi. Planification des prochains jours.


Puis Aliya Ultan, qui était supposé être à l'extérieur de la ville pour deux semaines et me prêter son violoncelle, m'annonce qu'elle a un changement de plan. Je ne suis pas surpris. Celle là! Il y a une inondation dans sa salle de bain, sa coloc n'est pas là donc elle doit rester, et tant qu'à rester elle a accepté plein d'opportunités de travail (dont un concert au prestigieux Lincoln Center), en tout cas elle doit rester en ville. Décidément, je ne sais pas comment elle continue de fonctionner, elle est toujours tellement désorganisée, et toujours en train de désorganiser les personnes qui partagent sa route. En tout cas, elle m'invite à passer ce jours là avec elle au luthier Finley + Gage en fin d'après-midi. C'est le fameux magasin de violoncelles et contrebasses que j'avais visité le 5 octobre 2023, et où je ne suis jamais retourné pour une session d'essai de violoncelles en bonne et due forme, car on n'a jamais répondu aux deux appels et trois emails de relance que j'avais envoyés en novembre et décembre 2023.

Entre temps, j'active le plan B que j'avais déjà en tête pour le violoncelle. Je m'en doutais. Je vais récupérer l'instrument mystère lundi. Puis je fais l'épicerie. Puis une sieste de 15 min. Puis rendez-vous au Finlay + Gage. Pas pareil quand on est avec une amie de la place. On essaye tous les violoncelles intéressants, on a beaucoup de plaisir ensemble et avec le vendeur. Notre préféré : un instrument de l'Angleterre du 19e siècle (oui, les années 1800), dont personne ne veut. Prix : 32 000$ US, c'est très peu pour ce marché. Puis je vais au sushi avec Aliya, je bois le meilleur bubble tea auquel j'ai jamais goûté. Red bean. Comme un arrière-goût de Nesquik en poudre. Retour à l'appartement avant d'aller à un premier concert pour ce séjour.

19 juillet @ rooftop, Starr Street, Bushwick Brooklyn
Exit Seraphim [Adonis aka Mercury Symbol (no-input mixing board), ??? (guitares électriques)]
Rat Porridge (électroniques)

Concert sur un toit. L'appartement de je ne sais pas qui. [Mise-à-jour : toit du bloc appartement où habite Smiling Beth, je la connais pas, je n'en sais pas plus!] Je m'étais ennuyé de devoir faire des recherches intensives pour trouver les noms des personnes que j'ai vues en concert. En réalité, j'étais là pour voir mon amie Kwami Winfield qui allait jouer sous le nom Soless Dialtone, mais tout a commencé tellement en retard, et le temps entre les deux premiers sets a été tellement long que je n'ai pas toffé. Dans le premier set, l'artiste Mercury Symbol joue de la console no-input en duo avec une guitariste électrique dont je ne trouve pas le nom et qui sort tour à tour sa 8 cordes de métaleux, sa Epiphone hollowbody rouge et, favorite du public, ou en tout cas de moi, sa guitare à double manche. Le tout poussé au maximum de volume que peut fournir le petit kit de son, c'est New York City après tout! Puis une pause interminable. Puis Rat Porridge commence un set surprenant : au départ très bruit, déconstruit, puis des extraits de pop, on n'est pas sûr, puis une espèce d'intégration vraiment originale.

Une belle marche de 45 minutes aller, 45 minutes retour, me permet à peine de saisir l'atmosphère de Bedstuy ou Bushwick, les deux quartiers de Brooklyn que je traverse. C'est dense, dense, Brooklyn, il me semble croiser des centaines de commerces et encore plus de personnes, voitures, vélos. Au travers, un foodtruck où je m'achète un burrito qui fera finalement deux repas complets.

Samedi 20 juillet 2024

Café Passionfruit

Cette fois, je me réveille et je vais lire au café Passionfruit à quelques minutes de l'appartement. Je suis encore sur La recherche du temps perdu, comme l'année passée à pareille date. Lentement mais sûrement. Je reviens à l'appartement, toasts dorées, mon coloc est parti à la plage. Je traverse en métro à Manhattan et improvise un arrêt lecture au Joe Coffee, ce café que j'aimais beaucoup sur Waverly, puis je vais retirer des dollars américains au même guichet que j'ai toujours utilisé, puis je vais continuer à lire et faire du people watching au fameux Washington Square Park. Je monte ensuite vers Union Square où je trouve à souper pas cher au Whole Foods et sa cafétéria avec vue sur le square.

20 juillet @ The Stone at the New School, West Village Manhattan
sinonó [Isabel Crespo Pardo (voix), Henry Fraser (contrebasse), Lester St. Louis (violoncelle)]

Excellent trio, excellent concert. Je les avais vus le 20 août 2023, il y a près d'un an. Je me rappelle très bien cette soirée. J'avais trouvé que le trio acoustique était amplifié beaucoup trop fort pour le petit espace du magasin de disques P.I.T., mais la musique était bonne. Je n'étais pas encore habitué aux niveaux de décibels new-yorkais. Et c'est la première fois que je voyais Lester St. Louis, je me rappelle qu'on s'était compris tout de suite, dès les premiers mots échangés, comme des collègues de longue date. À la fin de ce concert, il m'offre de me prêter son violoncelle si mon plan B ne fonctionne pas. Wow.

Dimanche 21 juillet 2024

Café Botani

Ce matin, je commence par les toasts dorées à l'appartement avant de me rendre au café Botani à quelques minutes de là. Je commence à avoir envie de nager, c'est quand même toujours un peu compliqué ici les histoires d'abonnements, pas moyen de juste y aller, payer 5$, nager 30 minutes, il faut tout un forfait. Je vais trouver. Je passe donc plusieurs heures au café. J'écris ceci, la journée est magnifique dehors, je vais aller lire quelque part tantôt. À suivre. J'improvise. Puis au retour, un concert tout près de mon appartement.

21 juillet @ LunÀtico
Tony Malabi Quartet [Tim Berne (sax alto), Brandon Lopez (contrebasse), Tony Malabi (sax ténor, sax soprano), Tom Rainey (drums)

samedi 17 février 2024

studio du Québec à NYC : épilogue 4, jour 199 sur 151

J'ai relu ce blog NYC cette semaine. Je continue le bilan, cette fois en m'attardant au travail très concret de rédaction et demandes en toutes sortes. J'en fait un palmarès de toutes les fois où je mentionne travailler sur telle ou telle affaire.

Ces chiffres, c'est si peu quand on les voit comme ça! Il y en a plus, c'est certain. Mais je fais l'exercice de relecture stricte du blog.

Tournée en duo en novembre 2024
- 22 journées de travail
- 1 demande de subvention (la réponse viendra en avril 2024)
- le travail se poursuit aujourd'hui encore

Vinyle en duo, enregistré au printemps 2023
- 11 journées de travail, surtout sur le mastering et la pochette
- projet en attente de se poursuivre

Appliquer à une résidence à Berlin
- 8 journées de travail
- la réponse viendra l'été prochain (!!!)

Ce projet impliquant 9 musicien·nes, à venir en 2024-2025
- 2 journées comptabilitées pour essuyer le refus, en réalité une semaine ou deux
- 5 journées de rédaction pour réécrire la demande et redéposer (la réponse viendra en février 2024 là là)
- projet en attente de se poursuivre sous une forme ou une autre

GGRIL
- 7 journées de travail, surtout l'appel d'œuvres
- excluant les journées à Rimouski pendant ma sortie de 7 jours en octobre
- d'autres projets de poursuivent, j'en prends moins

Projet secret avec le musée et un violoncelle spécial
- 3 journées de travail
- le projet commence vraiment ces jours-ci, beaucoup de journées de travail
- est-ce que j'en fais une demande de subvention?

Appliquer à une résidence à Québec
- 2 journées de travail
- refus reçu quelques semaines plus tard

Appliquer à un festival à Québec
- 2 journées de travail
- projet accepté quelques semaines plus tard
- travail à venir

Appliquer à un certain festival à Victoriaville
- 1 journée de travail
- refus reçu la semaine passée

Appliquer à un festival à Montréal en 2025
- 1 journée de travail
- aucune réponse





mardi 13 février 2024

studio du Québec à NYC : épilogue 3, jour 195 sur 151

mardi 9 janvier : réunion du GGRIL / rien
mercredi 10 janvier : rien / 
jeudi 11 janvier : rien / 
vendredi 12 janvier : pratique du GIC,LE / rien
samedi 13 janvier : rien
dimanche 14 janvier : rien
lundi 15 janvier : cours de ballet / rien
mardi 16 janvier : dentiste / rien
mercredi 17 janvier : rien
jeudi 18 janvier : yoga / rien
vendredi 19 janvier : rien
samedi 20 janvier : piscine avec le GNQ / rien

dimanche 21 janvier @ salle Henri-Gagnon de l'Université Laval
Concert « Opus 10 » Sine nomine de Québec
44 duos de Béla Bartók [Émilie Auclair (violon), Samuel Blanchette-Gagnon (piano), Marie-Julie Chagnon (clarinettes), Étienne Chénard (alto), Stéphane Fontaine (clarinettes), Hibiki Kobayashi (violon), Joyce Lai (violon), Jean-Hee Lee (violon), Ryan Molzan (violoncelle), Jean-Luc Plourde (alto), Aleksey Shegolev (arrangements), Ian Simpson (contrebasse), Andras Weber (violoncelle)]

Bonne idée de présenter un concert complet de ces duos. Pourquoi pas. Les paires d'instruments s'alternaient de toutes sortes de façon. 10 des 44 duos bénéficiaient d'arrangements très efficaces de Aleksey Shegolev.

lundi 22 janvier : cours de ballet / rien
mardi 23 janvier : rien
mercredi 24 janvier : jam / rien
jeudi 25 janvier : pratique du GIC,LE / yoga / rien
vendredi 26 janvier : rien
samedi 27 janvier : rien
dimanche 28 janvier : rien
lundi 29 janvier : cours de ballet / rien
mardi 30 janvier : contrat d'œil extérieur en danse / rien
mercredi 31 janvier : rien

jeudi 1er février @ CJC
Concert : EMIQ aléas de foudre #1
EMIQ Ensemble de musique improvisée de Québec [trio 1 [Léo Azzaria (électroniques), Émile Couture (cuve), Jean Laflamme (sax soprano)], trio 2 [Pascal Landry (guitare classique), Mathieu Lef Bouchard (piano), Mathieu P. Lapierre (voix, cassette)], trio 3 [Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Raymond Carruthers (trombone), Miriane Rouillard (flûte traversière)], duo 1 [Luke Dawson (contrebasse), Thomas Gauthier-Lang (sax ténor)], duo 2 [Tristan Alantar (violoncelle), Eva Dannika Gekas (trompette)], quintette 1 [Tristan Alantar (violoncelle), Léo Azzaria (électroniques), Pascal Landry (guitare classique), Mathieu Lef Bouchard (piano), Mathieu P. Lapierre (voix, cassette)], quintette 2 [Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Raymond Carruthers (trombone), Émile Couture (cuve), Luke Dawson (contrebasse), Jean Laflamme (sax soprano)], quatuor 1 [Marie-Loup Cottinet (violoncelle), Thomas Gauthier-Lang (sax ténor), Eva Dannika Gekas (trompette), Miriane Rouillard (flûte traversière)]]

J'ai organisé ça sans trop me casser la gueule dans l'admin. J'ai utilisé le principe Open Box auquel j'avais participé à New York. Le public et les musicien·nes (moi inclus) ont adoré. On récidive pour mars, si je peux recevoir une confirmation.

vendredi 2 février @ Arquemuse
Creuser le ciel : récital de flûte et piano
textes de Virginia Woolf, Sappho, François Pétrarque, Ludwig van Beethoven [Nathalie Fontalvo (récitante)]
Requiem Milonga de Valerie Coleman [Fabienne Gosselin (piano), Geneviève Savoie (flûte traversière)]
I conversed with you in a dream de Jocelyn Morlock [Fabienne Gosselin (piano), Geneviève Savoie (flûte traversière)]
Sonate pour flûte et piano op. 29 de Rachel Laurin [Fabienne Gosselin (piano), Geneviève Savoie (flûte traversière)]
Dolce Tormento de Kaija Saariaho [Geneviève Savoie (piccolo)]
Sprung Testament de Zosha Di Castri [Fabienne Gosselin (piano, percussions), Geneviève Savoie (flûte traversière)]

Salle comble à l'Arquemuse pour un concert de musique contemporaine, c'est génial. Public divers, mais assez familial, beaucoup de jeunes. Le concert commence par la lecture d'un texte de Virginia Woolf où on entend « Mais il n'existe pas de Shakespeare, pas de Beethoven; certainement une fois pour toutes. Dieu n'existe pas. » Wow, voilà des artistes qui n'ont pas peur des mots. Avant la deuxième pièce, un texte de Sappho « Je ne sais quel désir me garde possédée / De mourir, et de voir les rives / Des lotus, dessous la rosée. / Et moi, tu m'as oubliée. ». À la fin, lecture d'une lettre testament de Beethoven à ses frères. On est dans la mort, le désir, l'art. Sacrament. Choix de pièces impeccable.

samedi 3 février @ Conservatoire de musique de Québec
Tournée inaugurale de l'ensemble Éclat
Trabum de Adrien Trybucki [Jeanne-Sophie Baron (violon), William Boivin (contrebasse), Thomas Cardoso-Grant (électroniques), Paul Çelebi (piano), Charles Chiovato Rambaldo (percussions, vibraphone), Jeanne Côté (violon), Audréanne Filion (violoncelle), Charles-Eric Fontaine (direction), Léo Guiollot (percussions), Alex Huyghebaert (flûte basse), Charlotte Layec (clarinettes), Luka Marcoux (hautbois), David Montreuil (alto)]
Liebeslied de Hans Abrahamsen [Jeanne-Sophie Baron (violon), William Boivin (contrebasse), Paul Çelebi (piano), Charles Chiovato Rambaldo (percussions, vibraphone), Jeanne Côté (violon), Audréanne Filion (violoncelle), Charles-Eric Fontaine (direction), Léo Guiollot (percussions), Alex Huyghebaert (flûte), Charlotte Layec (clarinettes), Antoine Malette-Chénier (harpe), Luka Marcoux (hautbois), David Montreuil (alto)]
Rain Spell de Tōru Takemitsu [Paul Çelebi (piano), Charles Chiovato Rambaldo (vibraphone), Alex Huyghebaert (flûte), Charlotte Layec (clarinette), Antoine Malette-Chénier (harpe)]
Fall de Kaija Saariaho [Antoine Malette-Chénier (harpe), Thomas Cardoso-Grant (électroniques)]
Au bord de la nuit de Quentin Lauvray [Jeanne-Sophie Baron (violon), William Boivin (contrebasse), Thomas Cardoso-Grant (électroniques)Paul Çelebi (piano), Charles Chiovato Rambaldo (percussions, vibraphone), Jeanne Côté (violon), Audréanne Filion (violoncelle), Charles-Eric Fontaine (direction), Léo Guiollot (percussions), Alex Huyghebaert (flûte), Charlotte Layec (clarinettes), Antoine Malette-Chénier (harpe), Luka Marcoux (hautbois), David Montreuil (alto)]

Les Montréalais de passage à Québec en formule intime, le public d'une vingtaines de personnes entassées pour laisser la place au petit orchestre de chambre. Je me demande combien ça coûte déplacer 14 musicien·nes comme ça aller-retour, plus 2 personnes à l'administration et je ne sais quoi d'autre. Au minimum disons des cachets concert 200$ chaque et 150$ de transport à 6 voitures = 4000$. Je trouve ça génial qu'il reste des organisations avec du cash comme ça pour faire circuler la culture.

Le chef présente (un peu trop?) les pièces et la composition du programme. On sent la rédaction de demandes de subventions. Mais on sent son honnêteté. Un vrai passionné avec un projet à long terme. Il insiste sur l'excellence, et c'est ce qu'on retient du concert.

dimanche 4 février : rien
lundi 5 février : cours de ballet / rien
mardi 6 février : rien
mercredi 7 février : rendez-vous spécial musée / jam / rien
jeudi 8 février : physiatre / yoga / rien
vendredi 9 février : pratique du GIC,LE / Vendredi de poésie pour Lux (invité)
samedi 10 février : rien

dimanche 11 février @ Charpente des fauves
Le retour du dragon, célébration du nouvel an lunaire
Organisation et commissariat : Mai Bach-Ngoc Nguyen dans le cadre du Mois Multi
Francis O’Shaughnessy (performance)
Joliz Dela Peña (performance)
My-Van Dam (performance)

lundi 12 février : rien
mardi 13 février : rien  


mardi 9 janvier 2024

studio du Québec à NYC : épilogue 2, jour 160 sur 151

Qu'est-ce que je fais depuis mon retour à Québec?

lundi 1er janvier 

obstinage avec T-Mobile pour récupérer mes preuves de paiement (il fallait que je puisse recevoir un code par message texte de leur part, sur mon numéro de téléphone américain que je n'utilise plus), retour de mon oiseau le Marquis de Saint-Loup, PQ à l'appartement, magasinage en ligne ikea pour trouver une bibliothèque que je ne trouve pas et qui aurait été trop chère, tisane avec un ami en soirée. Pas de concert.

mardi 2 janvier 

grosse épicerie en ligne, jouer du piano pour la première fois en 5 mois (je n'ai rien oublié), écouter des tutoriels de peinture d'appartement sur youtube, aller chez une amie pas loin qui a de la visite. Pas de concert.

mercredi 3 janvier 

peinture toute la journée des quelques bouts de murs de mon appartement dont la couleur me dérange depuis 5 ans, café à la brûlerie vraiment « par dépit ».

3 janvier @ Ste-Angèle, Québec
mercredis neo soul [André Larue (sax), Antoine Lemieux-Rinfret (clavier), Marco Noël (basse électrique), David Vargas (batterie)]

jeudi 4 janvier

peinture suite et fin, rendez-vous coiffure, magasinage d'étagère dans l'usagé. Pas de concert.

vendredi 5 janvier

début du bilan des musicien·nes, nage, café, sortie avec deux amis dans un bar « par dépit» où la musique et les gens sont horribles. Pas de concert.

samedi 6 janvier

brunch, magasinage pour des bas, niaisage en soirée. Pas de concert.

dimanche 7 janvier

bilan des musicien·nes et des lieux toute la journée non stop de 11 h à 19 h. Après j'ai fait mon rattrapage cinéma : Barbie et Saltburn. Bof. Pas de concert.

lundi 8 janvier

bilan des musicien·nes et des lieux suite et fin, création des images plus bas, travail sur l'organisation de ma tournée en novembre 2024. Nage en début de soirée.

8 janver @ Ste-Angèle, Québec
lundis free jazz [Bob Ste-Angèle (guitare électrique), Pierre Côté (contrebasse), ??? (sax alto), ??? (sax ténor), ??? (batterie), ??? (piano)]

Pour ces gens là, le « free jazz » ça veut dire jouer des standards de jazz, mais de façon plus informelle que d'habitude, même intégrer un jam de 15 minutes « en do mineur » au milieu. D'excellents musiciens, surtout le guitariste et le contrebassiste. Mais leur définition du free jazz n'est pas la même que celle qui décrit l'intensité d'un John Coltrane sur Interstellar Space, ou n'importe quel enregistrement de Anthony Braxton, John Zorn, finalement n'importe qui qu'on associe au free jazz, n'importe quelle définition acceptée du free jazz.

On n'est pas là du tout, je suis déçu. Je m'étais même imaginer jouer là un jour. Je peux jouer et créer quelque chose d'incroyable avec des musicien·nes free jazz avec mon approche de la musique improvisée au violoncelle, mais je ne pourrai jamais satisfaire quelqu'un qui demande avant de commencer si on connait tel ou tel standard de jazz. Free jazz, jazz libre oui, mais aussi libérer le jazz, le libérer des conventions, des standards, des accords, du tempo même. Est-ce que j'avais espoir en entendant parler des nouveaux lundis free jazz? Ça m'apprendra.

Ce qui me dérange le plus, c'est que le free jazz, la free music en général, représente pour ses artistes une démarche sérieuse, on passe une vie à travailler ça! Et ici le terme « free jazz » est réapproprié pour vouloir dire le contraire, pour qualifier une attitude plus lousse, sans recherche de sortir des sentiers battus, sans l'urgence de créer. Et je ne m'embarque même pas sur les questions d'identité... j'ai entendu dans ma face à NYC le son de l'expérience noire américaine, ce souffle unique, exceptionnel, inimitable dont on sent la profondeur des racines, la souffrance, l'amour, la libération d'un peuple qui demeure opprimé. Qu'est-ce qu'on fait avec ça à Québec, la monoculture mononcle insulaire? Mais les musiciens (que des hommes en jazz, sauf une chanteuse desfois) sont bons. Ils doivent y penser. J'espère qu'ils pensent à tout ça de temps en temps, entre l'épicerie et le changement de pneus. 

Ceci dit, longue vie aux lundis free jazz, mais appelons ça plutôt les lundis jazz informel. Et ça me donne le goût de réécouter, les yeux pleins d'eau, chaque fois saisi par son intensité, le Olatunji Concert de John Coltrane.

mardi 9 janvier

bilan des sessions NYC, réunion zoom en soirée. Pas de concert.

Quelques documents infographiques pour accompagner mes bilans






Enregistrements

Voilà. Et maintenant un bilan des sessions que j'hésite à rendre public. Je me dis, ces sessions ont été enregistrées avec les moyens du bord (mon cell pour la plupart), pour garder un souvenir et possiblement analyser, c'est-à-dire réécouter et dégager les éléments qui ressortent de ce processus — fascinant? — de la rencontre musicale en direct. J'ai envie quand même de créer un petit album non officiel. Beaucoup de minutes d'écoute à faire!

27 août 2023 : session avec K. W. (cornet à piston, électroniques)
Track 1 - 37 min. 29 s.
Track 2* - 43 min. 22 s.
*sortie sur CUCH​-​221 - CUCH​-​2023, compilation 2023 de Cuchabata Records

18 septembre 2023 : concert avec A. P. (cor français) et I. W. (contrebasse)
Track 1 - 29 min. 59 s.

22 octobre 2023 : concert avec S. K. (piccolo)
Vidéo 1 - 15 min. 21 s.

1er novembre 2023 : session avec C. S. (contrebasse)
Track 1 - 48 min. 07 s.

20 novembre 2023 : session avec S.-Y. L. (piano)
Track 1 - 15 min. 45 s.
Track 2 - 11 min. 50 s.
Track 3 - 29 min. 39 s.

26 novembre 2023 : session avec S. S. (violon)
Track 1 - 30 min. 10 s.
Track 2 - 38 min. 47 s.
Track 3 - 31 min. 36 s.

12 décembre 2023 : session avec H. B.-Y. (clavier)
Track 1 - 60 min. 47 s.
Track 2 - 19 min. 43 s.

17 décembre 2023 : session avec T. F. (voix, électroniques) et C. S. (contrebasse)
Track 1 - 58 min. 58 s.

18 décembre 2023 : session avec C. P. (guitare électrique)
Track 1 - 46 min. 38 s.
Track 2 - 13 min. 50 s.

20 décembre 2023 : session avec L. L. (électroniques)
Vidéo 1 - 52 min. 11 s.

28 décembre 2023 : session avec K. W. (cornet à piston)
Track 1 - 53 min 12 s.



 

dimanche 7 janvier 2024

studio du Québec à NYC : épilogue 1, jour 158 sur 151

Pourquoi fait-on des bilans? Pour se souvenir, pour faire remonter à la surface les impressions du mois d'août passé, par exemple, le revivre un peu alors que le présent est moche. Pour s'accrocher à ce qui vient de se passer et s'éloigne si vite déjà, au point de ressembler à une fiction. Mon séjour au studio du Québec à New York prend rapidement une forme imprécise et distante, en quelques jours, comme un rêve dont on tente en vain de conserver l'émotion qu'on sent avoir été si vive. Je regagne mon minuscule appartement, dans cette ville où il ne se passe rien. Et rien n'a changé ici, évidemment. Les cheveux ont poussé pour certains, rapetissé pour d'autres. Les gens sont un peu plus fatigués qu'avant. Ceux qui sont malades sont plus malades qu'avant; ceux qui ne l'étaient pas le deviendront sous peu, si ce n'est déjà fait. Le froid agresse et fige la ville en un piège où on peine à respirer. Absolument aucune queerness n'est visible.

J'ai passé 140 jours à New York

Voici un premier bilan qui mesure ce qui est mesurable de mon expérience. C'est si peu important, de compter, de comptabiliser tout ça, mais en même temps ça donne un point de départ, une pogne facile sur quelque chose, les chiffres.

On fait des bilans aussi parce qu'on a des comptes à rendre : la rédaction du rapport d'utilisation de bourse vient de s'ajouter en gros feutre baveux sur ma liste de choses à faire.

Pour le compte, j'ai passé 140 jours à New York entre le 1er août et le 31 décembre 2024.
30 jours en août, car mon vol a été retardé au 2 août au lieu du 1er août;
30 jours en septembre comme il se doit
24 jours en octobre, car je suis parti jouer avec le GGRIL à Rimouski 3 jours (+2 jours de transport à l'aller + 2 jours de transport au retour)
26 jours en novembre, car j'ai fait mon petit aller-retour à Montréal pour voir trois concerts en trois jours et un peu de transport, dont « monnomest » par l'Ensemble SuperMusique, que Joane Hétu me dédie.
30 jours en décembre, car je suis parti le 31 décembre tellement tôt que ça ne compte pas. 

J'ai été nager 31 fois à New York

Quand je compile avoir été nager 31 fois à NYC, dans 2 piscines différentes, et avoir suivi 12 classes de yoga, ça ne parle pas des rencontres faites en chemin, des paysages vus et emmagasinés sur la route de chez moi au Community Center at Stuyvesant High School, qui s'est peuplée de repères et de souvenirs : la Dream House, par exemple, devant laquelle je suis passé pendant 3 mois sans savoir qu'elle était là, le café Laughing Man qui appartient à Hugh Jackman et où on m'a donné un muffin une fois, le café Joe and the Juice près du coin Warren St où il y a aussi un Whole Foods où j'ai été faire l'épicerie quelques fois en revenant de nager, le bar Belle Rêve (eh oui!) où il y a l'animatrice déjantée Glace Chase, mais vraiment pas souvent, l'ancien loft de Yoko Ono, le magasin d'instruments à cordes Finlay + Gage qui ne m'ont jamais rappelé après deux emails et trois appels (too bad pour eux),  N. à qui je me rappelle que je chattais en marchant sur cette route là, le bord de l'eau avec ses coureurs l'été, l'autre rive où on aperçoit les plateaux d'atterrissage d'hélicoptère sur le top des gratte-ciels, tous les reflets dans l'eau, enfin l'eau de la piscine elle-même, un peu salée, les vestiaires dont le sol est toujours mouillé et pas super propre, le personnel à l'entrée qui me reconnait, le dépanneur à côté où j'allais m'acheter une barre Cliff et toutes les fois où j'ai combiné une nage de 19 h à 20 h et un concert à The Stone flush à 20 h 30. 

Au fait, ma carte d'abonnement au CCSHS est valide pour un an. Gageons que je serai de retour pour en profiter au moins une fois d'ici son échéance en août 2024. Objectif?

J'ai vu 341 musicien·nes à New York, dans 170 formations lors de 96 concerts dans 48 lieux

Le décompte de ce que j'ai vu sur scène ne prend pas en considération les rencontres après les concerts, ou parmi l'auditoire, qui sont parfois les plus importantes. Je n'ai pas pris de notes sur celles là, l'expérience organique de s'intégrer à une communauté ne se mesure pas par les chiffres. J'ai toutefois bien noté tous les concerts auxquels j'assistais... sauf un, que je viens de prendre près de deux heures à retracer. Je suis un complétiste.

Parmi les 48 lieux que j'ai fréquentés pour 96 concerts, 27 étaient situés à Manhattan, 20 à Brooklyn et 1 à Queens. Je me suis donc promené pas mal, assistant à 57 concerts à Manhattan (je me suis rendu à pied à environ la moitié de ceux-ci), 38 à Brooklyn et 1 à Queens.

Certains concerts étaient gratuits, certains suggéraient une contribution, la plupart exigeaient une contribution non officielle, d'autres fonctionnaient par billetterie. J'ai été invité à quelques concerts, soit par un ami, soit en faisant mettre mon nom sur la liste des gratuités. En tout, j'ai dépensé 1659,20$ dollars canadiens pour des concerts, pour une moyenne, un peu trompeuse vu les circonstances, de 17$ par concert. 

Les musicien·nes que j'ai vu·es se produisent souvent dans des formations ad hoc, crées à l'occasion d'un soir seulement. Ça fait partie de la pratique de la musique improvisée. Parmi les 170 formations que j'ai vues, outre 32 solos, il y a eu 85 ensembles ad hoc qui ne portaient pas de nom : 41 duos, 31 trios, 7 quartets, 2 quintettes, 3 sextets et 1 octet. Les autres 53 formations étaient bien nommées ou associées de si près à un projet précis, que je les ai classées selon ce projet.

Enfin, 341 musicien·nes, c'est beaucoup de monde. Mais je ne me suis concentré que sur les solistes, les chambristes, les musicien·nes de création. Par exemple, je n'ai pas compté la trentaine de membres de l'orchestre NYPhil, ni les quelques danseur·euses-guitaristes que j'ai vu dans le seul spectacle de danse auquel j'ai assité; j'ai toutefois compté deux poètes et une artiste visuelle qui, tant qu'à moi, faisaient partie intégrante de la musique que j'avais sous les yeux et dans les oreilles au moment où ça se passait.

En révisant tout ceci — j'avoue que ce fut un gros travail — je me rends compte qu'à la lecture de la plupart des noms des musicien·nes vient une impression, une énergie, la saveur propre à l'artiste qu'ils identifient. Même chose pour les lieux, où je me vois prendre place à tel ou tel endroit.

Liste des 48 lieux et combien de fois j'y ai été en 96 concerts

15 × The Stone at the New School
9 × P.I.T. Property is Theft
8 × Downtown Music Gallery
4 × Record Shop
3 × Houghton Hall Arts Community's Josef Jefferson Room
3 × Public Records Sound Room
3 × Sisters
2 × Dream House
2 × First Street Green Cultural Park
2 × iBeam
2 × Miller Theatre at Columbia University
2 × Roulette
2 × Storefront for Art and Architecture
2 × Times Square
2 × Wu Tsai Theater, David Geffen Hall, Lincoln Center
2 × Brooklyn Art Haus
2 × Center for Art, Research and Alliances

1 ×
"In the back"
Artists Space
Arts for Art InGardens
Bar Laika
Bryant Park
Dixon Place
First Unitarian
Fotografiska Museum
Freddy's
High Line
Jazz Gallery
l'appartement de Olive
l'appartement de Selendis
MISE-EN_PLACE
New York City AIDS Memorial
Nublu
NYU Skirball
Ore bar
Ornitology Cafe
Ornitology Jazz
Prospect Series Apt
radicle wine
Steinway Hall
Studio du Québec à New York
The Parkside Lodge
TheaterLab
Thomas Erben Gallery
Threes Brewing
trans-pecos
Union Pool
Wee Space

Liste des 170 formations et combien de fois je les ai vues

32 × ad hoc solos
41 × ad hoc duos
31 × ad hoc trios
7 × ad hoc quartets
2 × ad hoc quintet
3 × ad hoc sextets
1 × ad hoc octet

3 × Darlin'
2  × AM/FM
2 × Creative Music Studio Improvisers Ensemble
2 × Hypersurface
2 × JACK Quartet
2 × Many Many Girls
2 × Nate Wooley's Mutual Aid Music
2 × NYPhil
2 × The Ghost
2 × Toadal Package

1 ×
75 Dollar Bill Little Big Band
Aaron Dilloway x Evil Moisture
Alexis Blake : Crack Nerve Boogie Swerve
Alon Benjamini Trio
Amirtha Kidambi’s Elder Ones
Angel of Air/ Angel of Water
Antivoid
Arthur Russell, City Park Ensemble
ARTIFACTS
Basquiat Blues
Beam Splitter
BK
Black Renaissance Fair
Blacks' Myths
Chris Williams Trio
Cobra Ensemble
Doom Rodeo
Dream House Installation
Electric Snowfall
Eli Wallace Quintet
Flip City
Florian Herzog "Store Reset”
Grout
HxH
Immanuel Wilkins Quartet
Like a Drawing
Live Low to the Earth in the Iron Age
LN Celestine
Lynn Ligammari trio
Michael Foster with Strings
Open Box ensembles
Palenque Monastery
Patrick Golden Group
PROTEST
sadnoise
Sam Newsome Trio
Shimmer Wince
Sinonó
Studies in The Bowed Disc
TAKEMEHOME
the Chutneys
The Throw
Tomeka Reid Quartet

Liste des 341 musicien·nes et combien de fois je les ai vu·es en concert

11 × Lester St. Louis (violoncelle, laptop, électroniques, objets, contrebasse)
9 × gabby fluke-mogul (violon amplifié, violon)
8 × Ikue Mori (électroniques)
8 × Brandon Lopez (contrebasse)
8 × James Paul Nadien (batterie)
7 × Kwami Winfield (trompette, électroniques, objets)
7 × Selendis Sebastian Alexander Johnson (trombone, vibraphone, objets, direction)
6 × Wendy Eisenberg (guitare électrique, voix)
5 × Michael Foster (sax ténor, sax soprano)
5 × Ches Smith (batterie, percussions)
5 × Hans Young-Binter (clavier Nord, Fender Rhodes)
4 × Carlo Costa (batterie, objets)
4 × Joanna Mattrey (alto)
4 × Lori Goldston (violoncelle amplifié, violoncelle)
4 × « Melvin Bauer » (batterie)
4 × Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle)
4 × Rocío Díaz de Cossio (violoncelle)
4 × Sandy Ewen (guitare électrique préparée)
3 × Alfredo Colón (sax, électroniques, ewi)
3 × Brenna Rey (basse électrique, guitare électrique préparée)
3 × Cecilia Lopez (synthétiseur analogue, électroniques, sculpture de fils)
3 × Chris Cochrane (guitare électrique)
3 × Drew Wesely (guitare électrique préparée)
3 × Fred Moten (poésie)
3 × Henry Fraser (contrebasse)
3 × Josh Modney (violon)
3 × Leila Bordreuil (violoncelle, feedback, électroniques)
3 × Lesley Mok (batterie)
3 × Levi Lu (électroniques, percussion corporelle, voix, violon)
3 × Madison Greenstone (clarinette, clarinette basse)
3 × Marc Edwards (batterie)
3 × Matt Hollenberg (bass VI)
3 × Marc Edwards (batterie)
3 × Nate Wooley (trompette)
3 × Ryan Sawyer (batterie)
3 × Sae Hashimoto (vibraphone, percussions)
3 × Sally Gates (guitare électrique)
3 × Samantha Kochis (piccolo, flûte traversière)
3 × Sean Ali (contrebasse, contrebasse préparée)
3 × Sofia Borges (batterie, panneaux de verre amplifiés)
3 × Todd Neufeld (guitare)
3 × Tom Rainey (batterie)
3 × Warren (Trae) Crudup III (batterie)
3 × Webb Crawford (guitare électrique, vielle à roue type symphonium)
2 × Aliya Ultan (violoncelle)
2 × Amirtha Kidambi (voix)
2 × Ani Blech (électroniques, objets)
2 × Anthime Miller (violoncelle, voix, piano, composition)
2 × Ava Mendoza (guitare électrique)
2 × Brian Chase (drums)
2 × Caleb Smith (trombone)
2 × Caroline Davis (sax, voix)
2 × Caroline Morton (contrebasse)
2 × Che Buford (violon)
2 × Che Chen (guitare électrique, composition)
2 × Chris Corsano (batterie)
2 × Chris Williams (trompette, laptop, électriques)
2 × Christopher Otto (violon)
2 × Cosmo Gallaro (guitare électrique)
2 × Craig Taborn (piano)
2 × Daniel Carter (saxophones, trompette, flûte)
2 × David Grollman (caisse claire, ballons, poésie, objets)
2 × Dave Sewelson (sax baryton)
2 × David Fulmer (violon)
2 × David Leon (sax)
2 × Erik Friedlander (violoncelle)
2 × Francisco de la Garza (sax)
2 × Fred Frith (guitare électrique, violon)
2 × Gian Perez (guitare électrique)
2 × Henry Plotnick (piano)
2 × Ingrid Laubrock (sax ténor, sax soprano)
2 × Iván Barenboim (clarinette contralto, clarinette contrebasse)
2 × Jay Campbell (violoncelle)
2 × Joey Sullivan (batterie)
2 × John Richards (alto)
2 × Jon Elbaz (piano électronique)
2 × Jorge Roeder (contrebasse)
2 × Kenneth Jimenez (contrebasse)
2 × Lemuel Marc (trompette)
2 × Lotte Anker (sax soprano, sax alto)
2 × Luisa Muhr (voix)
2 × Luke Stewart (basse électrique, contrebasse, électroniques)
2 × Mariel Roberts (violoncelle)
2 × Matt Nelson (sax soprano, sax ténor)
2 × Melissa Almaguer (claquettes)
2 × Michael Gilbert (basse électrique)
2 × Michael Nicolas (violoncelle)
2 × Nava Dunkelman (percussions)
2 × Ned Rothenberg (sax, clarinette, shakuhachi)
2 × NY Phil
2 × Orchid McRae (batterie, percussions)
2 × Ricardo Gallo (piano)
2 × Riley? (élastiques amplifiés, électroniques)
2 × Shahzad Ismaily (guitare électrique)
2 × Shinya Lin (électroniques, alto)
2 × Shoko Nagai (accordéon, électroniques)
2 × Signe Emmeluth (sax)
2 × Simon Kanzler (électroniques)
2 × Steve Hirsh (batterie)
2 × Thad Palmer (trompette)
2 × Tomeka Reid (violoncelle, composition)
2 × Tor Snyder (batterie)
2 × Weston Olencki (field drum, programmation, woodblocks, trombone)
2 × Zeena Parkins (harpe électrique, électroniques)

1 ×
??? (trompette)
??? (batterie)
??? (contrebasse)
??? (percussions)
??? (contrebasse)
??? (drums)
??? (flûte traversière, piccolo, percussions)
??? (guitare électrique)
??? (guitare électrique)
??? (piano)
??? (sax)
??? (voix)
A. Helicopter (sax)
Aaron Dilloway (duo lecteurs de bandes magnétiques, électroniques)
Aaron Pond (cor français, voix, flûtes)
Aaron Quinn (guitare)
Aaron Rubinstein (guitare électrique)
Abe Mamet aka Abram Wolfe (cor français)
Adam Lane (contrebasse)
Adam O'Farrill (trompette)
Aidan O'Connell (contrebasse)
AJ Medeiros (trombone)
Alex Mincek (sax ténor)
Alex Waterman (violoncelle)
Alexandra Simpson (alto)
Alon Benjamini (drums)
Anaïs Maviel (voix)
Anka Raczynska (alto, alto électrique, électroniques)
Anna Abondolo (contrebasse)
Anna Webber (sax ténor, flûte traversière, flûte basse)
Anthony Coleman (piano)
Aquiles Navarro (trompette)
Audrey Chen (voix, synthétiseur)
Austin Williamson (??)
Ava Vyvyan Avanti (alto, viole de gambe)
Barbara Hannigan (voix)
Barry Weisblat (percussion, électroniques)
Ben Bennett (percussions)
Benjamin Kendall (solo console, drum machine, cymbale amplifiée, mp3, voix)
Billy Martin (percussions, objets)
Bookworms (électroniques)
Brad Lubman (chef)
Brandon Terzakis (batterie)
Brian Marsella (piano)
C. Spencer Yeh (électroniques, violon)
Camila Nebbia (sax ténor)
Cecilia Vicuña (voix, poésie)
Celine Kang (guitare électrique)
Charmaine Lee (voix, électroniques)
Cheryl Kingan (sax)
Chris Williams (sax)
Christina Carminucci (claquettes)
Chuck Bettis (laptop, ipad)
Claire de Brunner (basson amplifié)
Clara Joy (guitare, voix)
Cleek Schrey (hardanger d’amore)
Cole Cotton (guitare électrique)
Colson Jimenez (contrebasse)
Crystal Penalosa (électroniques, voix)
Dafna Naphtali (électroniques, voix)
Dave Gould (batterie)
David Aaron (sax)
David Robertson (chef)
David Van Tieghem (batterie?)
David Wallace (cornemuse)
DJ Sandy Lane
Doyeon Kim (gayageum)
Dr. Evilletown (guitare électrique)
Ed Bear (sax baryton amplifié)
Eli Wallace (piano, percussions)
Elias Stemeseder (synth)
Ellen K [alto, voix, drum machine, électroniques]
Elliott Sharp (sax)
Emily Shapiro (clarinette basse)
Emmanuel Michael (guitare électrique)
Eric Wubbels (piano)
Erin Lesser (flûte traversière)
Evil Moisture (duo lecteurs de bandes magnétiques, électroniques)
Eyvind Kang (viole d’amour)
fall raye (sax)
Fast Forward (percussions)
Femi Shonuga-Fleming [solo électroniques, art sonore]
Florian Herzog (contrebasse, composition)
Francesca Remigi (batterie)
Franklin Rankin (guitare)
Fred Lonberg-Holm (violoncelle)
Gary Jones III (drums)
Gelsey Bell (voix)
Gene Coleman (flûte)
Guillermo Gregorio (clarinette)]
Henrik Munkeby Nørstebø (trombone, électroniques)
Henry Thayer (instruments inventés, voix, électroniques, projections)
Heru Shabaka-Ra (trompette, voix)
Hilliard Greene (contrebasse)
Ian Antonio (percussions)
Immanuel Wilkins (sax, composition)
Isabel Crespo Pardo (voix)
Ivy Woods (contrebasse)
Izzy Casey (poésie)
Jackson Earles (violon)
James McKain (sax ténor)
James Worsey (trombone)
Janice Lowe (piano, voix)
Jason Nazary (batterie)
Jason Roebke (contrebasse)
Jeff Barsky (guitare électrique)
Jen Sapiro (voix)
Jennifer Pyron (voix, électroniques)
Jerry Lim (guitare électrique, ipad)
Jim Pugliese (percussion)
John King (guitare électrique)
John Masso (sax)
John McCowen (clarinette contrebasse, flûte à bec)
John Moran (contrebasse)
John Zorn (composition, prompter)
Jose Fernando Solares (sax)
Josh Sinton (sax baryton)
Joshua Mathews (batterie)
Jung Hee Choi (archet sur disque de métal)
Kaelen Ghandhi (sax tenor)
Karen Waltuch (alto)
Kate Gentile (batterie)
Kate Soper (voix)
Katie Porter (clarinette basse)
Katinka Kleijn (violoncelle)
Kayla Kessler (contrebasse)
Ken Filiano (contrebasse)
Kenny Warren (trompette)
Kenny Wollesen (batterie, vibraphone)
Kevin Kenkel (électroniques, synthétiseurs)
Kevin Murray (batterie, percussion)
Kevin Norton (percussions, vibraphone)
Killick Hinds (genre de guitare électrique)
Kim Gordon (composition)
Kinan Azmeh (clarinette)
Kweku Sumbry (batterie)
La Monte Young (archet sur disque de métal)
Laura Cocks (flûte traversière, piccolo)
Layale Chaker (violon)
Layla Rose Greene (danse)
Lea Bertucci (voix, électroniques, bandes sur reel-to-reel)
Lia Simone Sachs (violoncelle)
Lucia Stavros (harpe)
Lynn Ligammari (sax ténor)
Makigami Koichi (voice, theremin)
Mallie Sanford (solo électroniques, lecteurs cassettes, cloches, xylophone en bois)
Marco Cappelli (guitare classique modifiée amplifiée)
Marian Zazeela
Marie Davidson (DJ)
Mark Helias (contrebasse)
Mary Halvorson (guitare électrique)
Mat Maneri (alto)
Matt Brewer (bass)
Matt Moran (vibraphone)
Maya Keren (piano)
Mercury Symbol aka Adonis Staten (no-input mixer, électroniques)
Micah Thomas (piano)
Michael TA Thompson (percussions)
Michał Dymny (guitare électrique)
Mike Reed (batterie)
Mike Troy (saxophone)
Miles Okazaki (guitare électrique)
Mir Naqibul Islam (tabla)
Naoki Iwakawa (peinture, performance)
Nat Baldwin (??)
Natalie Greffel (basse électrique, voix)
Nathan Chamberlain (guitare)
Nick Gianni (clarinette basse)
Nick Hallett (voix?)
Nick Panoutsos (contrebasse)
Nicolas Rastegar (basson, flûte traversière, harmonica, piano, composition)
Nicole Mitchell (flûte, voix)
Pablo Menares (contrebasse)
Patrick Brennan (direction, sax)
Patrick Golden (guitare électrique)
Paul Feitzinger (percussions amplifiées)
Peter Evans (trompette)
Peter Zummo (tables-tournantes?)]
Phong Tran (électroniques)
Rahul Carlberg (piano)
Randy Peterson (batterie)
Ras Moshe Burnett (sax ténor, flûte traversière)
Rat Porridge (électroniques, voix)
Ravi Coltrane (sax, effets)
Richard Edson (batterie)
Rick Brown (percussion, composition)
Roscoe Mitchell (saxophone basse, saxophone sopranino)
Russell Greenberg (percussion)
Ryan Easter (trompette)
Ryan Siegel (sax)
Sabrina Salamone (violon)
Sam Day Harmet (mandoline électrique, effets)
Sam Jones (trompette)
Sam Newsome (sax, objets)
Sam Pluta (électroniques)
Samantha Feliciano (harpe, voix)
Samara Lubelski (solo violon amplifié avec pédale de tremolo)
Samita Sinha (voix)
Santiago Leibson (piano)
Sara Schoenbeck (basson)
Sarah Bernstein (violon)
Scott Li (électroniques, violon électrique)
Shayna Dulberger (contrebasse)
Shelley Hirsch (poésie, voix)
Sita Chay (violon 5 cordes)
Stephen Gosling (piano)
Steve Baczkowski (solo sax)
Steve Maing (guitare électrique)
Steve Swell (trombone)
Sue Garner (basse électrique)
Sylvie Courvoisier (piano rhodes)
Takahito Inoue (vidéo)
Talice Lee (violon)
Taylor Levine (guitare électrique)
Teté Leguía (basse électrique préparée)
Theo Walentiny (clavier, effets)
Tim Dahl (basse électrique, voix)
Tivali Tanay Thomas aka DOLLNXTDOOR (électroniques, DJ, poésie, performance)
Tizia Zimmerman (accordéon)
TJ Milan-Bombara (sax)
Tom Oren (piano)
Tom Thayer (instruments inventés, voix, électroniques, projections, composition)
Tomas Fujiwara (batterie)
Tony Gedrich (contrebasse amplifiée, basse électrique)
Tony Malaby (sax tenor, sax soprano)
Trevor Dunn (basse électrique)
Val Jeanty (percussions électroniques)
Veronica Vasicka (DJ)
Victor Vieira-Branco (vibraphone)
Vivek Menon (violon)
Vorhees (guitare, électroniques)
Weasel Walter (guitare électrque)
William Hooker (batterie)
Yefim Bronfman (piano)
Yuma Uesaka (clarinette contrebasse)
Yura Lee (alto)
Zosha Warpeha (hardanger d’amore)

dimanche 31 décembre 2023

studio du Québec à NYC : jours 143-144-145-146-147-148-149-150-151 sur 151

21 décembre @ Dream House, Tribeca Manhattan
Studies in The Bowed Disc, de La Monte Young [Jung Hee Choi (archet sur disque de métal), La Monte Young (archet sur disque de métal)]
sur le disque de métal Gong for La Monte Young (1963), de Robert Morris
mis en lumière via Imagic Light, de Marian Zazeela et Environmental Composition 2017 #1 v. 2, de Jung Hee Choi

J'attends dehors pendant une bonne demi-heure. Il fait froid, on n'est pas habillé comme il faut, on est des New-Yorkais. Connaissant l'espace, je me demande comment tous ces gens vont entrer dans la Dream House. On entre enfin. 3 étages d'escaliers étroits. Il faut enlever les souliers, pas de photos, pas vidéos et on demande de garder le silence. J'aime bien l'atmosphère créée par ce silence, ces rares voix chuchotées. Finalement tout le monde entre sans problème, nous sommes assis en tailleur sur le tapis blanc de la Dream House, devant le Gong for La Monte Young de Robert Morris baignant dans la lumière magenta, bleue, mauve caractéristique de l'espace et de l'artiste visuelle Marian Zazeela qui la signe. Un temps passe, les notes de programme sont imprimées sur un papier blanc lustré très épais, j'ai l'œil pour la qualité. Parmi les textes, une demande de ne pas applaudir à la fin. Ok. Est-ce que tout le monde est au courant?

Puis La Monte Young entre, sa chaise roulante poussée par un assistant qui l'amène devant la photo de Pandit Pran Nath que j'avais remarquée lors de ma première visite. Je ne suis pas trop au courant de la teneur de cet autre personnage. La Monte Young a l'air d'un vieux motard, jeans noirs, veste pas de manche, avait-il même un manteau de cuir? une casquette de cuir? des lunettes soleil? La barbe blanche pointue pas du tout du style père Noël. Tout un look. Est-ce que c'est pour ça qu'il est passé derrière d'autres amateurs de sons étranges, mais habillés de chemises blanches? Il est aussi accompagné de Jung Hee Choi, une artiste à part entière, bien qu'elle ne soit connue principalement que comme disciple de Young et Zazeela.

La Monte Young est prêt, archet de contrebasse à la main, derrière le disque de métal dont il jouera dans le bas à gauche selon mon point de vue. Jung Hee Choi est prête, archet de contrebasse à la main, devant le disque de métal dont elle jouera dans le haut à droite selon mon point de vue.

C'est parti et dès le premier geste on a toute la pièce. 45 minutes au total? Le disque est amplifié et crée tout un univers de sons grinçants, enveloppants, qui vibrent parfois fort dans le grave, parfois ténus dans l'aigu. Les deux interprètes se regardent l'un·e l'autre de temps en temps, mais jamais leur regards ne se croiseront avant la fin.

Le style de jeu me surprend, c'est ce que je retiens de ce concert. Chacun·e à leur façon, les deux parviennent à jouer sans intention. C'est les mots qui me viennent : jouer sans intention. Sans affect, sans émotion. On me prêterait un gong et un archet de contrebasse en concert et je sais tout suite que j'en jouerais avec passion, avec tout mon corps, avec poésie, avec aplomb, avec fougue, avec retenue, avec nuance, enfin j'en jouerais comme je joue du violoncelle je suppose. Ici, on a quelque chose d'opposé à ça, et tout aussi intéressant. Les deux artistes jouent de l'archet sur le disque. C'est tout. Il y a une tâche à accomplir, et la tâche est de passer l'archet à leurs spots respectifs de chaque côté. Pas de faire une musique avec des hauts et des bas, une narration, une progression. Pas non plus une esthétique de maîtrise sonore statique où c'est tout le temps exactement le même son. Non, le son change, il se passe quelque chose, mais... oui l'intention est importante, ce choix, ce mode de jeu « sans intention » est une intention, l'intention zéro, ce n'est pas un hasard.

Puis c'est fini avec aussi peu d'intention que ça a commencé. Le disque finit de résonner. L'assistant vient chercher La Monte Young. Pas d'applaudissements, personne ne parle, personne ne tousse, personne n'a toussé du concert! J'en reviens pas, quel public! Les gens quittent, nous sommes un peu sonnés.

Vendredi 22 décembre

J'ai rendez-vous avec des amis sur zoom ce matin, c'est bien de se donner des nouvelles. Puis je fais le montage de la vidéo prise avec Levi Lu! Je suis fier du résultat, j'ai travaillé les couleurs, c'est beau. Et la musique est vraiment bien. Levi aime aussi.

Le volume de concerts a passablement diminué sur mon site préféré nyc-noise à l'approche de Noël. J'avais prévu aller voir le concert en l'honneur des 90 ans du grand Phil Niblock ce soir, mais finalement je vais prendre un café, je niaise, c'est correct. 

Samedi 23 décembre

Début de journée qui grafigne alors que le détecteur de fumée se met à couiner à toutes les 40 secondes. Je regarde des vidéos youtube qui m'apprennent que la pile qui doit être faible. Je stresse parce que je ne suis pas bien éveillé et je me demande si les gicleurs ne vont pas partir si je fais un faux mouvement en essayant de décrocher le détecteur. Je ne trouve pas d'interrupteur assigné au détecteur sur le panneau électrique. Le responsable de la Délégation ne répond pas. Je me prépare à sortir chercher une batterie au dépanneur. Juste avant de partir, je sors l'escabeau et manipule le détecteur très délicatement. Il se détache du plafond. Il n'était pas connecté à l'électricité! Je sors la batterie et ça arrête de crier. Enfin je peux réfléchir. Ah tiens, une date d'expiration sur le détecteur de fumée... 2021. Il pouvait bien crier.

Je pense aux Palestinien·nes, qui vivent sous le son des bombes, des drônes, des ambulances, des cris. Moi j'ai eu un « bip » aux 40 secondes pendant une heure et je n'aurais pas pu endurer ça plus longtemps, encore moins travailler, m'organiser, faire à manger, trouver des solutions à d'autres problèmes plus graves. Les réalités ne se comparent pas. Mes pensées inutiles pour Gaza, dans le gros appartement de riche au dessus des sacoches Chanel.

Tant qu'à être prêt à sortir, je passe une partie de la matinée au café, je ne suis jamais sorti aussi tôt de l'appartement. Tout est bien tranquille à 9 h dans Soho.

Pratique de violoncelle, je reprends le travail sur la Particule 2. Puis je vais rejoindre mes amis T. et J., on va souper ensemble avant d'aller voir le nouveau film de Miyazaki au AMC sur la 34e rue. Oui la 34e rue comme dans le film Miracle sur la 34e rue! 

Dimanche 24 décembre

Petite journée. Les anti-fourrure manifestent très près de chez moi devant le magasin Marc Jacobs. Ce sont les mêmes que j'avais vus et entendus près du Louis Vuitton il y a quelques semaines et que j'entendrai de nouveau au Woolrich (traduction libre : laine de riche) dans quelques jours, où on se dépêchera de laver l'attaque à la peinture rouge. Je vais nager en après-midi. Je soupe en lisant dans un petit café italien croisé sur le chemin en revenant. Je m'installe ensuite au violoncelle à l'appartement pour une rare pratique vespérale.

Lundi 25 décembre

Je passe une partie de l'après-midi à lire au Caffe Reggio, c'est bondé de monde. Puis direction Brooklyn pour non pas un, mais deux concerts.

25 décembre @ Ornitology Cafe, Bushwick Brooklyn
Alon Benjamini Trio [Alon Benjamini (drums), Pablo Menares (contrebasse), Tom Oren (piano)]

25 décembre @ Ornitology Jazz, Bushwick Brooklyn
quartet [Jon Elbaz (piano), Henry Fraser (contrebasse), James Paul Nadien (drums) , Mike Troy (saxophone)]
trio [??? (drums), ??? (guitare électrique), ??? (sax)]
duo [??? (voix), ??? (piano)] 

James Paul Nadien est l'un des musiciens que j'aurai vu le plus souvent au cours de mes 5 mois à New York. Ce n'est pas un hasard, il est vraiment bon, énergique, rapide, excessif, inventif, polyvalent, j'aime le voir jouer, et il joue en concert très souvent, toujours dans des contextes différents. Il travaille aussi à Downtown Music Gallery, ce magasin de disques où le propriétaire Bruce présente des concert gratuits de musique improvisée tous les mardis depuis 30 ans.

Je suis bien content de voir que James Paul Nadien joue au fameux club de jazz Ornitology, moi qui me disais justement que je n'avais encore vu aucun jazz dans cette ville si importante pour l'histoire (passée et actuelle) de cet autre pan de la musique. Ça me donne l'occasion d'y aller.

En arrivant à Ornitology par contre, James Paul Nadien n'est pas là et je me dis qu'il doit y avoir eu un changement de dernière minute. J'écoute le concert présenté à la place, un super bon trio à peine amplifié, qui joue leurs versions de pièces de Joni Mitchell. C'est drôle, mais c'est rare que des hommes jouent la musique d'une femme. Pensée comme ça. Les choses évoluent trop lentement. 

En payant ma tisane à la fin de la soirée, je demande au barman s'il reste encore de la musique. Il me dit que non, mais que juste à côté il y a un open jam ou je ne sais trop. Où ça? Au Ornitology. C'est pas ici, Ornitology? Oui, mais... Voilà pour l'anecdote, en bon touriste je ne savais pas qu'il y avait deux endroits distincts, appelés Ornitology, à la même adresse. Mon relevé de carte de crédit m'apprend que l'un est le Ornitology Cafe et l'autre le Ornitology Jazz. Et le rapport entre ornitologie et jazz? Assurément la pièce Ornitology du grand jazzman Charlie Parker, surnommé Bird, l'oiseau. Bon, alors je traverse et je vois la fin du show que j'étais venu voir.

À l'ère de la story instagram, les informations passent et s'autodétruisent bien vite. Je suis chanceux de retrouver sur le site web de Ornitology les noms des musiciens qui jouent officiellement ce soir là avec James Paul Nadien. Puis c'est une scène ouverte. J'aime l'organisation spontanée de la chose, suivant une certaine tradition, les musiciens qui veulent jouer s'assemblent et choisissent une pièce du répertoire. Ce n'est pas trop compliqué puisque le répertoire des standards de jazz dans ce genre de contexte se limite à peut-être 100-150 pièces que chaque jazzman qui se respecte a joué des milliers de fois. Il n'y a pas de présentation, personne ne semble en charge, un groupe se forme, joue une pièce (ça dure une quinzaine de minutes), puis cède la place, j'aime ça. Par contre qui dit standard dit standardisé : le sax joue le thème, puis se prend un solo sur quelques enchaînements des accords du thème, puis il y a un solo de piano ou de guitare ou de l'autre sax, puis l'autre et l'autre, se terminant immanquablement par le solo de batterie en formule 4 mesures instrumentales, 4 mesures batterie seule, 4 mesures instrumentales, 4 mesures batterie seule, etc.

Incursion dans le monde du jazz, donc. Super beau petit bar, bonne écoute de tout le monde, mais la vibe est vraiment différente des concerts de musique improvisée. Premièrement, il n'y a pas de femmes parmi les musiciens. Ou si peu à part d'une chanteuse ce soir là. J'avais oublié cette particularité du monde du jazz et du rock. Pas de femmes, encore moins de personnes trans ou de la diversité de genre. Ensuite, il y a comme une attitude de démonstration technique dans la musique; il semble que chaque soliste doit se prouver, effectuer des prouesses techniques. Au détriment de la musique? Enfin, je trouve que le format du tour de solos limite tellement les possibilités. Ça met tout le monde qui joue, sauf le soliste, en posture d'accompagnement passif alors qu'il pourrait y avoir un bouillonnement d'idées, une bousculade fertile, même en suivant la grille d'accords. C'est ce que j'apprécie des albums plus tardifs de John Coltrane (qui a fini par virer complètement free jazz) et Wayne Shorter (qui est resté plus traditionnel; son album Without a Net, enregistré en concert en 2013, est le meilleur jazz que j'ai jamais entendu : aucun tour de solo, ils y vont au pif selon l'inspiration, ils se coupent, s'influencent, c'est poignant).

Mardi 26 décembre

Rien à signaler en cette journée de l'entre Noël et jour de l'an, où même à New York il y a beaucoup moins d'offre culturelle. J'en profite pour retourner nager une dernière fois à la piscine du Community Center at Stuyvesant High School.

Mercredi 27 décembre

Rien à signaler en cette autre journée de l'entre Noël et jour de l'an. Je fais une bonne pratique de violoncelle, de retour au travail sur la Particule 2, ça avance. Je travaille un peu pour une réunion des comités du GGRIL. En fin de soirée vers 21 h, j'ai envie d'un morceau de gâteau dans une ambiance de café pour aller lire quelques pages de Proust. Eh bien, je suis à New York! le Caffe Reggio a tout ça, jusqu'à 3 h du matin si je veux, à quelques minutes de marche. Je tombe par hasard sur mon ami A., on en profite pour se faire nos adieux. Je vais m'ennuyer de ça à Québec, où même au centre-ville tout est fermé depuis longtemps à 20 h. Et ce qui est ouvert le reste du temps est loin d'être inspirant.

Jeudi 28 décembre

Je suis dans mon sprint final. La journée commence par une session avec K. W. à la trompette (techniquement, l'instrument dont elle joue s'appelle un cornet). On se rejoint à la galerie d'art pour laquelle elle s'implique, un bel espace DIY à la fois dans le feu de l'action, dans le très hip et trash quartier Bushwick à Brooklyn, et comme cachée, façade colorée parmi d'autres façades colorées sous les rails du métro aérien ici. En tout cas l'acoustique est bonne pour le violoncelle dans cette pièce, on joue vraiment bien ensemble. Et c'est un peu un moment de boucle bouclée, car K. W. est la première personne avec qui j'ai joué à New York, le 27 août dernier.

28 décembre @ Williamsburg Brooklyn
Darlin' [Wendy Eisenberg (guitare électrique), Ryan Sawyer (drums), Lester St. Louis (violoncelle)]

Un autre aller-retour à Brooklyn après être rentré porter le violoncelle et manger à la maison. J'aime revoir le trio Darlin' en ce 28 décembre, après les avoir vu une première fois le 1er septembre à Public Records, une salle de spectacle plus officielle où on leur avait donné du « gros » son. Ce soir, la batterie n'est pas amplifié et les idées sont différentes. Je n'entends pas grand chose du violoncelle à vrai dire.

Ça fait réfléchir, tous ces concerts où le violoncelle n'est pas amplifié assez fort. Ça me rappelle l'importance d'être bien équipé et de faire bien attention à la personne au son, s'il y en a une.

Vendredi 29 décembre

J'étais supposé jouer avec S. S. A. J., la tromboniste, aujourd'hui, mais elle a annulé. À la place, j'ai donc une journée d'avance pour commencer mes bagages. Du stock pour 5 mois, il finit par y en avoir partout. Quoique.

Puis j'ai la visite de L. S. L., le violoncelliste. On se promet cet échange depuis des mois et les astres s'alignent enfin! On se fait un café (court, noir) et on jase de la vie un peu. Il essaye mon archet monté en crin noir (la grande majorité des violoncellistes jouent sur crin blanc). J'essaye son cordier sans ébène (la grande majorité des cordiers comportent une grande pièce de bois). Il essaye mon violoncelle avec la pédale Particule 2 (je manipule les pitons). J'essaye son archet de sarangi (ça va me prendre ça). Il essaye de manipuler la Particule 2 (je joue le violoncelle). On joue ensemble sans jouer ensemble, très particulier!

Je crois que c'est la première fois que je rencontre un collègue comme ça, avec qui je partage non seulement l'instrument, mais aussi la pratique en musique improvisée au même niveau. Je me rends compte plus tard que le 29 décembre est la journée internationale du violoncelle. Eh bien! On a bien fait ça. On se promet de se revoir bientôt, soit à Montréal, New York ou Berlin.

Puis je vais rejoindre J. et T. pour un dernier souper ensemble au Izakaya MEW. On va prendre une bière à DBL et je pense qu'en 5 mois à New York, c'est seulement la deuxième fois où je vais dans un bar sans concert. Décidément pas mon truc, ni la bière, ni le bar, mais le temps est bon avec ces deux nouveaux amis. On se promet de se revoir bientôt, soit à Québec, Montréal ou New York.

Samedi 30 décembre

Une journée à finir la bagages et à faire le ménage dans l'énorme appartement. Je tourne tellement en rond! Il me reste trois missions à accomplir avant de partir.


Premièrement, un selfie à la St Francis Xavier Church. C'est ici qu'a travaillé le violoncelliste, compositeur, chef et organiste Antoine Dessane de1865 à 1869. Je m'intéresse à ce personnage depuis que j'ai vu son violoncelle dans la collection du Musée de la civilisation à Québec. En bref — et là je déroule mes connaissances principalement de wikipédia — Antoine Dessane nait en 1826 en France où il se forme en violoncelle, piano et orgue au fameux Conservatoire de Paris. Parmi ses collègues de classe de l'époque, Cesar Franck et Jacques Offenbach auront des carrières pas mal plus remarquées. Antoine Dessane se marie à 21 ans, avec une de ses élèves, avec qui il aura 9 enfants. À 23 ans, les choses ne sont pas faciles suite à la révolution de 1848 en France et il accepte le poste d'organiste et maître de chapelle à la Basilique Notre-Dame dans le Vieux-Québec. Il semble alors être devenu un personnage très important de la scène musicale de la ville de Québec. Pendant 15 ans, il y forme des ensembles, dirige des concerts, joue du violoncelle, etc. en plus de ses fonctions d'organiste. Mais un moment donné ça ne va plus au travail et il accepte un poste à St Francis Xavier Church, New York City, où il déménage avec toute sa famille. 4 ans plus tard, il revient à Québec où il devient organiste de l'Église Saint-Roch. Il continue alors toutes ses affaires, ensembles et concerts en plus de fonder une chorale, écrire un manuel d'orchestration et jeter les bases d'un conservatoire local inspiré de Paris. Malheureusement, la santé ne suit pas et il meurt à peine 4 ans après être revenu à Québec, en 1873 à l'âge de 46 ans (47 ans selon wikipédia, je crois qu'il y a erreur).

Je me reconnais un peu en Antoine Dessane, avec toutes ses activités et compositions, mais surtout ses lieux de vie près de la basilique Notre-Dame où j'ai fait mon secondaire dans le Vieux-Québec et aux alentours de l'église Saint-Roch où j'ai bummé en masse. Il était toutefois un musicien de la tradition classique, à tel point qu'un de ses ensembles, le Septette Club, deviendra après quelques évolutions, bien des années plus tard, l'Orchestre Symphonique de Québec. D'un autre point de vue, Antoine Dessane tout comme moi s'intéresse et défend la musique de son époque. Je serais curieux de voir les œuvres au programme de ses concerts. Choisit-il de jouer la musique de compositeurs vivants? En tout cas, j'ai peut-être un petit projet secret Antoine Dessane, à suivre. 

Deuxièmement, salutations à l'un des plus grands artistes du XXe siècle, l'artiste visuel, artiste conceptuel et artiste en art performance allemand Joseph Beuys. Me voici en compagnie d'un fragment de son œuvre monumentale 7000 Eichen – Stadtverwaldung statt Stadtverwaltung. Encore un peu d'histoire. Invité en 1982 à participer à un festival d'art à Cassel en Allemagne, Beuys fait déposer un énorme tas de pierres de basalte, le tas prenant la forme d'une flèche pointant vers un chêne, devant le lieu d'exposition. Il déclare que pour bouger une pierre, il faudra planter un chêne. S'en suit un travail énorme où, en 5 ans, Beuys et une équipe de bénévoles plantent 7000 chênes, chacun accompagné de sa pierre de basalte. À New York, la fondation Dia s'occupe de 37 arbres (pas tous des chênes, mais rendu là on s'en balance), chacun avec sa pierre, dont 18 sont situés sur la 22e rue entre la 10e et 11e avenues, où je suis sur la photo.

D'après ce que je lis sur l'œuvre, 7000 chênes est politique et sociale. Le sous-titre Stadtverwaldung [« enforestration » municipale] statt [au lieu de] Stadtverwaltung [administration municipale] (ma traduction) met bien l'accent sur le type de monde dans lequel Joseph Beuys et ses collègues de l'Internationale situationniste souhaitent vivre, un monde où la priorité est donnée à l'environnement sur la paperasse. Pour ma part, je suis touché par le jumelage de la pierre et l'arbre. Aveugles l'un à l'autre, ils partagent néanmoins un espace, ils sont en relation. Puis une autre paire pierre-arbre apparaît pas loin de celle qu'on observait, semblable à la première mais différente à la fois, car toutes les pierres et tous les arbres sont différents même quand on reconnaît leurs similitudes. Ah, encore Différence et répétition de Gilles Deleuze qui m'habite! Il y a quelque chose d'émouvant dans toutes ses solitudes qui n'en sont pas, car, au fond, chaque pierre a son arbre, chaque arbre a sa pierre, et chaque paire fait partie d'un ensemble de plus de 7000 paires, car au-delà de Cassels et New York, il y en a aussi à Londres et à Baltimore. 

Enfin, ma troisième mission est d'essayer la grosse baignoire du studio du Québec à New York. Je me rappelle l'avoir vue en juin 2022 quand j'ai su que j'étais pris pour la résidence, et m'être imaginé dedans. En 5 mois, il n'y a pas une journée, pas une soirée, où ça m'a tenté de façon prioritaire au reste de ce qui me tentait. Maintenant, dernière chance et c'est fait. Je me suis rhabillé et je suis allé prendre une dernière marche autour de l'appart. Je vais m'ennuyer de New York. Ouf.

Dimanche 31 décembre

5:30 AM : dernières minutes dans l'appartement, je pars dans quelques instants
6:15 AM : dans un taxi vers LaGuardia, aucun trafic, ça prend 20 min au lieu d'une heure
6:45 AM : évidemment il y avait un problème avec le billet du violoncelle, mais l'employé Air Canada m'a réglé ça sans même qu'on ait à parler ensemble. J'ai une valise qui excède la limite de 50 lbs, mais, comme à l'aller, un glitch du système fait que je n'ai pas à payer d'excédent
7:15 AM : on me fait passer dans la ligne prioritaire pour le scan de bagages, il n'y a pas trop de traffic sinon. Le violoncelle va directement sur le convoyeur avec les autres bagages à main, tout le processus prend moins de 10 minutes

7:30 AM : Eh bien, je suis 3 heures d'avance sur mon vol, prêt à partir. Bagel œuf fromage + café filtre : 20$ (26$ en dollars canadiens). Le soleil se lève, j'ai un beau spot à une petite table à café. J'écris ce qui précède au sujet des 29 et 30 décembre.

9:30 AM : Attente à la porte 52. Embarquement prévu à 9:55, départ 10:20, arrivé à Montréal où je devrai attendre 5 heures. 5 heures et demi même!



13:00 : Je ne sais pas si c'est le réveil aux heures indues, le stress, le charroyage dans des corridors infinis ou une réaction du corps biologique en altitude, mais on se sent tellement sale après un voyage en avion. Ou pendant un voyage qui implique deux avions et 4 h d'attente devant soi. Il me semble que Montréal m'accueille dans toute la grisaille dont elle est capable; gris, brun, et tous les tons apparentés. Décidément, je suis au Québec,

Je suis dans un kiosque à manger générique. Je prends le panini végétarien de la honte (un ciabatta contenant juste un peu de fromage blanc râpé, quelques tomates cerises stériles, qui ont connu de meilleurs jours, de la vieille laitue romaine cheap en courtes languettes et la sauce à salade blanche qui n'a pas d'affaire dans un pain) + américano : 20$ (mais 20$ canadiens cette fois). J'écris ce qui précède au sujet des 24, 25, 26, 27 et 28 décembre.

15:00 : Incroyable que mon laptop ait encore de la charge. Je vais me trouver un autre spot plus près de la porte d'embarquement pour les deux dernières heures d'attente.

21:45 : J'ai eu un lift de l'aéroport de Québec à chez moi d'une amie qui avait eu la plus-que-brillante idée de m'inclure un sac de provisions à manger wow. J'ai fini de défaire mes bagages. Retour chez-soi, il y a un petit délai avant de vraiment se retrouver. On dirait que je ne suis jamais parti. Mais je ne me souviens plus où se trouve telle ou telle affaire. J'écoute des vinyles.

Quelques jours plus tard, le 3 janvier, je complète ce qui précède au sujet des 21, 22 et 23 décembre. Ça commence à faire longtemps.

Il y aura un épilogue. Un bilan du nombre de concerts vus, la liste des sessions que j'ai faites, en duo ou en trio. Mais aussi, le choc du retour; retour à Québec où il ne se passe donc rien pour moi en musique, où les soirs sont vides. Aussi, bilan de toute la paperasse accomplie, le travail de rédaction, les applications, dossiers, etc. il y en a eu beaucoup, beaucoup plus qu'à l'habitude. Et je veux parler de mon expérience à la façon dont Daphné B. parle de son expérience dans le podcast chienne en résidence.