vendredi 20 octobre 2023

studio du Québec à NYC : jours 69-70-71-72-73-74-75-76-77-78-79-80 sur 151

Lundi 9 octobre

Deux concerts en une journée

9 octobre @ First Street Green Cultural Park, Bowery Manhattan
présentation de Arts For Art InGardens
Chris Williams Trio [gabby fluke-mogul (violon), ​Lesley Mok (batterie), Chris Williams (trompette)]
duo [Che Chen (percussions), Anaïs Maviel (voix)]
William Hooker Trio [Hilliard Greene (contrebasse), William Hooker (batterie), John King (guitare électrique)]

Alors que je trouve donc que je passe inaperçu à New York, et que j'ai comme hâte d'être reconnu par celleux que je considère mes pairs, j'ai été agréablement surpris quand le trompettiste Chris Williams est venu me voir pour me serrer la main, me dire qu'il m'avait remarqué dans l'assistance à de nombreux concerts et se présenter. Ça m'a vraiment fait plaisir. Puis c'est le guitariste Chris Cochrane... J'ai souvent envie de d'utiliser le qualificatif « légendaire » pour parler des gens ici, le guitariste légendaire Chris Cochrane. C'est que c'est mérité! Dans son cas, il joue nonstop dans la scène new-yorkaise depuis les années '80, avec John Zorn, Zeena Parkins, Marc Ribot, Brian Chase, etc. Il était dans le public pour ce petit show d'après-midi lui aussi, et il est venu me voir après, juste comme ça. Il se rappelait m'avoir vu au (fantastique) concert de son trio The Chutneys, la fois où j'ai vaincu Times Square. Plus récemment, son duo avec la violoncelliste Lori Goldston était super aussi. Tout qu'un guitariste. Alors, il vient me voir et me demande mon contact, comme ça, parce qu'il veut m'envoyer de la musique par email qu'il me dit. Il n'est pas sur les réseaux. Ok! Ok! J'existe. Pas de nouvelles depuis par contre.

9 octobre @ Artists Space, Chinatown Manhattan
soirée Abasement 66, DJ Sandy Lane, Scott Kiernan (visuels)
duo [gabby fluke-mogul (violon), Fred Frith (violon)]
duo [Tom Thayer (instruments inventés, voix, électroniques, projections, composition), Henry Thayer (instruments inventés, voix, électroniques, projections)]
duo [A. Helicopter (sax), Dr. Evilletown (guitare électrique)]
The Ghost [Michael Foster (saxophones, composition), John Moran (contrebasse), Joey Sullivan (batterie)]

Grosse soirée à Artists Space. C'est un des lieux dont j'avais entendu parler avant de venir à New York. Un sous-sol assez grand, plafonds hauts, espace tout béton avec des projections manipulées en direct tout au long de la soirée, sur trois murs. Peut-être 150 personnes, les prestations duraient 20-30 minutes chacunes, et il fallait attendre au moins 45 minutes entre chacune, avant la prochaine affaire. Ce n'était pas un showcase qui s'enfile, mais plutôt une soirée élaborée par des gens qui aiment chiller et boire une coupe de vin, une bière, en jasant en écoutant la bonne sélection du DJ. Entrée gratuite!

On se serait cru sur le plateau de tournage d'un film sur la vie artistique de New York, quelque chose qui n'aurait existé que dans la fiction de ce qu'on se raconte plus tard sur un certain endroit, une certaine époque. C'était quasiment trop cliché, trop parfait, un peu plus et Andy Warhol débarquait avec Yoko Ono et Patti Smith. Ambiance artistes visuels. Spottez-moi dans la documentation officielle. Au lieu des héros du passé toutefois, c'était des super musicien·nes qui se présentaient sur scène, certain·es que je vois habituellement jouer devant 15-20 personnes dans le fond de magasins de disques ou autres petites salles. Il y avait un genre de compositeur et inventeur d'instruments qui jouait avec son fils, un ado en lunettes fumées plus charismatique que tout le reste. Né dedans! Puis le trio The Ghost en finale était aussi décapant que la dernière fois que je les avais vus, mais là c'était une version un peu très écho dans la grande salle. Gros show pareil, juste par les moyens mis dans l'enrobage : salle, lumières, visuels.

Mardi 10 octobre

Je commence la journée renversé par une entrevue que je lis, donnée il y a quelques semaines par le saxophoniste de The Ghost. ll parle de son approche queer de la musique improvisée, de son envie de connecter l'identité gay, les luttes LGBTQ+ à son travail de musicien. Des questions pas évidentes auxquelles j'ai tellement réfléchi et pour lesquelles je n'ai jamais trop trouvé d'écho dans ma communauté Ma perception du milieu de la musique improvisée, expérimentale, etc. est d'ailleurs tellement hétéronormée depuis toujours, que je n'avais même pas remarqué que le disque de The Ghost, que j'ai littéralement tenu dans mes mains et observé, appelé très explicitement « Vanishing Pleasures » et montrant une scène de bondage gay comme pochette, je n'avais même pas remarqué qu'il partait d'une perspective queer. Bin voyons. À suivre.

Journée d'admin, Puis j'ai été nager en soirée, puis spontanément j'ai été voir un film dont j'avais écouté le cinéaste en entrevue la veille sur un des podcasts que j'écoute régulièrement. Dicks: The Musical. Assez drôle, mais pas à se pitcher dans les murs. Je ne suis pas un très bon public pour l'humour. Le film était en avant-première à NYC cette semaine, je ne sais pas à quel point ni quand il va être distribué et montré internationalement. Quand je disais que NYC donne l'impression d'être le centre du monde, c'est ça aussi. J'entends parler d'un film, hop c'est ici et seulement ici qu'on peut le voir tout de suite avant qu'il ne se répande au reste du monde.

Mercredi 11 octobre

Journée d'admin, séance de lecture dans un café, lavage en prévision de mon voyage à Rimouski. Comme je n'étais presque pas sorti de la journée, j'ai décidé d'aller faire un tour au karaoké animé par Glace Chase avant de me coucher. Je la trouve bien drôle et c'est un des seuls endroits ouverts les soir à moins de 10 minutes de marche d'ici qui ne soit pas un restaurant chic intimidant.

Jeudi 12 octobre

Journée de ménage et de préparation au voyage.

Vendredi 13 octobre

6 h 30 : réveil, douche, manger un peu, vider la poubelle
7 h 30 : départ de mon appart vers le métro — je suis rentré sans payer! Ça a adonné comme ça, je traînais toutes mes affaires, je fouillais pour mon téléphone avec lequel swiper pour ouvrir le tourniquet, le métro est arrivé, une grande porte de côté s'est ouverte, je me suis élancé et hop bye à la new-yorkaise devant le contrôleur qui n'a évidemment pas bronché — puis la bus (gratuite!) jusqu'à l'aéroport. Tout s'est passé exactement à la minute prévue.
8 h 30 : la file pour entrer en zone internationale, passer les bagages dans le détecteur, tout a été très simple
10 h 45 : vol New York - Montréal parti à l'heure, arrivé à l'heure
13 h 15 : vol Montréal - Québec parti à l'heure, arrivé à l'heure
14 h 15 : lift de l'aéroport à mon appart à Québec, coupage du cadenas pour libérer mon vieux violoncelle pas bon sur lequel je vais jouer à Rimouski, drop de linge d'été au fond du garde-robe, prendre le linge d'hiver et une pédale de volume à la place dans ma valise
18 h : lift chez mon hébergement et ami et coupe de cheveux
21 h : chill et amitiés au Foubar

Ça a donc bien bien été.

Samedi 14 octobre

10 h : petite marche dans le Vieux-Québec, on croise du monde!
13 h : lift pour Rimouski
18 h : arrivée au airbnb, bonne pratique pour dérouiller le vieux violoncelle, ça va être ça qui va être ça, souper aux pizza pochettes, la seule option végé dans l'épicerie-dépanneur #rimouski

Dimanche 15 octobre

Première répétition avec le GGRIL et DDK

vue correcte de Rimouski

Lundi 16 octobre

Deuxième répétition avec le GGRIL et DDK. Je suis allé nager en soirée.

photo volée sur le facebook à Jonathan

Mardi 17 octobre

Troisième répétition avec le GGRIL et DDK, concert en soirée.

17 octobre @ salle Telus, Rimouski
présenté par Québec Musiques Parallèles
DDK [Jacques Demierre (piano, composition), Axel Dörner (trompette, composition), Jonas Kocher (accordéon, composition)], GGRIL [Robert Bastien (guitare électrique), Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Clarisse Bériault (hautbois, objets) Isabelle Clermont (harpe électrique), Sébastien Côrriveau (clarinette basse), Olivier D'Amours (guitare électrique), Alexis Gagnier-Michel (violoncelle), Mathieu Gosselin (sax baryton), Jonathan Huard (vibraphone, percussions), Pascal Landry (guitare classique), Antoine Létourneau-Berger (ondes martenot, percussions), Éric Normand (basse électrique), Alexandre Robichaud (trompette), Gabriel Rochette-Bériau (trombone), Catherine Savard-Massicotte (violon)]

Me voilà encore en train de parler de « légendes », mais difficile de faire autrement surtout avec Axel Dörner, trompettiste iconique de la scène berlinoise depuis les années 90, que j'ai vu tellement de fois en concert, Une approche vraiment unique de l'instrument et de la musique en général, basée sur des choix de timbres très précis, qui percent au travers n'importe quelle texture ambiante qu'ils soient fort ou doux, et des choix vraiment délibérés de placements du son dans le temps. Dörner attend, prépare un son, le place avec minutie et force, même dans le cas des sons à la limite de l'audible, et tient son bout pendant un moment. Il s'arrête et recommence avec quelque chose de complètement différent.

Travailler à ses côtés, c'était faire l'expérience de cette attitude là, de proche et aussi en soi-même, se faire prêter les clés de ce mode d'interaction si particulier en musique improvisée.

Même impression avec Jacques Demierre, avec qui j'avais déjà joué en 2017. Lui est basé en Suisse, actif depuis je ne sais pas combien d'années, il a l'air de jouer pas mal partout en Europe. Son approche du piano est étonnante, il l'a comme domestiqué, comme un maître avec son chien; autant il peut le caresser et lui faire chanter toutes les harmonies, autant quand il se décide à lui donner une taloche, on voudrait pas être à sa place et ça jappe, ça couine, ça fait tous les temps. Demierre est vraiment smatte en plus, il a toute une réflexion sur la musique.

Jonas Kocher est aussi établi en Suisse. J'ai jamais entendu un accordéon qui descendait aussi grave et montait aussi aigu. Un de ses effets-signature, à Kocher, c'est de tenir une note suraigüe, très faiblement et sans bouger ou preque, au moment où tout le monde arrête de jouer; la note est tellement haute qu'au début on se demande si elle fait partie de la musique ou si elle ne vient pas d'un sillement électrique quelque part dans la salle, puis on se rend compte qu'on l'entendait depuis tantôt au-dessus de toute la texture sonore, et qu'elle est maintenant dénudée devant nous, fragile et perçante. Je découvre Kocher avec ce projet, un super improvisateur et organisateur, rallieur, explicateur, de bonne humeur.

En concert, nous avons joué une pièce de 45 minutes où l'improvisation rencontrait certains repères dans le temps. À mon avis, la version concert n'était pas excellente. Encore une preuve que l'improvisation c'est vrai et c'est risqué. « Risqué et audacieux », c'est écrit dans mon texte standardisé de démarche artistique (qu'il faudrait que je révise d'ailleurs). Peu importe, il y a eu de vraiment bons moments en répétitions et ça valait le trouble d'aller jusqu'à Rimouski. Et je suis payé quand même.

Mercredi 18 octobre

9 h 30 : lift Rimouski - Québec

13 h : arriver à Ste-Foy, endroit tellement inhospitalier. Où aller quand on a 2 h à attendre dans le coin de l'hôtel de ville? Pas de cafés, rien. La bibliothèque, j'ai niaisé là un peu.
15 h 30 : covoiturage Québec - Montréal
19 h : chill en terrain connu

18 octobre @ Casa Obscura, Montréal
série des mercredimusics
trio [Jean Derome (sax, objets), Bernard Falaise (guitare électrique), Pierre Tanguay (batterie)]

J'étais content d'arriver à temps pour ce concert. J'ai repensé aux premiers concerts que j'ai vus à la Casa Obscura en 2006, 2007, puis tous les mercredis ou presque, jusqu'à 2011. Les musiciens que je voyais là étaient un peu des idoles (j'exagère, mais quand même, ils avaient l'expérience, la feuille de route et surtout le langage, leur musique me transportait), aujourd'hui ce sont plutôt mes collègues. Quoique, 50 ans de métier, comme j'en jasais avec Pierre Tanguay, c'est 50 ans de métier.

Jeudi 19 octobre

9 h 30 : visite d'une super amie
11 h 10 : départ du train Montréal - New York tellement à l'heure, à la minute près
23 h : arrivée à l'appart, ouf.





En vrai, je n'ai pas vu le temps passer. Je ne le ferais pas toutes les semaines, mais cette fois le voyage en train était parfait pour moi. Très relax. Beaux paysages tout le long. J'ai mangé en masse au petit café, j'ai trié toutes mes factures du voyage, écouté en masse de tik tok. J'ai enduré des maudits Québecois saouls sur le White Claw et une banlieusarde de Saint-Lambert m'a toussé derrière la tête tout le long du trajet quand je n'étais pas au wagon restaurant, mais sinon tout le monde était tranquille. Même le train est tranquille, peu bruyant. J'aurais pu rester dedans quelques heures de plus, je n'ai même pas eu le temps de lire mon Proust ou écrire mon blog.

Vendredi 20 octobre

Aujourd'hui : épicerie direct en se levant, écrire ceci, vider ma valise et concert du NYPhil avec de la très belle visite de Toronto!

Je commence à être fébrile pour le concert ici dans l'appartement après-demain.




dimanche 8 octobre 2023

studio du Québec à NYC : jours 60-61-62-63-64-65-66-67-68 sur 151

J'ai pris du retard dans mon blog. Et plus les jours avancent, plus le résumé s'allonge et plus je procrastine. Il y a eu plusieurs journées consacrées à la rédaction de demande de bourse, que j'ai réussi à envoyer à temps le 4 octobre. Ce sera donc le Conseil des arts du Canada et non mon lectorat de blog qui aura à souffrir le fruit et l'usufruit de ma pensée sous forme écrite pour les jours qui ont précédé le 4 octobre. Au cours de ces quelques jours d'apnée d'ailleurs, mon rapport à la ville a changé, je l'ai vécue non comme un endroit à arpenter mais comme un support à mon activité régulière. J'aurais pu être sur une montagne de Suisse ou dans un appartement louche donnant sur un parking à Rimouski que ça aurait été pareil. Pas tout à fait. Est-ce que j'ai donné tout ce que j'avais lors de la rédaction? Oui. Est-ce que j'ai bien utilisé tous les caractères alloués? Mieux que jamais. Est-ce ça fera en sorte que j'aurai ma part des millions de dollars canadiens qui sortent supposément des coffres pour financer la culture? Rien n'est moins sûr. Ma bouteille à la mer est partie.

Je ne donne pas trop de détails sur mes projets, peut-être pour me protéger un peu. Dans 6 mois, j'aurai la réponse de ce que j'ai déposé cette semaine, et si la réponse est négative (bis) je n'aurai que moi à gérer, tandis que si j'en parle à tout le monde, il faudra qu'en plus je console tout le monde de leur déception pour moi. N'importe quoi. Sans en dire trop, j'ai demandé cette semaine du budget pour payer des répétitions avec 5 personnes qui joueront des solos que je compose, auxquels se joindra un quatuor en fin de parcours. C'est pour ce même projet que j'ai essuyé un premier refus il y a un mois. La nouvelle rédaction fut quand même pénible. Pé-ni-ble.

Qu'est-ce qu'on fait quand on a transformé son cerveau en érable d'amérique et que tout le jus est maintenant à la cabane à sucre? On magasine niaiseusement. Je continue à me demander si je ne fais pas une folie de mitaines Louis Vuitton ridiculement chères, d'autant plus que j'ai les mains gelées ces jours-ci avec les 10°C. bien humides des soirées automnales. Je pense aussi m'acheter un petit ordinateur super cheap pour retrouver le plaisir de toujours avoir un ordi sur moi et aller travailler spontanément n'importe où n'importe quand sans avoir à traîner ma bonne machine si efficace mais si lourde et qu'il ne faudrait vraiment pas que je me fasse voler. Je regarde les reviews de chromebooks, j'ai même été en regarder quelques uns en personne au Best Buy. À suivre.

Samedi 30 septembre

Visite d'une amie poète de Québec. C'était cool de lui faire profiter de l'intimité que je développe avec la culture musicale champ gauche de NYC et pouvoir l'inviter voir de la musique et du texte dans un petit parc samedi, puis dans un magasin de disques le lendemain.

Un beau bain de foule samedi, modeste quand même, pour voir et entendre — parfois on n'entendait vraiment pas très bien, malheureusement, surtout le violoncelle, tiens donc! — une pièce très « musique contemporaine d'avant-garde new-yorkaise des années 70 » du violoncelliste et compositeur Arthur Russell. Ça rappelait des pièces de John Cage dans l'intérêt pour la complexité résultant d'un aléatoire bien mesuré. Arthur Russell est un des seuls exemples de violoncellistes un peu rock que je connaisse, même un peu grunge avant le temps, le tout avec à peu près un seul album d'importance à ce que je sache. Arthur Russell était gay, et personne ne me l'a jamais dit. Pourtant les exemples de gays qui font de la musique qui sort des sentiers battus sont si rares, il faudrait en parler plus. Reflet de son époque, il est mort des suites du sida en 1992. Un autre qu'on a perdu dans ces années là, alors que le « cancer gay » n'avait pas la cote dans les laboratoires de recherche. Je ne savais pas que Russell avait des études assez poussées en composition aussi, et la pièce qu'on a vu était maladroite, mais donnait un bon exemple de l'état d'esprit de l'époque, avec une partition qui comporte plusieurs choix que les interprètes doivent faire pour eux-mêmes ou imposer au groupe. Coudon, est-ce que je suis en train d'écrire la demande de bourse de Arthur Russell? En tout cas j'ai beau chercher partout, je trouve les noms des musiciens, mais pas qui faisait quoi.

30 septembre @ New York City AIDS Memorial, West Village Manhattan
Arthur Russell, City Park [Nat Baldwin (??), Lea Bertucci (voix, électroniques, bandes sur reel-to-reel), Nick Hallett (voix?), David Van Tieghem (batterie?), Alex Waterman (violoncelle), Peter Zummo (tables-tournantes?)]

Dimanche 1er octobre

J'ai terminé du gros montage pour joindre à ma demande de financement, puis quelques heures de rédaction dans un café, puis je me suis permis un concert.

1er octobre @ P.I.T. Property is Theft, Williamsburg Brooklyn
Webb Crawford (solo guitare électrique)
duo [Fred Moten (poésie), Brandon Lopez (contrebasse)]

Lundi 2 octobre

Rédaction toute la journée, puis mon yoga du lundi. Je suis revenu à pieds pour continuer à m'aérer les idées un peu. Par hasard, je suis tombé sur l'épicerie Trader Joe's où il m'a semblé avoir vraiment beaucoup de deals et un achalandage jeune et un peu chaotique. À réessayer pour la prochaine épicerie. Pas de concert! 

Mardi 3 octobre

Rédaction toute la journée, puis toute la soirée jusqu'à 1 h 30 AM. Pas de concert!

Mercredi 4 octobre

Fin de la rédaction, dépôt de la demande, puis j'ai été nager et j'ai été voir un concert. Fred Frith est un guitariste qui fait son affaire depuis vraiment longtemps. J'avais pris une classe de maître en improvisation avec lui en 2006! C'était à Montréal, il avait joué un soir en duo avec Danielle Palardy Roger et c'est un des meilleurs concerts de musique improvisée que j'ai jamais vus. Cette fois à NYC il a joué en trio avec gabby fluke-mogul (violoniste que j'aime beaucoup) et une percussionniste vraiment hot que j'entendais pour la première fois en personne. Leur trio était très bon, mais on aurait dit qu'on sentait qu'il leur manquait de temps, me semble que ça jouait pressé d'aller d'une chose à l'autre.

4 octobre @ The Stone at the New School, West Village Manhattan
duos, trio [Nava Dunkelman (percussions), gabby fluke-mogul (violon amplifié), Fred Frith (guitare électrique)]

Jeudi 5 octobre

J'avais une réunion en ligne le matin pour prendre des nouvelles d'une amie et jaser du mastering et du graphisme de notre vinyle à venir. Puis j'ai tenté de prendre congé du travail un peu, j'ai été lire à Central Park. J'ai mangé une crêpe aux épinards trop chère avec toutefois un excellent café filtre d'un des nombreux kiosques sur place.

Entre la réunion et le parc, j'ai fait un détour par le luthier Finlay + Gage. Qui sait, peut-être que mon prochain violoncelle se trouve à NYC? On m'a présenté les quelques instruments qui pourraient potentiellement me convenir sur place, je vais prendre rendez-vous au cours des prochains jours pour prendre le temps d'essayer tout ça. J'ai aussi pensé qu'il pourrait être intéressant de leur présenter mon violoncelle, voir s'ils ont des idées pour l'améliorer. Je ne sais pas combien ils chargent. Le name-dropping de violoncellistes expérimentaux jouait au niveau expert de la part du représentant des ventes : Erik Friedlander oui il vient ici depuis dix, vingt ans; oui si tu voyais Okkyoung Lee arriver avec sa pile d'archets; Lester St.Louis bien sûr quel excellent violoncelliste; tu connais Leila Bordreuil oui évidemment sinon je vous aurais mis en contact, bla bla bla.

Break de concert, je me suis couché très tôt j'étais burrrrn.

Vendredi 6 octobre

J'ai été lire et manger un bagel au parc en me levant. Puis la pluie et j'ai pris quelques heures pour mettre à jour mon document de dépenses NYC, que j'avais délaissé depuis quelques jours. Classer les reçus papier, les reçus email, les dépenses pas de reçu, valider à quel point les prix décuplent dans mon compte en argent canadien. Puis j'ai fait un peu de yoga à la maison pour me secouer. Puis ma pratique de violoncelle. Puis un concert.

6 octobre @ MISE-EN_PLACE, Greenpoint Brooklyn
présentation de Anti Social Music et Eli Wallace
duo [Ingrid Laubrock (sax ténor, sax soprano), Tom Rainey (batterie)]
Hypersurface [Carlo Costa (batterie, objets), Lester St. Louis (violoncelle), Drew Wesely (guitare électrique]
Eli Wallace Quintet [Michael Foster (sax ténor, sax soprano), Steve Swell (trombone), Michael TA Thompson (percussions), Victor Vieira-Branco (vibraphone), Eli Wallace (piano, percussions)]

C'était dans un espace vraiment écho, genre de galerie d'art faite sur le long au milieu de nulle part au dessus d'un garage dans un quartier industriel. Le duo était vraiment hot, c'est la première fois que je voyais vraiment Ingrid Laubrock briller comme soliste wow. Son langage est difficile à décrire, mais c'est pas du hasard ce qu'elle fait. Beaucoup de notes qui, bien qu'elles se suivent parfois en de grands gestes sur toutes l'étendue du saxophone, ne sonne jamais jazz ou super fucké. Après, Lester St.Louis au violoncelle était encore une fois renversant, dans une esthétique complètement différente de ce que je l'ai vu faire les 3-4 autres fois que je l'ai vu. Un truc hyper ténu, retenu, plein de textures qui se rencontraient entre les instruments. Chaque fois que je vois ce violoncelliste là il fait quelque chose de différent de la fois précédente. En fin de soirée, le quintette était poche. La batterie jouait trop fort, entraînant avec elle le sax et le trombone (les seuls à pouvoir l'accoter) pendant que le pianiste se démenait et qu'on n'entendait rien. Pas correct ça, il me semble que quand on n'entend pas quelqu'un, on se calme. En tout cas! En plus c'est le pianiste qui organisait la soirée. On ne saura jamais l'étendue de son jeu.

Samedi 7 octobre

Une grande marche me mène au Best Buy voir un inventaire très réduit, au Stranded un magasin de disques que j'avais sur ma liste (un des soixante-dix onglets ouverts sur mon ordi, que je peux maintenant fermer, j'ai vu ce qu'il y avait à voir), au D and Q Computers où il n'y a rien à vendre finalement, au café Thayer dont le slogan « books and coffee » m'inspire à lire quelques pages, au Desi Galli petit resto indien pas cher en chemin puis au métro vers un show d'appartement.

Le métro sort parfois de son parcours sous-terrain et passe plutôt par-dessus la ville, comme lors de ce transfert de Brooklyn à Queens

7 octobre @ l'appartement de Selendis, Ridgewood Queens
commissarié par Selendis Sebastian Alexander Johnson, série « We Are Greater Than (The Sum [From 1 To Selendis’s {=?=} Choice] Of 4n) », épisode #14/6.1
Henry Plotnick (solo piano électronique)
Rocío Días de Cossío (solo violoncelle)

C'était ma première fois dans le quartier Queens. Ça ressemble pas mal à Brooklyn, du moins le secteur Ridgewood où j'étais. Je suis surpris de ces concerts d'appartements. On entre chez quelqu'un, sa brosse à dents et son rasoir traînent dans la salle de bains, je m'assois par terre dans le cadre de porte de sa chambre où on devine le lit défait, il y a sa décoration pas belle; l'hôte partage son intimité avec les inconnu·es. Je trouve incroyable que des gens osent recevoir comme ça apparemment sans crainte de se faire voler, mais ce qui m'impressionne (?) le plus, c'est le partage. Ma chumme Natasha Kanapé Fontaine titrait « N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures ». Chez-soi, c'est l'âme un peu, en tout cas c'est là qu'on entasse toutes ses manifestations matérielles. Proust, sors de ce corps! Est-ce que j'inviterais des gens à voir un concert dans mon salon à Québec? Peut-être. Pourquoi pas, dans le fond? Pourquoi garder si précieux nos espaces?

Le solo de violoncelle était cool, j'y ai reconnu beaucoup de choses que je fais moi aussi. Ça m'a fait réfléchir à ce que ça veut dire jouer en solo. Pourquoi on fait ça, pourquoi on s'impose aux gens comme ça, avec nos sons, nos expériences. Il y en a toujours trop. La violoncelliste était très jeune, je pense, originaire du Mexique et à NYC depuis peu, je pense. On a jasé de mon expérience à Mexico, on s'est promis de se revoir. À suivre. Le saxophoniste était vraiment bon à la fin, il a joué à peine quelques minutes alors qu'il avait une demi-heure à sa disposition, fournissant sans le savoir une bonne réponse à mes questionnements précédents.

Sur le chemin du retour, il était encore tôt et je me suis permis une très rare bière dans un bar. En attendant le métro, j'ai trouvé sur internet des recommandations pour des bars où il est possible d'aller lire tout seul sans se sentir trop pas à sa place. C'est New York après tout, il s'agit de vouloir quelque chose d'assez précis pour en formuler la demande à Google pour le trouver. Je me suis ramassé au Blurp Castle, un petit bar où il est uniquement permis de chuchoter. Exactement la bonne ambiance, ça fait du bien de quitter la rue tellement bruyante pour entrer dans un endroit sombre où on marche sur un vieux tapis brun. Quand le volume des conversations augmente, le barman fait shhhhhhhh et tout le monde baisse le ton en riant de la situation absurde dans laquelle iels ont choisi de se mettre. L'endroit est situé à une vingtaine de minutes de marche de chez moi, mais je n'étais pas habillé pour le froid que la nuit avait imposé alors je suis rentré en métro. J'allais dire « j'ai pris le train », c'est comme ça qu'on dit ici.

Dimanche 8 octobre

Matinée virtuelle avec quelques amis en visioconférence, de qui j'étais content d'avoir des nouvelles. Puis bien du niaisage et du tergiversage, je veux aller voir un show dans un parc mais pas traîner mon ordi lourd, je veux écrire mon blog sur l'ordi mais pas rester à la maison, je magasine les laptops pas chers et ultralégers et je perds du temps de soleil, je veux aller nager mais je ne peux pas tout faire. Finalement, me voilà dans un café-bar de Brooklyn, voisin du concert où je vais dans un instant. Je suis là si longtemps que l'ambiance de café est devenue ambiance de bar. En ce moment les gens prennent une bière en écoutant un vieux film en noir et blanc qui a l'air pas mal drôle. En retrait, il y a moi et un autre gars chacun sur nos ordis, et une fille en train de lire.

8 octobre @ P.I.T. Property is Theft, Williamsburg Brooklyn
trio [Sean Ali (contrebasse), Leila Bordreuil (violoncelle), Joanna Mattrey (alto)]
duo [Daniel Carter ()Austin Williamson,  (on verra qui joue quoi) 

Prochaines dates importantes : 13 octobre, mon aller-retour à Rimouski. J'ai mon vol pour aller à Québec, je sais où je vais dormir le 13 (Québec), 14-15-16-17 (Rimouski), 18 (Montréal?), je fais la liste de ce que je vais aller chercher dans mon appart — principalement : violoncelle pas bon, archet correct, manteau d'hiver — et ce que je vais rapporter — vêtements d'été, Tôme 1 du Proust — il me reste à trouver comment je reviens à NYC à bas prix.

Prochaines dates : 20 octobre, de retour à NYC, concert du NYPhil avec un bon ami! 22 octobre, je reçois chez moi la série de concerts de Selendis. 27 octobre, autre concert du NYPhil. 31 octobre au 4 novembre, visite de deux ami·es, j'héberge les deux premières nuits. 3 novembre au 13 novembre, visite de 4 amies que j'héberge. 5 novembre, je joue dans l'orchestre d'improvisateur·ices. 16 novembre, gros concert Zorn/Hannigan.

6 décembre. Date limite pour proposer un projet de tournée, cette fois ce sera pour le « novembre 2024 » qui occupe ma pensée depuis plus d'un an déjà, on and off comme les cycles de la lunes. Rassembler les contrats de tous les organisateurs, salles de concerts, trouver les frais d'hôtel pour toutes les villes, frais de transport... ça a l'air si facile quand on découpe tout ça en petits morceaux.  15 au 23 décembre, visite familiale que j'héberge. 31 décembre fini.



vendredi 29 septembre 2023

studio du Québec à NYC : jours 55-56-57-58-59 sur 151

Cette semaine : du stress et du travail pour novembre 2024, du travail pour la saison 2024-2025 de Rimouski, et moins de temps pour aller voir des concerts

24 septembre @ P.I.T. Property is Theft, Williamsburg Brooklyn
duo [Lori Goldston (violoncelle), Shelley Hirsch (poésie, voix)]
trio [Lori Goldston (violoncelle), Shelley Hirsch (poésie, voix), Michael Foster (sax)]
The Ghost [Michael Foster (sax), Brandon Lopez (contrebasse), Joey Sullivan (batterie)]

C'était tellement bon. Je n'avais jamais entendu Lori Goldston jouer comme ça, c'était pour moi sa meilleure fois, ce duo avec cette poète et chanteuse un peu timbrée, un peu intense, qui laissait toute la lattitude à la violoncelliste de compléter dans le bas du régistre tout en se faisant pousser à aller dans tous les sens.


Le saxophoniste Michael Foster s'est joint au duo vers la fin.

Puis le trio The Ghost en deuxième partie était très bon aussi, vraiment Brandon Lopez ça fait quelques fois que je le vois, il se démène à la contrebasse, ça le fait.

Lundi 25 septembre

Une journée à travailler. J'ai décidé de redéposer le projet dont je viens de recevoir un refus pour la subvention. Je vais modifier et redéposer à la même place. On sait jamais. La date limite est dans une semaine. Et qui dit dépôt de projet dit perdre un avant-midi complet à mettre à jour mon CV et mon dossier de presse, puis ne plus être capable de travailler là-dessus pendant quelques jours. C'est fait, rendez-vous vendredi ou samedi pour la suite, j'ai d'autres choses en attendant. Justement, j'ai passé du temps à organiser une réunion, sondage des disponibilités de chacun. Ensuite il faudra préparer le contenu, mais pas tout de suite.

Pratique de violoncelle, cours de yoga du lundi soir, arrêt au Whole Foods sur le chemin du retour question d'avoir de l'épicerie pour quelques jours. Pas de concert ce soir.

Mardi 26 septembre

Je confirme que j'organiserai un concert dans l'appartement ici, le 22 octobre prochain. Je serai hôte d'une des éditions d'une série de concerts organisée par Selendis Sebastian Alexander Johnson. Le concept de la série : des concerts en 4 parties, où chacune des parties présente un nombre d'artistes au choix de Selendis, et ce nombre reste le même pour toute la soirée. Par exemple, j'ai assisté à une soirée de 4 trios l'autre jour dans un minuscule appartement du Lower East Side. Chez-moi, ce sera une soirée de 4 duos, dont un duo de moi (violoncelle) et Selendis (trombone). Les gens de la délégation du Québec à New York, qui sont responsables de l'appartement, ne sont vraiment pas stressés avec ça, c'est rafraîchissant il me semble de présenter une idée et d'être accueilli par un « oui, comment je peux t'aider » plutôt qu'un labyrinthe de conditions et de formulaires.

En ce mardi, je m'occupe de commencer l'organisation de ça, puis je me fais une pratique de violoncelle, puis je vais nager, puis j'écourte ma session de nage pour aller voir un autre concert de Lori Goldston.

26 septembre @ Downtown Music Gallery
quintette [Ivan Barenboim (clarinette contrebasse), Sarah Bernstein (violon), Ken Filiano (contrebasse), Guillermo Gregorio (clarinette), James Paul Nadien (batterie)]
duo [Chris Cochrane (guitare électrique), Lori Goldston (violoncelle amplifié)]

Vraiment bon quintette! Je suis arrivé à temps pour quelques pièces. Le violon était en équipe avec la contrebasse pendant que la clarinette était en équipe avec la clarinette contrebasse, le tout encouragé par la batterie; le violon était dans l'équipe des aigus avec la clarinette, versus les contrebasses, avec la batterie. Puis Lori Goldston et Chris Cochrane c'était vraiment excellent. Lui je l'avais vu à Times Square dans un trio renversant The Chutney's. Une légende.

Mercredi 27 septembre

Une journée à travailler. Préparation d'un téléphone important demain. Préparation d'une réunion importante après-demain. Cuisiner une batch de pâtes. Pas de concert.

Jeudi 28 septembre

Une journée à travailler. Je commence par un gros téléphone stressant pour le projet novembre 2024, puis je vais pour la première fois dans le quartier Hell's Kitchen pour aller travailler dans un café. Planification de la réunion du lendemain. Un peu de tâche de coop pour mon appart à Québec. Je rentre à pieds, une grande marche où je croise par hasard le New York qu'on voit dans les films : panneaux-réclames illuminés, klaxons, sirènes, marée humaine, gratte-ciels. Quelle ville magnifique et quel chaos!

Pas de temps pour la musique aujourd'hui. Enfin, pas pour en écouter en concert ou en jouer, car effectivement le reste de mon temps je l'ai passé du côté de la musique à venir, creux dans le fossé de l'admin.

Vendredi 29 septembre

Flash flood Warning! Avertissement d'inondation ce matin. Je cherche un peu et je trouve une vidéo sur twitter où on voit une station de métro remplie d'eau, chute d'eau sur les rails, chute d'eau dans les escaliers, les New-Yorkais que rien n'arrête passent dans la vidéo et on voit leurs beaux espadrilles immergés par-dessus la semelle. Quand il pleut ici, il pleut pour vrai, abondamment, et ça n'arrête pas. L'automne ressemble vraiment à l'automne.

Je continue à stresser pour mon aller-retour à Rimouski de la mi-octobre, c'est vraiment bientôt et je n'ai toujours pas trouvé de transport. Tergiversons.

L'options que je préférerais serait une place dans un covoiturage New York - Montréal sur Amigo Express, un site par lequel j'ai booké des centaines de déplacements, surtout Québec-Montréal, je serais en confiance. Je partirais de NYC le 12 ou 13 octobre, puis je dormirais à Montréal (ou pas) pour arriver à Québec le 13 ou 14 octobre, récupérer mon violoncelle poche là-bas et partir pour Rimouski le 14 octobre avec les collègues. Les prix c'est entre 60$ et 75$ pour NYC-Montréal, 6 h de route et un peu plus je suppose, avec les pauses. Mais pour l'instant, je vois des covoiturages le 10 octobre et le 16 octobre, rien entre les deux. Je continue à vérifier tous les jours si quelque chose apparaît le 12-13 octobre... et le 18-19 octobre pour le retour.

Autre option, le train. Le prix est très raisonnable à 70$ pour New York - Montréal. Par contre la durée du trajet est dégueulasse : 12 h de route. J'aurais l'option de traîner mon violoncelle en lui achetant un siège plein prix. Ça ça me tente. Départ 12 octobre 8 AM, arrivée 12 octobre 8 PM à Montréal. Dormir, départ de Montréal le 13 octobre en covoiturage (payer double si j'ai le violoncelle, ça ne serait pas ma première fois). Coupe de cheveux par Lux? Départ de Québec le 14 octobre. Travail à Rimouski 15-16-17 octobre. Rimouski-Québec le 18 octobre. Québec-Montréal le 18 octobre pas le choix. Dormir à Montréal. Reprendre le train Montréal-NYC le 19 octobre 11 AM, arrivée 11 PM. Ça me tente.

Autre option, bus. Cette fois ça serait entre 8 h 30 et 9 h 30 de route et il y a une multitude d'options, d'horaires, de prix.
- Adirondac Trailways : 100$, une option de jour (prend toute la journée, tant qu'à ça je prends le train), une option de nuit (ark, mais possible)
- Greyhound : entre 80$ et 150$ avec des départs le matin, l'après-midi, la nuit...
- Flixbus : entre 100$ et 200$ (ok non, c'est un revendeur de Greyhound qui se fait tout un profit en revenant sur le site de Flixbus!)
- Busbud : bizarre de trouver des départs de FlixBus à 80$ sur le site de Busbud, mais pas sur le site de Flixbus. Magasiner les autobus ça feel vraiment comme flirter avec l'arnaque tout le temps.
En tout cas, plus je regarde ça, plus je me dis que violoncelle ou non, je pense que je préfère que ça prenne 12 heures en train que 8 heures en bus. En même temps, j'ai fait pire, je me rappelle des Montréal - Gaspésie en bus. 12 h. Ark.

En avion? Je vérifie. Euhhhh New York - Montréal c'est 140$, surprise! Moi qui pensais que c'était dans les 400$. Là il faut que je me décide, plus je niaise, plus les prix augmentent. Je pourrais voyager juste avec mon petit sac à dos, zéro stress. Il y a un vol à 15 h, atterrissage à Montréal à 16 h. Bon, je pense que... Je continue à regarder, pour 250$ je serais rendu à Québec... Tant qu'à faire, le 100$ de différence c'est le prix que je payerais pour un Orléans Express en bus de Montréal. Ça me permettrait de partir le 13 octobre. Je fais l'aller-retour?

Ok non, après avoir fait le test en choisissant les vols les moins chers, mon aller-retour à Québec en avion, avec les frais et tout, m'aurait coûté 700$ canadiens. Fuck. Les frais!

Bon. J'ai réservé un aller simple le 13 octobre sur Air Canada pour 238$ tout inclus. Shit ça fait 330$ en argent canadien. Bon. On verra bien pour le retour. Fini de tergiverser là-dessus. Pour l'instant. Peut-être que j'essaierai le train au retour.

Une réunion plus tard, l'état d'urgence se poursuit et ça ne change rien pour moi. Déjà 17 h et j'ai cette impression de n'avoir rien fait de la journée! Alors que je n'ai pas arrêté.

Je crois bien que les concerts de ce soir seront annulés. Je viens de recevoir un email de l'endroit où je vais nager, qui informe qu'ils seront fermés pour la soirée.

dimanche 24 septembre 2023

studio du Québec à NYC : jours 50-51-52-53-54 sur 151

Il y a quelques mois, j'ai vu passer sur facebook une personne qui lançait une campagne de sociofinancement pour se payer une deuxième maîtrise, dans un autre pays. La personne disait vouloir pouvoir continuer à vivre de son art tout en entamant ce projet. J'ai trouvé ça tellement insensible comme demande, quand on sait à quel point le monde qui en arrache autour de nous. Non mais, ça prend du front tout le tour de la tête. En plus, la personne qui écrivait sur facebook a déjà eu plusieurs subventions pour ses projets. Je n'ai rien dit. Mais je trouvais la demande ridicule. Pourquoi donc? Il me semble qu'en temps normal mon réflexe serait de supporter une personne qui a un projet. Est-ce mon éducation catholique qui me souffle à l'oreille qu'il faut toujours nécessairement souffrir pour se mériter ce qu'on veut? C'est vrai qu'une partie de ma réaction négative à la campagne de financement, c'est que ça ne pouvait pas être facile comme ça, que la personne devrait faire des sacrifices pour se payer son projet (comme si je connaissais toute l'histoire). Est-ce mon éducation à Radio X qui me fait penser du mal de quiconque fait autre chose que fermer sa gueule et travailler temps plein? Parce que je me suis vraiment dit : « si tu veux une deuxième maîtrise en arts, je m'excuse mais tu vas nous laisser tranquille et aller travailler un an une job de marde comme tout le monde », avec mon accent Jeff Fillion. Est-ce la jalousie de voir cette personne quémander encore, oser demander publiquement, et possiblement obtenir du succès, après avoir déjà reçu encore et toujours des subventions? Car ça aussi c'est dans l'air du temps. Il faudrait que ceux qui reçoivent un subvention cessent toute critique au subventionneur, autrement dit on sent que les artistes soutenus au public ne devraient plus avoir un regard critique sur la politique. Je m'éloigne. J'ai donc une réaction paradoxale à cette campagne de sociofinancement : en théorie, je la supporte ou, mieux, elle m'indiffère, car tout le monde peut bien s'essayer dans vie et à la limite que je suis quasiment jaloux de qqun qui a le sans-gêne de s'exposer comme ça; en pratique, ça m'énerve tellement et je me dis : « y'a toujours bien des limites! », avec mon accent de Beauport.

Surtout, je ne veux pas qu'on pense ça de moi. Je ne veux pas qu'on me lise ici me plaindre que je ne trouve pas de bon pain pour déjeuner nulle part, alors que je suis dans un énorme appartement subventionné que personne dans mon cercle rapproché ne pourrait se payer. Je repense souvent à cette publication facebook, à ma réaction, et je me dis qu'il faut, en relisant ce que j'écris ici, que je me mette à la place de moi qui lisait la publication facebook d'une autre personne privilégiée. Car peu importe les épreuves du quotidien, je parle d'en-haut de l'échelle pour ainsi dire. Desfois, je passe des journées complètes sans parler à personne et je trouve que la solitude dans la grande ville, si prévisible, si ordinaire, mais si réelle, est bien secondaire à l'opportunité en or d'être ici. Il y a un dosage à faire. Je reviendrai sûrement sur cette réflexion, qui touche également à la lutte des classes, qui me saute aux yeux de plus en plus ici.

Résumé de la semaine :
Mon premier concert lundi (bof!), puis tout d'un coup un gros rush de travail mercredi-jeudi, puis face-à-face avec la virtuosité.

Début d'automne très franc. On est passé tout d'un coup, il y a quelques jours, des 30°C ensoleillés jour après jour aux 16°C venteux, gris, pluvieux, annonciateurs qu'on va geler dans pas long il me semble.

Mercredi 20 septembre

Eh bien tout d'un coup gros rush de travail pour mon concert novembre 2024. J'en reviens encore toujours pas, c'est vraiment étrange de passer autant de temps à planifier une improvisation dans plus d'un an! Toujours est-il que là on me demandait une description du duo (qui n'existe pas encore, mais faut ce qu'y faut, il y a quelque chose à dire certainement), bio de elle, bio de moi, puis une autre info, puis un autre plan de concert concurrent, essayer d'arrimer ça, passer proche de tout voir tomber à l'eau, retour au plan initial.

En tout cas, je suis retourné à mon nouveau petit café préféré le Joe Coffee, je me suis installé avec mon laptop et j'ai écrit jusqu'à la fermeture à 20 h.

En revenant, il était vraiment temps que je mange et j'ai vécu un beau moment new-yorkais. Je marchais à la recherche d'un plan de souper, un végé burger peut-être, tout sauf une pizza. Je sentais le petit tremblement de corps de quand on sort d'un tunnel d'hyperfocus, l'œil un peu sec et vagabond, les membres pas bien synchronisés (après ça je me demande pourquoi m'asseoir devant une demande de subvention n'est pas mon activité préférée...) et tout ce qu'il me restait dans le corps était un peu de café. Je marchais en me disant que dans cet état là, s'il m'arrivait quelque chose je n'aurais pas la force de sauver mon précieux ordinateur. Et je ne trouvais rien à manger. Les vrais restos c'est trop cher, je ne vais jamais là. Les fast-foods avaient l'air dégueulasses. Mais fallait bien manger quelque chose. En désespoir de cause — ok, c'est ici le dosage à faire, il faut que je me permette de décrire un petit désespoir momentané sans qu'on pense que je suis ingrat par rapport à ma situation à l'appart, à NYC, etc. — je décide d'aller au dépanneur me ramasser quelque chose en attendant de trouver une place à végé burger. Eh bien, miracle du deli! J'entre au dépanneur et non seulement il y a un comptoir à sandwiches et même quelques tables, mais ils font des végé burger. Hourra. J'ai donc lu mon Proust en soupant vers 21 h, l'heure déraisonnable des rushes de travail inattendus. 

Jeudi 21 septembre

Le matin j'ai complété ce qui m'avait été demandé la veille, j'ai livré la marchandise comme d'habitude. Puis j'ai passé une bonne partie de la journée à écouter le mastering du vinyle que je vais sortir bientôt. Encore beaucoup de temps à être très concentré à l'ordi, car écouter 45 minutes de musique ça prend beaucoup plus que 45 minutes. Surtout quand il y a deux versions à évaluer et commenter.

Puis en soirée un autre concert de la musique de John Zorn, cette fois dans un petit amphithéâtre de l'université Columbia, dont ça m'a donné l'occasion de voir le campus.

J'ai essayé de prendre en photo la lune sur le campus de Columbia University.
Mon téléphone cheap a fait ce qu'il pouvait!

21 septembre @ Miller Theatre at Columbia University, Morningside Heights Manhattan
Zorn@70 Music for Strings
Circe, a magical invocation for two trumpets (2019) [Peter Evans (trompette), Sam Jones (trompette)]
Sigil Magick: A Curious and Detailed Exposition of Sigils, Signs, and Hieroglyphs Peculiar to the Occult Orders, Hermetic Brotherhoods, and Dark Mystery Schools of the Late Middle Ages, for string quintet (2020) [JACK Quartet [Jay Campbell (violoncelle), Christopher Otto (violon), John Richards (alto), David Fulmer (violon)], Michael Nicolas (violoncelle)]
The Gas Heart, a mini opera for two celli and two percussionists (2020) [Jay Campbell (violoncelle, voix), Sae Hashimoto (percussions, voix) Michael Nicolas (violoncelle, voix), Ches Smith (percussions, voix)]
Prolegomena to Any Future Metaphysics That Will Be Able to Present Itself as a Science for string sextet (2020) [JACK Quartet [Jay Campbell (violoncelle), Christopher Otto (violon), John Richards (alto), David Fulmer (violon)], Yura Lee (alto), Michael Nicolas (violoncelle)]

Quand on a l'œil pour ça, c'est drôle de voir les institutions et leurs rigidités transparaître. Ici, un petit détail dans le titre, qui en cache certainement d'énormes dont on ne devinera jamais les sueurs qu'ils ont donné aux petites équipes administratives derrière. À l'occasion de ses 70 ans, John Zorn présente une multitude de concerts, incluant un festival complet à San Francisco, des concerts au Minnesota et des concerts ici dont celui-ci et celui que j'ai vu il y a quelques semaines à Roulette, Brooklyn. Tous les concerts s'appellent « Zorn@70 ». Le compositeur avait fait la même chose à 60 ans, avec une énorme série de concerts « Zorn@60 ». Eh bien, qui est-ce qui n'embarque pas dans le concept? L'université Columbia. Le titre du concert de ce soir : « John Zorn at 70 » au lieu de « Zorn@70 ». Et c'est certain que ce n'est pas un oubli ou une erreur, ils doivent avoir des lignes directrices pour les titres de concert quelque part, et pour une exception il faut sûrement faire une réunion au sommet, sortir le jeu de Ouija, invoquer les pères fondateurs, signer des dérogations. En tout cas, ils l'ont pas fait et ils sont les seuls de toute la série de concerts à détonner. Boouuuh! Ça n'a pas empêché la musique de se passer. Et ça se passait.

Je n'ai pas vu un concert de musique de chambre aussi virtuose depuis longtemps. Il y avait quatre pièces très contrastantes au programme. Leur seul point commun était de compter chacune une multitude de cues très précis, où deux musicien·nes ou plus doivent arriver tout à fait en même temps, une multitude de changements d'ambiance radicaux et instantanés, ainsi que des changements de modes de jeu.

Les interprètes en avaient vu d'autre. Mon attention était évidemment sur les deux violoncellistes, qui passaient si aisément de des passages de musique écrite ultra-rapide, ultra-difficile, ultra-agile à des sections complètement bruitistes où l'archet s'utilise d'une manière complètement différente. En une vie à voir des concerts de toutes sortes, j'ai vu des virtuoses de la note, j'ai vu des virtuoses du bruit, mais j'ai rarement vu des musicien·nes passer d'une esthétique à l'autre comme ça, de façon aussi brillante en plus.

Depuis mon arrivée à NYC, je découvre la crème de la crème de la musique expérimentale, des gens qui ont un langage tellement personnel qu'on ne peut les comparer à personne. Mais là, dans ce contexte plus traditionnel (par exemple, les violoncellistes jouaient du violoncelle de la façon à ce qu'on s'attend qu'ils jouent du violoncelle, malgré que le répertoire soit nouveau), je peux dire que j'ai vraiment eu sous les yeux parmi les musicien·ne les meilleurs du monde. C'est certain, on le sait qu'on trouve ça à New York, là j'en ai vu.  Des technicien·nes incroyables, ne ratant aucune note, aucun changement de tempo, d'une synchronicité parfaite dans le jeu d'ensemble, mais également des gens loin d'être des robots, ça joue intense, avec du gros coup d'archet quand ça en prend, la corne d'abondance des contrastes. Tiens!

Et John Zorn. Il est souvent présenté ou perçu comme un agitateur de l'avant-garde, un saxophoniste improvisateur iconoclaste, un drôle d'oiseau finalement, reconnu pour son travail, mais toujours un peu avec un petit sourire en coin. Ce soir là, j'ai vu le travail d'un compositeur plus posé, méticuleux même; j'ai entendu dans ses partitions entre autres la grande influence de la musique contemporaine européenne du début du XXe siècle. Je pense qu'éventuellement, si on peut consacrer une heure ou deux de moins à Beethoven dans les cursus d'histoire de la musique (on y passe déjà la moitié de l'année, ça devrait aller), ça pourrait être au profit de Zorn, quelqu'un qui a su faire son chemin en jazz, en free jazz, en free tout court, mais aussi en musique de tradition classique, une musique qui pourraient être comprise et appréciée par les éminences grises des universités, s'ils pouvaient s'enlever leur petit sourire narquois de la face.

Entre les pièces, à son habitude John Zorn venait sur scène présenter fièrement les musicien·nes, sans micro, pendant les applaudissements. On ne comprenait rien, c'est la tradition. Puis il présentait sa musique en termes simples, avec juste assez d'anecdotes pour reprendre notre souffle et diriger notre écoute, sans toutefois la guider complètement. Puis, il sautait en bas de la scène. Au lieu de descendre les trois marches de l'escalier. C'est sa personnalité, dans le Miller Theater comme dans le loft où il a commencé je suppose. Sans façon avec son t-shirt noir de je sais pas quoi et ses culottes d'armée camo noir et blanc (il portait les mêmes à Roulette). C'est peut-être pour ce manque de decorum qu'il n'est pas enseigné dans les milieux plus conservateurs. C'est peut-être cette intégrité qui lui donne la force de continuer. En tout cas, il n'a aucunement l'air de 70 ans, pas même de 40 ans je dirais.

Malgré tout ça, je n'ai jamais été un grand fan de John Zorn. Il faut dire que sa musique d'inspiration plus trad' m'énerve. Peut-être que je n'ai pas pris le temps de bien écouter la partie de son énorme discographie avec laquelle j'ai plus d'atomes crochus, comme les pièces de ce concert. 

Je lis la critique du concert dans le New York Times (et quelle critique! bien écrite et dans laquelle on apprend une foule de choses) et j'ai encore une fois ce sentiment d'être au « centre du monde ». Le New York Times est cette institution culturelle mondiale, et voilà que le concert dont ils parlent, eh bien c'est le concert que je viens de voir. Je ne sais pas si les habitant·es de New York se rendent comptent qu'ailleurs dans le monde, on ne parle pas dans le New York Times des concerts que nous sommes allés voir.

Vendredi 22 septembre

Un peu moins de péripéties en ce vendredi. Sortir lire dans un café me fait voir du monde un peu, changer de paysage, et ultimement me joue un bon tour pour me rapprocher de l'épicerie. Puis une pratique de violoncelle. Puis un concert.

22 septembre @ P.I.T. Property is Theft, Williamsburg Brooklyn
trio [Lori Goldston (violoncelle), Shoko Nagai (accordéon, électroniques), Tor Snyder (batterie)]
quartet [Lori Goldston (violoncelle), Shoko Nagai (accordéon, électroniques), Tor Snyder (batterie), ??? (guitare électrique)]

C'était cool de revoir la violoncelliste Lori Goldston et jaser avec elle un peu. Et l'entendre jouer encore une fois surtout.

Samedi 23 septembre

Aujourd'hui j'ai presque pris une pause, avant de m'enligner sur ma séquence d'exercices de physio (je l'ai déjà fait plus souvent), suivie d'une longue pratique de violoncelle, suivie d'une longue séance de lecture Proust dans le café ouvert par Hugh Jackman, suivie d'une session de nage de 1500 m à ma piscine habituelle, suivie d'un concert.

23 septembre @ The Stone at the New School, West Village Manhattan
Shimmer Wince [Lesley Mok (batterie), Adam O'Farrill (trompette), Mariel Roberts (violoncelle), Elias Stemeseder (synth), Anna Webber (sax ténor, flûte traversière, flûte basse)]

Encore la virtuosité au menu, décidément! Cette fois du côté un peu plus jazz, jazz contemporain, avec des métriques impossibles, des bouts plus free, encore un trompettiste tellement virtuose, une violoncelliste d'une justesse implacable, une leader au sax ténor qui n'avait rien besoin d'ajouter pour être si charismatique. Un peu moins pour moi musicalement, avec des thèmes et mélodies joyeuses qui me touchent moins, mais wow j'avais la mâchoire à terre tout le long du concert. Vraiment impressionnant. Le travail du synthétiseur aussi était remarquable, c'est drôle c'est lui qui amenait un côté imparfait à l'ensemble, avec des sons travaillés pour être un peu à côté, un peu faux alors que c'est lui qui a la machine la plus infaillible pour l'intonation.

Ceci dit, on n'entendais pas bien le violoncelle. Autant ce soir là à The Stone avec la violoncelliste Mariel Roberts (que je découvrais), que la veille à P.I.T. avec la grande Lori Goldston, que moi-même lundi il y a quelques jours! Qu'est-ce qui se passe avec le violoncelle à NYC. Comme disait la Oldsmobile Cutlass Supreme : « La pression d'huile est basse, il faut y voir sans délai. »

Dimanche 24 septembre

Ce soir je retourne voir Lori Goldston à P.I.T. je pense. Entre temps, vaisselle, lavage, prendre le temps d'écrire ceci. Il faudrait vraiment que j'aille démêler ce que j'ai à faire comme demande de subvention pour le projet de concerts en novembre 2024. Ça ne peut pas être si compliqué! Je pense qu'une date butoir approche. Je n'arrive pas à me mettre au travail là-dessus. À suivre.

mardi 19 septembre 2023

studio du Québec à NYC : jours 46-47-48-49 sur 151

En bref, ca y est j'ai joué mon premier concert à NYC lundi le 18 septembre et j'étais poche.

J'ai un autre concert de prévu, le 4 novembre prochain en grand ensemble sous la direction de Selendis Sebastian Alexander Johnson.

J'écris ceci sur la terrasse du Drip Drop Café à quelques rues de chez moi. Passe un vieillard plutôt désorganisé, enlevant puis remettant sa casquette : « What are these people doing? Do you know who Nam June Paik was? » Moi je sais. Résumé des derniers jours.

Samedi 16 septembre

Pas mal de travail, une bonne pratique de violoncelle, puis un excellent concert dans un petit appartement. Première visite dans le Lower East Side. Je suppose que le restaurant cheap East Side Mario's vient d'ici [NDLR : il s'agit en fait d'une chaîne de restaurant canadienne qui « s'inspire de l'ambiance au coin des rues Canal et Mulberry » (à 10 min de chez moi) dans le Lower Manhattan oui, mais techniquement dans le quartier Chinatown et non Lower East Side. Rions un peu.]. Il fallait monter six étages dans un petit escalier en colimaçon pour se rentre à l'appartement, pas de chance pour la contrebassiste arrivée en même temps que moi. J'ai officiellement proposé à l'organisatrice qu'un prochain concert de sa série se passe chez moi. À suivre.

16 septembre @ l'appartement de Olive, Lower East Side Manhattan
commissarié par Selendis Sebastian Alexander Johnson, série « We Are Greater Than (The Sum [From 1 To Selendis’s {=?=} Choice] Of 4n) », épisode #5.3/13
trio [Selendis Sebastian Alexander Johnson (trombone, composition), Lemuel Marc (trompette), Caleb Smith (trompette)]
trio [Cole Cotton (guitare électrique), Jackson Earles (violon), Kayla Kessler (contrebasse)]
Many Many Girls [Kwami Winfield (élastiques amplifiés, électroniques), Ani Blech (élastiques amplifiés, électroniques), Riley? (élastiques amplifiés, électroniques)]
trio [Francisco de la Garza (saxophone), Colson Jimenez (contrebasse), Hans Young-Binter (clavier)]

Many Many Girls ont réalisé notre fantasme à toustes d'entendre le son d'un énorme élastique amplifié. Le dernier trio de la soirée a largement défoncé le 25 minutes qui leur était alloué, et pour une fois j'étais d'accord. Sur le chemin du retour, j'ai trouvé les musiciens pour les ajouter sur instagram. That good. J'ai ramassé un bagel fromage à la crème au dépanneur le plus proche. 

Dimanche 17 septembre

Cette fois deux concerts en une journée, et tellement d'excellent·es musicien·nes que je ne connaissais pas et que je veux connaître!

17 septembre @ First Street Green Cultural Park, Bowery Manhattan
Fred Moten (poésie)
trio [Sita Chay (violon 5 cordes), Trae Crudup (batterie), Luisa Muhr (voix)]

J'ai pris une bonne marche entre les deux, mangé une sandwich de dépanneur, visité par hasard le quartier Koreatown avec tous les restaurants, bar, etc. coréens.

17 septembre @ Houghten Hall Arts Community's Josef Jefferson Room, NoMad Manhattan
Creative Music Studio Improvisers Ensemble [Ryan Easter (trompette), Sam Day Harmet (mandoline électrique, effets), Selendis Sebastian Alexander Johnson (trombone, composition), Celine Kang (guitare électrique), Shinya Lin (électroniques, alto), Lemuel Marc (trompette), Billy Martin (percussions, objets), Orchid McRae (batterie), Aaron Rubinstein (guitare électrique), Kwami Winfield (trompette, électroniques), Hans Young-Binter (clavier)]

Méchant ensemble, tout le monde tellement talentueux, en particulier celui qui jouait des électroniques.

Lundi 18 septembre

Toute une journée dans l'appart à travailler, plier du linge, déjeuner, dîner, j'ai même fait une sieste. Puis c'était mon premier concert à NYC.

18 septembre @ Record Shop, Red Hook Brooklyn
organisé par Sandy Ewen
Rémy Bélanger de Beauport (violoncelle), Aaron Pond (cor français, voix, flûtes), Ivy Woods (contrebasse)
Killick Hinds (genre de guitare électrique), Francesca Remigi (batterie)
Ravi Coltrane (sax, effets), Sandy Ewen (guitare électrique), James Paul Nadien (batterie)

Le set de Ravi Coltrane, aussi connu sous le nom de fils-de-John-Coltrane, était incroyable. Trois langages très différents se rencontraient : Coltrane est du côté jazz, free jazz transcendantal, free jazz transcendantal joué dans un stade avec grosse reverb et harmonizer à l'appui; Sandy Ewen arrive elle avec des bruits de springs, borborygmes de toutes sortes, petits feedbacks suraigus, genre de pâte organique et électronique à la fois; James Paul Nadien vient du métal ou du punk ou je sais pas trop, son approche est plus brute, son jeu sonne sec, même les cymbales pour la plupart sont presque sans résonance, il est du genre drummer hyperactif avec mille idées par minutes, et il les joue toutes, et ça se tient.

Avec trois approches aussi différentes, soit que chacun dilue un peu son jeu pour se rapprocher de l'autre et dans le meilleur et plus improbables des cas ça marche et on se dit wow, je n'ai jamais vu telle personne jouer comme ça, soit chacun reste ferme sur son langage et avec un peu beaucoup de chance ça marche. Et c'était ça hier, le jazz et les pets de guitare sans concession comme brodés sur le même macramé par le crépitement multiforme du drum.

Quand à moi, mon trio, c'était poche! Tellement pas bon. Décevant. J'avais apporté de mes disques à vendre et je n'ai même pas osé les sortir de mon sac. En tout cas. Encore une preuve qu'on ne fait pas semblant d'improviser. Les risques du métier, ça arrive qu'on essaie et on ne réussit pas. Je m'en doutais avant qu'on commence, les deux gars sont vraiment vraiment gentils, mais un peu du genre surexcité, un peu du genre théâtral à la limite. Ça aurait pu marcher quand même, dur à dire. Dès les premiers sons, j'ai été surpris d'être complètement enterré par le cor français. Je ne sais pas si c'est moi qui jouait mal, mon violoncelle qui avait de la misère à sortir les sons, la salle qui était ingrate avec mes fréquences ou l'ensemble de ces réponses, mais je n'ai jamais trop réussi à percer par dessus le cor. Les deux collègues changeaient d'idée tout le temps, une genre de musique avec tellement de couleurs dedans qu'il n'y en n'a plus aucune. Que du brun. Honnêtement, je me répétais de revenir au corps, de juste y aller, mais aussitôt que quelque chose d'intéressant commençait à se passer, un des deux (ou peut-être même moi), tirait avec force dans une autre direction et rien ne levait.

Quelques personnes m'ont dit qu'ils avaient bien aimé, et je me suis bien gardé de leur dire ce que je pensais vraiment de ce qui venait de se passer; rien de pire que se faire dévaluer une impression artistique favorable par l'artiste même de qui elle a émané. Je jouerai amplifié la prochaine fois, comme ça si je trouve ça poche je ferai comme Ravi Coltrane et j'enterrerai tout le monde pendant qq minutes le temps d'assourdir tout le monde et laisser la musique se replacer en dessous.

Mardi 19 septembre

Feeling de dimanche matin. Je n'ai plus d'œufs alors je pars déjeuner aux bagels et lecture à Washington Square Park, puis marche du retour, épicerie au Target, du temps pour absorber la déconfiture d'hier, le soir arrive bien vite quand la journée de travail s'est terminée après minuit. Je voulais aller à un concert en début de soirée, puis aller nager, mais finalement je n'ai plus le temps de l'un et je ne sais plus si j'ai la motivation de l'autre.

Finalement je n'ai jamais réutilisé le lave-vaisselle


vendredi 15 septembre 2023

studio du Québec à NYC : jours 44-45 sur 151

Jeudi 14 septembre

Grosse journée de travail aujourd'hui. Il est apaisant d'en retracer les heures et pouvoir dire que je montais tel document, que j'écrivais tel email, que j'avais telle rencontre teams, plutôt que de relater d'autres journées à tourner en rond et finir par sortir lire au café. C'est pourtant la même personne, le même travail, des facettes différentes du même travail sur lequel s'envole la journée, et au-delà de ça la même erreur de validation de son existence par le travail. Je travaille là dessus. Haha.

Moment marquant : je suis tombé nez-à-nez avec l'auteur, podcasteur et scientifique Joe Osmundson, dont je suis la carrière depuis maintenant quelques années. J'ai même son livre dans ma bibliothèque, que j'ai bien aimé. À un coin de rue, j'attendais pour traverser tout droit, il complétait sa traversée arrivant de ma gauche, on s'est regardé, un flash comme ça, moi je l'ai reconnu, lui n'a aucune idée de qui je suis. Puis il a poursuivi son chemin, avalé par une bouche de métro.

Moment marquant : j'ai fini par trouver un café où je suis bien pour lire. Ma persévérance a porté fruit. C'est une chaîne tout ce qu'il y a de plus standard — jusqu'au nom Joe Coffee, difficile de faire plus générique — mais l'ambiance sur le banc dehors, alors que la journée tombait, était parfaite. Rue étroite, quelques feuillus, des murs de briques en vue, murs de pierres, pas trop d'autos malgré l'emplacement, beaucoup de piétons, beaucoup de beaux piétons! à chaque fois que je levais les yeux je tombais sur une personne agréable à regarder, c'est quand même notable. Très tranquille. Alors j'ai avancé ma lecture de Proust et, puisque j'étais rendu assez proche, je me suis laissé tenter par un concert à The Stone. Je ne l'ai pas regretté.

14 septembre @ The Stone at the New School, West Village Manhattan
Blacks' Myths [Warren Crudup III (batterie), Luke Stewart (basse électrique, électroniques)]
quintette [Melissa Almaguer (claquettes), Warren Crudup III (batterie), Janice Lowe (piano, voix), Aquiles Navarro (trompette), Luke Stewart (contrebasse), ? (trompette)]

WOW du gros stock. Luke Stewart le bassiste, quelle découverte, ça décape. Son duo surtout, je ne m'attendais pas à ça. La batteur est tellement punk par moments, puis complètement laid back quasiment hip hop, puis bruitiste, puis presque backbeat, masterful. En deuxième partie, un quintette avec entre autres une danseuse à claquettes virtuose let's go. Vers la fin de leur set — je devrais dire, 20 minutes avant que ça finisse par finir, parce que, quand même, au bout d'un moment, c'est comme un bon repas, on a beau vouloir, un moment donné ça ne rentre plus — un gars est sorti de la foule (la « foule » de 12 à 20 personnes, je n'ai pas vraiment regardé, j'étais en avant) avec sa trompette et s'est joint au band. Je n'étais pas trop sûr de si c'était prévu où pas, et je n'arrivais pas à lire dans les visages du band si ça leur plaisait ou pas qu'il s'intègre, mais à la fin Luke Stewart l'a nommé pendant les présentations et on semblait le connaître. Il était pas pire, mais moi j'aurais préféré qu'il attende d'être invité avant de jouer. Il y a un courant de pensée tout à fait légitime qui trouverait mon point de vue élitiste, ou anti-improvisation, à réfléchir.

Observation : ici, on présente systématiquement les musicien·nes pendant les applaudissements, à la fin du concert, sans utiliser de micro, ce qui fait qu'on n'entend rien de ce qui est dit. Drôle de pratique. Le lendemain d'un concert où il y a eu changement de programme, je fouille les internets, y compris toutes les stories instagram que je peux trouver, pour compléter l'info.

Vendredi 15 septembre

Je viens d'envoyer un email avec un document et toutes les informations pour le mastering de mon vinyle à venir. Une grosse étape de franchie pour ce projet. Ce soir, j'avais prévu aller voir Ellen Arkbro mais je ne sais plus si je veux payer 25$ (34$ canadien) pour aller entendre des « drônes d'orgue dans une église historique ». J'ai envie de retourner au petit café d'hier. Il faudrait que je pratique le violoncelle un peu aussi, surtout si je veux jouer amplifié lundi, car je n'ai pas encore testé le nouveau speaker ici avec mon pick-up, etc. Et puis j'ai envie d'aller nager ce qui serait incompatible avec un concert avant 20 h 30. À suivre.

mercredi 13 septembre 2023

studio du Québec à NYC : jours 39-40-41-42-43 sur 151

J'ai un premier concert qui s'en vient! Ce sera bien modeste, le lundi 18 septembre devant un petit public au magasin de disques « Record Shop » à Red Hook, Brooklyn, et j'ai bien hâte. Je joue en trio avec des gens que je ne connais pas du tout, un contrebassiste (et mouvements?) et un corniste-vocaliste (et flûtes de bois?).

L'affiche élaborée par Sandy Ewen imite une boîte de réception gmail

Au cours des derniers jours, j'ai repris le travail sur mon projet de petite tournée en novembre 2024 (des emails, des emails, du stress, de la pression, des mini-succès, des mini-déceptions, de l'attente), sur mon vinyle à venir (édition de maquettes pour le matriçage, des emails pour confirmation de coûts, choix de la compagnie avec qui faire affaire pour le pressing) et sur mon aller-retour à Rimouski le mois prochain (essayer de trouver un violoncelle local, appel à la réceptionniste de l'école de musique du Bas-Saint-Laurent aka la personne la plus incompétente à qui j'ai parlé depuis longtemps, messages à deux violoncellistes locaux sans succès, check la page de amigo express régulièrement car les covoiturages d'octobre commencent à sortir).

Samedi 9 septembre

Ce soir là j'ai été voir une légende vivante, Roscoe Mitchell, saxophoniste, 83 ans. De combien de légendes vivantes n'ai-je jamais entendu la musique encore? De combien de légendes tout court? Il faudrait que j'écoute de la musique 24 h sur 24 en rattrapage il me semble. Mais ce n'est pas l'idée. Les hasards de se faire présenter des gens, leur musique; se faire présenter des musiques, leurs gens. Roscoe Mitchell jouait en duo avec John McCowen à la clarinette contrebasse. Du funambulisme leur affaire, toujours sur le bord de tomber, toujours repris de mains de maîtres. Le tout dans une église gothique à l'humidité et la chaleur étouffantes, dont les fenêtres n'ont pas dû être ouvertes depuis sa construction en 1844. J'exagère. L'organisation a distribué des petits éventails à tout le monde, et l'auditoire s'est transformé en champ de papillons géants.

9 septembre @ First Unitarian, Brooklyn Heights Brooklyn
présentation de ISSUE
Beam Splitter [Audrey Chen (voix, synthétiseur), Henrik Munkeby Nørstebø (trombone, électroniques)]
duo [Roscoe Mitchell (saxophone basse, saxophone sopranino), John McCowen (clarinette contrebasse, flûte à bec) 

En première partie, l'artiste que j'étais venu voir : Audrey Chen. Anciennement violoncelliste, maintenant vocaliste. Virtuose vocaliste. Elle a sa propre avenue, son propre boulevard à elle toute seule dans l'univers des gens qui font de la musique avec leur face et leurs cordes vocales. Elle jouait sous le nom Beam Splitter, duo avec un tromboniste absolument incroyable. Leur musique joue avec l'amplification très forte de sons qui autrement seraient peu audibles. On se sent comme à l'intérieur du trombone, à l'intérieur de la bouche, et ça prend aux tripes, quand même. J'écoute leur plus récent disque en écrivant ceci, et je confirme que ça ressemble très bien à ce que j'ai vu en concert, sauf un détail fort étonnant : les durées des pièces. Sur disque, Beam Splitter propose des petites vignettes de moins de 2 minutes, puis une longue pièce de 22 min (je reconnais bien ce chiffre, la limite poussée à bout de ce que peut prendre un côté de disque vinyle), alors qu'en concert ç'a été une longue plage de 45 minutes, en constante évolution. Gros show. Audrey Chen est vraiment épeurante, dans le bon sens. Son disque Jitter avec son trio Mopcut est dans mon panthéon personnel des meilleurs albums jamais entendus.

Dimanche 10 septembre

Rien à signaler en ce dimanche 10 septembre. J'avais prévu aller voir un concert extérieur en après-midi, mais il a été annulé à cause de la pluie. Je vois dans mes dépenses que j'ai été prendre un café avec une chocolatine, ah oui, ça me revient, pas toutes les journées se doivent d'être exceptionnelles. Puis j'ai fait une bonne pratique de violoncelle, accompagné du nouveau speaker enfin.

Lundi 11 septembre

Je me suis permis une rare sortie au restaurant, tiens. Je n'avais plus rien à déjeuner alors je me suis payé une crêpe ricotta, épinards au Cafe Reggio pas très loin d'ici. J'en ai profité pour lire Proust, mais aussi envoyer plusieurs messages de travail à ma petite table et lire quelques pages des sites du CALQ et CAC en marchant sur le chemin du retour avec un arrêt à l'épicerie. Il me semble que j'ai travaillé et tourné en rond toute la journée après ça. Bien des gens font ça au bureau je suppose.

Début de la session de yoga ce soir là, qui aura maintenant lieu les lundis de 19 h à 20 h. Un peu flush pour la vie d'amateur de concerts. Je voulais aller voir Ingrid Laubrock justement, en duo avec des électroniques, mais c'était 25$ et c'était à 20 h (ouverture des portes à 19 h) à Roulette, cette salle où j'étais arrivé 30 minutes à l'avance l'autre fois par erreur, et où j'avais été étonné de voir une longue file commencer à entrer. J'ai choisi le yoga pour cette fois. Pas de concert. Sortir du yoga à la noirceur à 20 h plutôt qu'à 19 h — la classe était une heure plus tôt cet été — m'a donné un feeling d'automne.


Ma vue en sortant du yoga à Stuyvesant High School

Je n'ai assisté à rien de spécial en ce 11 septembre, mais le très beau Tribute in Light du 9/11 Memorial a accompagné ma marche du retour. Un bel hommage bien sobre alors que les tours jumelles revivent chaque année pour quelques heures sous forme de faisceaux de lumière blanche jusque dans le ciel. Sur la photo, on dirait qu'un seul faisceau sort d'un petit gratte-ciel, mais c'est une illusion, en tournant plus loin, on voyait bien les deux faisceaux partant du sol.

Mardi 12 septembre

L'horaire de la piscine a aussi changé depuis la rentrée. En semaine, ouverture à 19 h, que j'ai fini par skipper car le temps passait vite et j'ai préféré aller à ce concert en plusieurs parties.

12 septembre @ Downtown Music Gallery, Chinatown Manhattan
Flip City [David Aaron (sax), Dave Gould (batterie), Nick Panoutsos (contrebasse)]
trio [Jon Elbaz (piano électronique), Aidan O'Connell (contrebasse), Brandon Terzakis (batterie)]
Steve Baczkowski (solo sax)

Le set de Steve Baczkowski était incroyable. J'ai jasé un peu avec Bruce, le propriétaire de Downtown Music Gallery. Un vrai passionné, il n'a manqué aucune édition du FIMAV depuis 1987, il organise des concerts tous les mardis à son magasin, pas de prix d'entrée, de 18 h 30 à 22 h 30, il connaît tout le monde, toutes les étiquettes de disques, je le croise aussi à The Stone et à d'autres concerts en ville. Un personnage, un pilier.

Mercredi 13 septembre

C'est aujourd'hui ça. Le soleil est revenu. Plan du jour réaliste : écrire ceci, écrire un document de directives pour le matriçage de mon vinyle à venir, pratique de violoncelle, natation en soirée.